[La Femme feat mon dos]

VIEILLES CHARRUES, JOUR IV

 

J’avoue qu’en ce dernier jour de festival, ma première pensée positive va pour mon lit que je retrouverai la nuit prochaine.
Pour fêter ça, une petite pom’potes est de mise.

 


BREVE DE CHARRUES
« - Qu’est-ce qui est le mieux pour l’estomac ? Le lait ou le jus  de pomme ?
- LA BIEEEERE ! »


 

Le dimanche, le premier concert commence plus tôt mais c’est bon pied bon œil (#FAUX) que je suis à poste à 14h pour La Femme (Carhaix, 2013).

Ils débarquent sur une musique de féria, sapés comme à Bayonne, tous en rouge et blanc.
Ils font évidemment le show comme à leur habitude. Un fusible claqué vient gripper la machine, ce qui leur donnera l’occasion d’entonner « Un petit navire », un choix audacieux.

Ils sont accompagnés de deux danseuses et un danseur burlesques, qui changent de « tenues » au fur et à mesure des morceaux, complétant le spectacle d’une façon tout aussi décalée.
Au milieu du set, pour affirmer leur identité basque (tout en précisant que la chanteuse est quimpéroise #breizhatao) et leur sens du défi, ils lancent un paquito géant dans le public. Un franc succès.

Un rappel en forme de blague, Sacha seul à la guitare, sur une chanson de féria (dont je ne me rappelle plus le nom). Validé.

20170716_142322

 

La journée avait bien commencé, la fatigue me rattrape malgré tout très vite et je confesse avoir fermé les paupières un instant devant Seasick Steve

Vieux bluesman rocker américain, à la voix rocailleuse, tu l’imagines bien à côté de sa moto, faisant une pause dans une station Texaco au bord de la route 66, flasque de whisky vissée à la main.
Un poil dragueur, un peu touchant, il va dans le public choisir une jeune fille en fleur (littéralement, elle avait une couronne de fleurs dans les cheveux) pour lui chanter une chanson d’amour.

Il finit son set en retournant se plonger dans le public, et vu que les écrans ont coupé la retransmission vidéo, pour ce qu’on en sait, il y est toujours…

 

Je teste FFF de loin, tout en sachant qu’un groupe qui se nomme Fédération Française de Funk a environ 90% de chance de ne pas me plaire.
Et puis c’est con mais pour moi, Marco Prince et Yarol Poupaud c’est les mecs de la Nouvelle Star (et le frère de Melvil Pourpaud)…

 

Donc je migre vers KillASon (Dogville, 2017). Il doit mourir de chaud dans son manteau de fourrure, mais la classe n’a pas de prix.

J’avais oublié à quel point il est agréable de le voir se mouvoir. Danseur hip-hop à la base, c’est un élastique monté sur ressort, ce qui est parfaitement raccord avec son électro hip-hop teinté d’égotrip.
Et par bonheur, à la différence de Marlon de La Femme, il n’a pas abandonné l’idée de se mettre torse nu à la moitié du set. Merci pour nous.

 

C’est l’heure de Matmatah (Carhaix, 20?). Qui est la fierté de la Bretagne mais contre lesquels on a quelques griefs suite à leurs adieux à la scène il y a 10 ans, pendant lesquels ils avaient omis de jouer leurs tubes.

Ils débutent avec 4 nouveaux morceaux de leur nouvel album. Ca commence mal.

Tristan tente la blague : « La dernière fois qu’on est venu à Kerampuilh, on avait dit que c’était pour nos adieux. On vous a bien eu hein !? ». Ouais ouais, fais pas trop le malin et chante Lambé an dro bordel !
Je suis restée le temps de l’entendre, de sentir le sol vibrer (il devait y avoir environ 92% du public présent le dimanche devant Glenmor pour eux), de chanter Emma par cœur, de me souvenir de La Cerise et d’une information à mettre Au conditionnel.

 

Je vais voir Radio Elvis. Je me redis, comme depuis un an, que ça serait pas mal que j’écoute vraiment leur album. Ca m’aurait permis de connaître les paroles et, peut-être, de trouver ça un peu moins chiant.
Ils ne sont pas les seuls fautifs, mon corps fait sa précieuse.

J’aime bien la voix, le style du chanteur : un air d’intellectuel rockeur des années 60, qui ne va pas sans un petit côté poseur potentiellement agaçant.
À creuser donc, on en reparle dans un an.

 

Je retourne vers Kerouac, je n’entends rien, je me demande si le concert de Paolo Conte a été annulé sans que j’ai l’info, mais non. C’est juste extrêmement calme.
Sans doute très beau, il était avec des musiciens (cordes etc.) qui avaient l’air talentueux, mais j’avais vraiment pas la foi de m’y plonger.

 

Donc je vais me placer pour Macklemore et Ryan Lewis, ceux qui me font tenir depuis le début de la journée !

J’ai 30 minutes à attendre et je bug complètement en regardant la diversité des gens (quand je dis « diversité » on s’entend hein, c’est globalement blanc tout de même), en m’émouvant devant 2 jeunes hommes qui retrouvent leurs parents le temps d’une bière, en repensant aux deux autres qui dansaient avec leur mère, en mesurant l'harmonie qui flotte dans l'air.

[JEU] Sauras-tu retrouver tous les téléphones cachés dans cette image ?

[JEU] Sauras-tu retrouver tous les téléphones cachés dans cette image ? 

POPOPOPO ! Les lumières crépitent, les enceintes tremblent, le concert est lancé !
C’est là que tu te rends compte que le mental est plus fort que le physique, et que tu peux trouver des ressources insoupçonnées pour jumper, danser, chanter, sourire, hurler.

Ils ont une énergie de dingue, ils ont des danseurs pour ambiancer le set à la ricaine, Ryan Lewis est d’une nonchalance classieuse des plus agréables, Macklemore bouge merveilleusement, leur batteur/trompettiste/couteau suisse, Budo, est un lutin rebondissant.

Il y a du second degré, de l’amour, des bons sentiments, et un flow de dingue.

Quand ils balancent Can’t hold us, un nuage de poussière s’élève soudain au dessus de la prairie et on ne voit quasiment plus la scène.
Quand Eric Nally débarque pour le feat sur Downtown, l’hallu est totale devant cette tige qui fait des sauts périlleux en chantant (quasiment). 

Ils finissent 15 minutes plus tôt que prévu, mais contrairement à M.I.A on ne leur en voudra pas une seule seconde car le concert était génial, ils interagissent à fond avec le public et artistiquement (qu’on aime ou pas), c’était pas du foutage de gueule.

Macklemore se fait un bain de foule avant de repartir, avec un peu de chance il a retrouvé Seasick Steve au passage.

(Ce clip est incroyable.)

 


BREVE DE CHARRUES 
« Quel est le dessert préféré de Renaud ? LA TARTE TATIN ! »
(Ce à quoi j'ai rétorqué : « Quelle est la boisson préférée de Rihanna ? LE RHUM POMME ! »)


 

J’ai eu un peu de mal à m’extraire de la foule galvanisée après ce concert, en repartant, au soleil couchant rejoindre ma voiture et l’Ille-et-Vilaine #blues 

La bulle carhaisienne a, une fois de plus, remplie à merveille son rôle de cure de bonheur.
On n’est pas à l’abri de refaire 4 jours l’année prochaine…

 

BONUS TRACKS

Suite à la suggestion diablement tentante d'un lecteur (merci !), vous trouverez ci-dessous la première playlist Spotify OEVIPEDLM (On est venu ici pour écouter de la musique) (je sens que niveau acronyme percutant j'ai encore un peu de taf) regroupant mes crushs live de l'été.
Si ça peut vous rendre + heureux et/ou + productifs au boulot, ce sera toujours ça de gagné niveau karma.
(Je les ai rangé chronologiquement, alors niveau enchaînement, il y a moyen que ça pique un peu)