[Gesaffelstein]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

C’est tout à fait agréable de faire une nuit de plus de 4h, même dans une tente en festival, je me réveille donc reposée, prête pour une première Kro en canette, des pains au chocolat et une pom’pote, le p’tit dèj des champions (et des gens qui ne tiennent a priori pas trop à leur santé).

Je ne suis pas bénévole, mais comme j’aime partager le quotidien de ces gens qui offrent leur temps (parce que le bénévolat, à la base c’est donner un coup de main) et observer leurs us et coutumes, je m’installe dans une cabane de tri pour passer le temps avant l’ouverture du site.

 

Je commence par Jungle, sous le soleil, pas mal. Ça doit prendre une toute autre dimension en soirée ces rythmes funko r’n’biesque, cela dit dans l’aprem c’est plutôt smooth et coolos (kikoo le vocabulaire des années 90). En plus ils ont une bonne dégaine d’anglais, ce qui, depuis que j’ai goûté à la vie britonne, me réjouis encore plus qu’avant.

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Je ne vois aucune raison valable pour attendre de déguster une petite glace Jampi et me dirige donc vers le stand adéquat. Il m’aura fallu juste le temps de m’éloigner pour me rendre compte que cette BUSE de bénévole m’a mis une boule parfum café au lieu de sablé breton ! C’est peut-être un détail pour vous, mais quand ça fait 362 jours qu’on en rêve, c’est dur. (Rassurez-vous, je me suis rattrapée les jours suivants)

 

La premier groupe du label Charrues a mes faveurs depuis quelques années déjà et je compte bien ne pas être déçue étant donné que j’ai filé de la thune pour qu’ils puissent enregistrer leur premier album. Les jeunes ont assurés comme des chefs sur une scène de cette envergure, longue vie à The Same (pas vraiment) Old Band !

 

Le temps de découvrir un nouveau coin de l’installation Vieilles Charrues où je suis en extase de trouver du Pouss’Mouss (et des Leffe), je me dirige vers Elton John par principe, histoire de pouvoir dire « Ouais j’ai vu Elton John en concert ». Voilà. Je peux le dire. Et rajouter « Je suis restée 20 minutes, j’ai eu l’impression d’entendre la même chanson en boucle, c’était naze ». Pour asseoir ma réputation de connasse blasée.

 

De toute façon Casseurs Flowteurs allait commencer et même si c’est moins ma came qu’Orelsan en solo, je pouvais difficilement faire l’impasse. Il y a du monde. Beaucoup de monde. Ce nouvel emplacement de la scène Grall ne me satisfait pas du tout, je tiens à le dire : le champ est plat, on ne voit rien à moins d’être collé à la scène, les gens bouffent en plein milieu vu que les stands restauration sont toujours à cet endroit, bref c’est nul. Bouh.

Mais, grâce à un concours de circonstances (heureuses), j’ai pu m’échapper pour aller voir le concert directement sur scène. Bon, forcément le son est pourri, mais c’est quand même drôlement rigolo à faire une fois ! Sauf quand tu constates qu’Orelsan se produit pieds nus (oui, comme Yannick Noah).

IMG_20140718_203903Ceci est Skred de dos.

IMG_20140718_205519Ceci sont des gens qui se prennent un jet d'eau en pleine gueule.

IMG_20140718_205712bCeci sont Ablaye, Orelsan et Gringe.

 

Je redescends parmi le bas peuple, discute, chante Brest avec Miossec qui est tout aussi classe qu’à Martigues, et vais me mettre en position avec les copains pour Stromae. ERREUR. Il fallait aller voir Kid Wise PUIS Stromae.

Prise au piège au milieu de 65 000 personne (c’est beaucoup, c’est très beaucoup, comme dirait le belge), je ne vois même pas les écrans alors que le spectacle est autant visuel qu’auditif. C’est con. Parce que pour le coup, musicalement, ça pète quand même pas 5 tentacules à un poulpe (les métaphores, c’est comme tout, faut tenter de les faire évoluer) (avec plus ou moins de succès, on est bien d’accord).

J’aime beaucoup le personnage de Stromae, c’est un bon comédien, un artiste complet et je suis sûre que j’apprécierais énormément de le voir en concert dans d’autres conditions, mais là, j’ai passé un mauvais moment.

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Ce qui nous amène à la constatation sur la jauge du festival : 65 000 personnes c’est TROP ! Je suis bien placée pour savoir que la culture c’pas facile, que vendre des billets (et des bières) c’est le nerf de la guerre, mais au bout d’un moment, quand y’a pas la place, y’a pas la place (c’est un peu le même mécanisme que  « Pas d’palais, pas d’palais »). Et concrètement, à Kerampuilh il n’y a pas la superficie pour accueillir décemment autant de monde.

 

Résultat, pour souffler un peu, j’ai  choisi d’aller voir Young Fathers plutôt que d’enchaîner avec Franz Ferdinand. Ah ben là, je peux te dire qu’on n’était pas emmerdés par les voisins ! Les mecs ont commencés avec 15 minutes de retard, on était 10 devant la scène. Pour le coup c’est peu, c’est très peu.

Dommage, parce qu’avec un hip hop complètement tripé, et leur jeu de jambes devant lequel je suis restée estomaquée, les Young Fathers auraient pu rendre dingues des milliers de personnes. Alors que là c’était juste glauque et triste.

Vu qu’ils se sont barrés au bout de 30 minutes, un peu vénères je suppose, j’ai pu profiter d’une bonne moitié de concert d’Alex Kapranos et ses petits potes. Parfait forcément, mais après leur concert bristolien cet hiver, je n’en doutais pas et je n’ai rien de plus à ajouter !

 

J’avais les jambes bien échauffées après ça, prêtes à en découdre avec Gesaffelstein.

Je ne savais pas à quel point.

A la première note : un éclair. Puis une goutte. Puis du tonnerre. Puis des tas d’éclairs qui rivalisent avec les stroboscopes. Puis des tas de gouttes. Puis des tas de coups de tonnerres qui concurrencent les beats.

Ce set de Gesaffelstein était sans doute très bon à la base. Les éléments l’ont rendu magique !
A 3h, on est rentrés au camping trempés mais heureux.

 

#qotd « T’as jamais remarqué, toutes les meufs de Plouescat c’est des pétasses »

Highlight de l’hormone : l’agent de sécurité tatoué qui était à droite de la scène pendant Jungle.