Klervi / Vikler

29 juillet 2016

I wanna dance with you

[Odesza]

VIEILLES CHARRUES, JOUR III

Dimanche je suis tirée de la tente dès 9h30 car il est déjà l’heure de plier les gaules pour la majeure partie de la troupe. Je fais de même, histoire d’aller poser le barda dans la voiture et tracer la route après les concerts du jour.*
C’est à cet instant, après 12 éditions, que mon rêve le plus cher des Vieilles Charrues se réalise : avoir un sherpa pour porter mes affaires entre le camping et la bagnole (merci).

Nous prenons le petit dèj dans un nouveau resto du centre bourg qui propose une formule crêpe + baguette à volonté pour 5€. A côté de ça faut se taper l’humeur relativement aigre de la tenancière mais ça reste une bonne opération niveau qualité/prix.

 

Dimanche nous ne sommes plus que deux à 13h30 devant la file d’entrée immense de Kerampuilh quand Météo France nous annonce un petit 30°C estival. (Je vous rappelle que nous sommes dans un département où le plan canicule est déclenché dès qu’on dépasse les 23).

Je vais l’écrire ici en me disant que ça vaut pour confession et donc absolution : nous avons honteusement grillé toute la queue. Bon, en même temps ça fait chier d’attendre quand t’as un pass 3 jours, à cause de toutes ces familles qui se pointent aujourd’hui juste pour voir Louane… #snobisme

Les réflexions météorologiques pleuvent (ce sont bien les seules) et ne laissent pas trop de doutes quant à la provenance géographique des spectateurs : « Putain j’en peux plus de ce soleil… » « Sale temps pour les roux ! » « Non franchement le mieux c’est quand y’a un petit crachin rafraichissant ».

Cala dit, par curiosité, je voudrais bien connaitre le nombre de mélanomes nés de cette édition…

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A 14h nous sommes devant Jain, qui tient Kerouac seule en scène avec une énergie de dingue.
Un très bon concert, une belle attitude, ça loop avec des spectateurs, ça jumpe, ça chante, ça sourit, et ça finit avec l’artiste dans une grosse bulle en plastique qui marche sur le public, assez fou !

 

Gros coup de frein dans l’enthousiasme général car c’est Denez Prigent qui prend la suite sur Glenmor. J’aime bien, j’ai été élevée au son de ses albums, mais comment vous dire..?
Le type est un poil austère et c’est le genre de concert dont tu sors généralement avec l’envie de te pendre après avoir entendu 12 gwerzioù qui parlent d’enfants morts bercés par leur père dans leurs linceuls.
Il aura tout de même souri et demandé au public de taper dans les mains, ce qui me pousse à croire que quelqu’un avait dû mettre quelque chose dans son verre à midi.

Son accent, en tout cas, me réjouit, comme celui de beaucoup de festivaliers que je pourrais écouter parler pendant des heures, juste pour avoir le sentiment réconfortant d’être à la maison.

 

On se place idéalement pour Jake Bugg, c’est-à-dire devant, près du canon à eau.

Le set est nickel, Jake est mignon tout plein sous ses Ray-Ban, on dirait qu’il vient de fêter sa quinceanera ! J’ai tout de même l’impression d’entendre les albums à la note près et l’ensemble manque d’un petit supplément d’âme qu’il rodera peut-être avec un peu + de bouteille.

En le regardant, j’imagine un test live de groupes inconnus sur lesquels je devrais déterminer s’ils sont anglais ou pas (sans le son du coup aussi, parce que l’accent est traître) (oui c’est ça, un concert de mimes).

Et pendant ce temps-là, le responsable du canon à eau craque complètement et nous arrose pendant un bon quart d’heure sans s’arrêter. C’est-à-dire qu’on se serait baignés tout habillé, ça aurait été la même.
Pour vous donner une idée : on avait les doigts fripés… 

 

Ensuite on fait une pause bien méritée (je suis déjà en souffrance du dos) parce que quand t’as le choix entre Louane et Lily Wood and the Prick, clairement tu optes pour la paëlla.
C’est l’occasion d’exposer nos désideratas pour la prochaine édition, il est Beyonce, je suis Rihanna, nous tombons d’accord sur Eminem (et Daft Punk évidemment, l’arlésienne du festival).

 

On se relève pour Las Aves dont j’aime plutôt l’album.
Bon.
Je pense que j’avais déjà un a priori avant de les voir, à force d’avoir lu beaucoup d’articles et d’interviews, je trouve ça un peu prétentieux. Principalement la chanteuse qui a l’air de bien se kiffer. Je suis néanmoins consciente de ne pas être totalement objective donc je réserve mon avis à plus tard.

 

Je traine mon compagnon d’infortune (désolée) vers Nekfeu que nous ne verrons pas, tellement la foule est dense et parce qu’ils ont eu la bonne idée de couper la retransmission sur les écrans de Glemnor. Ça avait l’air tout à fait plaisant pourtant, avec la participation du S-Crew et un gros lâchage de serpentins/cotillons.

(Nekfeu a d’ailleurs abandonné son atroce teinture blond platine, ce qui est, en soi, LA bonne nouvelle de la journée) (le mec s'appelle déjà Ken, faut pas pousser la blague trop loin)

 

Au moins nous sommes déjà en place pour Lana Del Rey, dont le concert sera ponctué d’adieux déchirants avec mon seul camarade restant qui préfère aller voir Too Many Zooz et qui n’a même pas le courage de rester pour Odesza (bouuuuh !).

Il y a des arbres et des rideaux en velours sur scène, le show est filmé en noir et blanc et Lana entre, baby doll à la robe blanche avec une couronne de fleurs dans les cheveux et aux minauderies calculées. Ça pourrait être too much mais l’ensemble est tellement bien assumé que je me laisse prendre au jeu.

J’aime bien l’ambiance que ça installe, au coucher du soleil, sur la prairie, elle chante très bien (pour ceux qui douteraient encore), se fend d’un passage de quasiment 10 minutes dans le public pour faire des bisous, des selfies et signer des vinyles, je trouve ça assez classe. Même s’il y a des moments de flottements où l’ennui se fait un peu sentir.

Un bémol tout de même sur les deux choristes cruches qui l’accompagnent dont la participation n’est vraiment pas valorisante pour la gent féminine…

 

Impossible de partir à 22h, il me faut un dernier set qui envoie (et un nouveau dos, si jamais quelqu’un a un plan), donc MOI, je vais voir Odesza ! Ce qui est un très bon choix pour danser de manière désordonnée et terminer ces trois jours dans la ferveur.
D'ailleurs, je me rends compte que je n'ai pas parlé du tapis de lasers qui couvrait le site et faisait comme une structure au dessus de la prairie, c'était très réussi !

Dans Carhaix, c’est Lambé an Dro de Matmatah qui m’accompagne jusqu’à ma voiture, le sourire plaqué sur la face à l’idée de m’asseoir au souvenir de ces 72h délicieuses.

 

Les Vieilles Charrues c’est une sorte d’auberge espagnole, on trouve ce qu’on y apporte. C’est à dire essentiellement de la bière en fait... Mais aussi beaucoup de plaisir, d’amour, de bonne humeur, de lâcher prise et de tolérance.

Lundi je renais au monde réel, c’est assez moche et je vais moucher de la terre pendant trois jours.

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*Ce paragraphe est sponsorisé par les amateurs de vocabulaire des années 70.


27 juillet 2016

Rêver c’est déjà ça

[Alain Souchon]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

En arrivant un vendredi à 13h, seule, je n’ai bien entendu pas vraiment eu l’occasion de trouver un emplacement à l’ombre dans un camping proche.

Nous sommes donc relégués dans le 11, dont certains festivaliers ne connaissent même pas l’existence « QUOOIIII ?? Y’a encore des campings après le 10 !? ».
Je ne vous dit pas la tronche du mec quand on lui a révélé qu’il y avait même un camping 13 (je vous passe également les blagues sur la Garde de Nuit, l’hiver qui vient et le mur à protéger quand on dort là-bas) (globalement il y a eu beaucoup de références à Game of Thrones cette année) (KING OF THE NOOORTH !)

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Je vous épargne les 3h en solitaire qui ont suivi mon réveil, les copains ayant décidés de se lever aux aurores et d’aller en ville. Bref, même pas une Kro tiède pour entamer la journée, tout se perd…
Les blagues de bon goût sont, elles, toujours au rendez-vous : « C’est quoi la différence entre les épinards et la sodomie ? »*

J’opte donc pour un café au stand Petit-Déjeuner, 1,50€ pour un verre d’eau chaude et une dosette « ah oui mais c’est du bio hein ! ».
Est-ce que nous avons vraiment une gueule à nous soucier de la qualité des produits qu’on ingurgite pendant les Vieilles !? On n’est pas à We Love Green bordayl (preuve s’il en est : la pinte coûte seulement 5€)! Filez-nous du gluten et de l’huile de palme !

Je choppe un Télégramme au passage, je hurle de rire en lisant mon horoscope : « Travail : vous avez une vision exacte de vos projets ».

Je passe devant la queue pour les douches, il y en a pour trois bonnes heures d’attente en plein cagnard. Comme chaque année, je me demande qui sont ces gens qui se lavent aux Vieilles… #TeamSueur

 

Je finis tout de même par retrouver mes compagnons de bière en canette avec lesquels nous glanons un coin d’ombre en face de l’entrée du site. Nous ne nous étendrons pas sur la composition du sol en question. Nous y croisons un jeune chasseur enthousiaste de la Team Rocket. Pokemon Go n’est pas encore sorti en France, mais ce n’est pas les Pikachu qui manquent à cette période dans Carhaix.

 

C’est l’heure de Petit Biscuit que j’attends avec grande impatience (ce nom n’est t-il pas KROMIGNON !?). C’était sans compter que nous sommes désormais environ 20 000 pour chaque concert devant Grall, considérée comme la « petite » scène, donc dépourvue d’écran.
Et qu’il fait 28°C (température donnée par MétéoFrance). Au bout de 5 minutes je m’extrais du magma en folie pour aller de nouveau tremper mon paréo de flotte (cette technique m’aura sauvé de l’insolation et de l’évanouissement trois jours durant).
En deux mots, je n’ai absolument pas profité du set. (Ce qui en fait 7).

 

Je passe devant le spectacle arts de la rue de cette édition.
Un type : « Y’a trois connards sur des échasses, on fait quoi ? On regarde ? »
Une meuf : « ‘tain le gainage de ouf que ça doit te faire… »

 

Je squizze Flavien Berger pour Alain Souchon & Laurent Voulzy. Je pense qu’il y a une incompatibilité entre nous, je ne le verrais jamais ce mec…

Aucun regret cependant car le concert des deux vieux de la Vieille était trop cool ! Alain Souchon était déchainé, il courait partout, il a même soulevé sa chemise à plusieurs reprises (une requête datant de son dernier passage où il avait été beaucoup plus timide). Quand je pense que je l’ai détesté toute mon enfance au son des k7 (et oui…) de ma mère, les temps changent.

L’actualité étant ce qu’elle est, Et si en plus y’a personne résonne d’une manière particulièrement émouvante. Le Pouvoir des fleurs, Rockollection, Belle Île en mer, Foule sentimentale, La Ballade de Jim <3, un enchainement de tubes et le public en chœur.

 

Suede de loin, avec des bières, des sessions de gouren, le soleil plus doux, un mégot dans un endroit particulièrement sensible et un semi coma rapidement soigné à coup de pichet de Coreff.
Autour le public s’est soudainement évaporé, The Leftovers style, comme si les gens avaient transplané à la fin du concert de Souchon et Voulzy. Etrange…

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Dilemme légèrement cornélien : Fakear ou The Libertines. Facilement tranché en faveur des anglais que je n’ai jamais eu l’occasion de voir.

Carl Barât en cuir, Pete Doherty plus dandy, comme tombé du lit ou tout droit sorti d’un bar à crack**, une ambiance fraternelle à se rouler des pelles en chantant sur le même micro (ils avaient probablement entendu les conseils de Lou Doillon la veille), des tentatives de baragouiner en français (so charming), le crépuscule, une température enfin décente (15°c quoi***), un beau moment légèrement suspendu.

On va dire que je radote mais tout de même, la classe des rockeurs british… Il n’y en a plus beaucoup des comme ça. 

La soirée se poursuit dans un genre tout à fait différent avec Louise Attaque. Je retrouve facilement les copains : « Tu vois le ballon escargot ? On est dessous ».

Malheureusement pour nous, les recalés du casting Les cassos à Rostrenen ont choisi de s’installer à nos côtés. Les Vieilles Charrues c’est le seul endroit au monde où je souris quand on me marche sur les pieds car j’y aime tout le monde, de base, inconditionnellement.  Après, ça reste un rassemblement d’êtres humains, il y a parfois des gros cons.

Ça ne m’a pas empêchée de chanter à tue-tête et de voir la marée humaine d’en haut grâce aux épaules d’un inconscient (qu’il en soit ici 1000 fois remercié) (je veux bien participer aux frais d’osthéo).
Il ne me reste plus qu’à écouter leur nouvel album qui a l’air de bonne facture (L’insouciance notamment m’a beaucoup plu).

Et pouce en l’air pour le batteur qui envoie du bois (en plus d’avoir un physique de batteur)(wink wink). 

Album De La Semaine du 23/02 - Louise Attaque - L'insouciance

 

Quelques minutes devant The Avener qui avait promis, dans Le Télégramme du jour, une scénographie particulière. Effectivement il y avait des flammes, de la vapeur et une dalle lumineuse. M’enfin, quand t’as vu Rammstein sur la même scène y’a trois ans, plus rien ne t’impressionne.

Sinon que dire sur The Avener ? Ok on n’attaque pas le physique mais on peut tout de même parler de son sponsoring Heineken ?
Niveau musique c’est un peu trop clubbing pour moi.

 

Retour sur Grall avec Danger. Là ça cause !
Yeux fermés, moue, main gauche qui fait sa vie indépendamment du corps, pas de doute, je kiffe.
Même si le tryptique pieds/genoux/dos m’oblige à déclarer forfait avant la fin du set. La vieillesse etc.

 

* Même avec du beurre, les enfants n’aiment pas la sodomie. (De rien)

**C’est juste pour la blague naze, il avait l’air très en forme, ça fait plaisir de le voir de nouveau comme ça.

*** C’est juste pour la blague naze, j’étais en débardeur jusqu’à 23h.

24 juillet 2016

Clap along if you feel like happiness is the truth

[Pharrell Williams]

VIEILLES CHARRUES, JOUR I

Vendredi 15 juillet, j’ai fait une nuit de 10h, je suis dans le Finistère, je pars pour les Vieilles Charrues, il fait beau, je suis aux anges.
Et puis Twitter.
Et puis Nice.
J’ai la chance d’avoir un cœur disposant d’un cran de sûreté, qui switch off automatiquement dans ce genre de situation. Ma réaction sera donc pragmatique : « Putain ils vont encore plus nous faire chier pour les fouilles… »

 

Sous le soleil, j’avale les bornes qui me rapproche du paradis, au son de La Radiolina de Manu Chao qui n’arrive pas totalement à occulter les quelques bribes d’infos lues avant de partir.
Il n’y a cependant et à mon avis, pas de meilleur endroit que les Vieilles Charrues pour vivre ces moments troubles et réaffirmer sa foi en l’être humain.

 

Pour la première année depuis 13, mes copains de camping plus jeunes sont devenus plus vieux et nous ne sommes qu’une poignée de rescapés à fouler le sol de Kerampuilh.
Pour la première année depuis 13, je suis la première à arriver et j’ai donc la lourde tâche de réserver les emplacements au camping. C’est de bonne guerre, d’habitude je me pointe la bouche en cœur une fois que tout est installé.

Pré-fouille, puis fouille, rien de pire que d’habitude, les gens affirment dans la file qu’ils veulent bien poireauter, que ça les rassure, et deux gentilles rouennaises proposent de m’aider à porter mes affaires (on ne pourra pas dire que les normands ne font pas d’efforts pour se faire apprécier). 
C’est leur première édition, elles n’ont vu que le camping pour l’instant, elles sont déjà conquises.

Nous verrons ensuite que ça va potentiellement être un problème à court terme, ces centaines de milliers de gens qui savent désormais que le bonheur est dans le Poher (le week end du 14 juillet en tout cas) (ne nous enflammons pas).

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Je traverse le camping mon paréo jaune sur le crâne, après 4 ou 5 « Oh un ananas ! », je m’arrête au stand du Télégramme pour investir dans une casquette. On a sa dignité tout de même… (Genre.) 

J’entre sur la prairie le cœur en fête et me dirige tout droit sur le stand Jampi, la tradition, la faim, le soleil, tout concoure à manger une petite chocolat-sablé breton.
Je me plante devant Dominic Sonic, qui dans mon esprit, était un artiste celtique. Rien à voir. Du rock un peu folk, une dégaine qui m’évoque Nicola Sirkis (oui, bon…), c’est pas mal même si je sais parfaitement que d’ici 15 jours j’aurais oublié son existence.

J’enchaîne avec Lou Doillon, plus par curiosité que par réelle envie. Les gens sont assis, elle nous dit qu’il n’y a pas grand-chose de mieux à faire que de danser et de se rouler des pelles en réponse à la session bowling de la veille.
Elle a une voix pas désagréable mais trop d’effets et de tics sont rapidement lassants.

 

Je file donc voir Ropoporose, une valeur sûre. C’était peut-être un poil trop tôt pour les faire jouer aux Vieilles, le stress semble taquiner Pauline. Mais c’était quand même chouette, cette petite meuf blonde sapée à la garçonne, qui jongle avec les instruments d’un air frondeur (tiens, encore un mot qui revêt une connotation pénible désormais), avec son grand frère batteur complice et ravi.
A suivre assurément. 

 

Je vais écouter Tindersticks et je prends conscience de l’importance du contexte dans l’appréciation d’un concert. Là, à 18h30, quand il fait 30°c (température ressentie), clairement c’est non. Alors qu’au crépuscule je pense que j’aurais beaucoup aimé.

 

Nice ne sera pas tellement évoqué durant ce week end, la priorité dans la vie c’est quand même de savoir à quelle heure et à quel camping on prend l’apéro. Mais pour la première fois, la Marseillaise résonne régulièrement dans les champs, reprise en chœur par une bonne partie de la foule.
S’il avait pris l’idée à un pékin de lancer ce genre de chants les années d’avant, on l’aurait regardé d’un air effaré en enchaînant sur une paillarde ou Santiano.
Je ne sais pas quelle conclusion en tirer, est-ce triste ou beau ? Effrayant ou rassurant ?

(Gros succès également du clapping à l’islandaise, ce qui me plait plus #patriotisme)

 

De toute façon là c’est l’heure d’aller entonner Marylou et On ira tous au paradis avec Michel Polnareff. Qui est bien moins pathétique que ce que j’imaginais, il chante toujours bien.
Bon forcément, le look a un peu vieilli mais ce petit ceinturon avec deux gros étoiles dorées au niveau des testicules, ça force le respect (ou le ridicule, la question reste en suspens).

 

J’abandonne le peroxydé pour continuer mon exploration de l’univers de Vald.
Ce type me fascine un peu depuis qu’un mélomane atterré m’a fait écouter Bonjour. Après avoir fait une tête de six pieds de long et lu des articles dithyrambiques sur plusieurs médias musicaux respectables, j’ai eu la confirmation d’un quelque 6e degré dans l’histoire.
Tant mieux car il faut avouer que ses prods ne sont vraiment pas dégueus. Je ne peux m’empêcher de penser à un Orelsan période Sale pute, que je défendais corps et âme du haut de mes 24 ans.

J’arrive au moment où il fait scander à la foule « SHOOT UN MINISTRE », demande d’arrêter de balancer des verres vides sur la scène et de fermer un peu leur gueule le temps qu’il raconte une histoire.
La Garenne est noire de monde, le blondinet Valentin fête ses 24 ans justement, il est survolté, le public également, et je fais probablement grimper la moyenne d’âge de quelques années.

Mais, pendez-moi s’il le faut, j’ai bien aimé. Et je me suis retrouvée à chanter le refrain de Selfie (que j’ai dans la tête depuis) avec enthousiasme.
Je crois que j’ai envie de le revoir en live… 

 

Je retrouve une tête connue pour Parov Stelar qui joue sur Kerouac. C’est à ce moment-là que nous avons vraiment réalisé que cette année, le festival affichait complet. Impossible de s’approcher à moins de 60m de la scène, je ne voyais même pas les écrans et le son était inaudible (il y a eu un loupé sur Kerouac à ce niveau).

Du coup on finit par lâcher l’affaire et retourner sur Grall voir Soom-T.
Chanteuse écossaise d’origine indienne, prodige du ragga, pas le genre de trucs que j’écoute en boucle mais l’album est plutôt cool. En live ça m’a paru un peu monocorde, elle est tout le temps méga speed, alors certes son flow est impressionnant mais ça manque de nuances. Même le single Broken robots n'est pas sorti du lot.

 

On enchaîne avec N’TO. Je chausse mes nouveaux bouchons sur mesure, mon voisin me jette un regard complice en me montrant les siens « On connait les bailles hein ! », je suis fière de comprendre ce terme de jeunes et de pouvoir répondre (idem pour le mec qui parlait d’un concert en disant que c’était « dar ») (de là à savoir l’orthographier correctement par contre…).
Le set est très très bon. Premier moment de vrai kiff. Que j’interromps en me disant que sinon je vais regretter de ne pas être aller voir Pharrell Williams.

Qui joue sur Kerouac, une petite aberration compte tenu de la notoriété du gars, m’enfin…
C’était un moment assez chaleureux. Le son n’était pas au top comme dit précédemment, compensé par un show à l'américaine avec des danseuses et la présence de Shay Haley, son pote de N.E.R.D. Et je me suis aperçue que je connaissais pas mal de ses morceaux finalement.
J’ai beaucoup aimé son attitude, souriant, généreux, nous faisant affirmer haut et fort « NOT AFRAID », appelant des spectateurs sur scène (les mecs et les enfants ont eu le droit à des checks, les meufs des câlins)(on va pas se laisser abattre hein).

Il a fini en entonnant le début de la Marseillaise. Qui fût reprise par environ 50 000 spectateurs. Et là, je peux te dire que même si je déteste les paroles, je crois que je la chantais en entier pour la première fois, j’avais une petite chair de poule qui n’avait rien à voir avec la température.

(A l’inverse, quand nous sommes plusieurs milliers, à rentrer au camping par des chemins de terre, et que je vois ces gens marchant d’un pas alerte en hurlant « AUX ARMES », ça me fait plutôt flipper)

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C’est donc emplie d’amour et de bienveillance que j’entame le set de Disclosure. Dont les deux bros sont très mignons, très gentils, très doués, prolongeant cette atmosphère de Bisounours dont, je crois, nous avions besoin.
Je n'avais pas un souvenir grandiose de leur set à la Route du Rock, peut-être à cause d'une soirée entière sous la flotte, alors j'ai été ravie de celui-ci !
On notera tout de même une grosse faute de goût dans l’invitation de Brendan Reilly sur un morceau, qui était totalement WTF et cheesy.

23 juillet 2015

You make me feel like someone new

[Flume - Collarbones remix]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

Dimanche, j’ai donc emprunté la voiture de Grand-Père pour rallier le Kreizh Breizh et je vous jure que rien que de faire le trajet au son de FFS  (vous avez écouté FFS ? Il faut. Ils sont à 4 doigts de me faire aller à Rock en Seine) était un délice.

Arrivée à Carhaix, Matmatah résonne dans la grand rue, les festivaliers sont partout, la bonne humeur et la bière aussi.

Première grande découverte, quand tu ne dois pas trimballer ta tente, ton duvet et ton sac de rando de 15 kgs rempli de cannette jusqu’au camping 8, l’entrée du festival est en fait très près du centre-ville !

Bien sûr, la file pour la pose des bracelets était fermé et quand je me suis pointée avec mon Pass 4 jours, le bénévole à l’entrée s’est inquiété de savoir si j’avais conscience que le festival avait commencé 3 jours plus tôt. Et puis il a vu ma genouillère et son regard s’est empli de pitié.
J’ai constaté ensuite que j’étais bien loin d’être une vraie warrior comparé aux nombreuses personnes en béquilles ou fauteuils roulants présentes sur le site. Respect.

Si tôt pucée par Moneiz (la solution cashless étrennée cette année) (très pratique, très rapide, très facile d’utilisation), j’ai « couru » au stand Jampi pour manger la glace sablé breton/chocolat tant attendue depuis un an. Il valait mieux profiter de l’éclaircie.
Ensuite je me suis plantée au beau milieu de la prairie, pour avoir une vue panoramique et mon cœur s’est empli d’amour.
Puis j’ai croisé un mec avec la pancarte la plus pute du monde : le spoil du season final de Games of Thrones (que je ne recopierai pas ici) et mon cœur s’est un peu vidé.

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Après avoir tenté Brigitte le temps d’une chanson (elles font flipper, on dirait des poupées en plastique), j’ai été à la Garenne pour découvrir Krismenn & Alem, duo labellisé Charrues, qui a la particularité d’allier beatbox, hip hop et kan ha diskan. Sur le papier, ça parait hyper novateur OU complètement con.

Sur scène, ça fonctionne à mort ! Alors évidemment je n’ai pas compris un traitre mot des paroles de Krismenn (mais globalement, le hip hop en live c’est pas méga compréhensible), et je n’ai malheureusement pas pu danser le plinn, mais je suis toujours ébahie d’entendre les sons qu’arrivent à sortir les beatboxeurs à la seule force de leur bouche…

Bref, qu’on ne vienne pas nous dire après ça que le breton est une langue morte, l’hommage au Sœurs Goadec se chargeant de faire le pont entre les générations !

 

Autre style, autre ambiance, place à Dominique A. Qui confirme que je devrais me mettre à écouter ses albums, je n’ai que 20 ans de retard à rattraper, ça va se faire easy !

Je craignais un peu car c’est toujours difficile de sonoriser un chanteur à texte dans un festival en plein air, mais sa voix était parfaitement échelonnée, il faut bien dire que niveau son, en général les Vieilles Charrues font un travail de dingue.
C’était classe, c’était généreux et petit miracle, à la fin du morceau « Rendez-nous la lumière, la pluie a cessé !

Par contre, je me demandais, quel est le projet des gens qui viennent en festival avec un parapluie ? (Mis à part faire chier le monde et tenter d’éborgner le plus de personnes possible j’entends)

 

Je suis retournée dans la Garenne pour voir Puts Marie, ça avait l’air très bien. Cependant, leur concert concordant avec les retrouvailles des copains brestois, j’ai accordé plus d’attention au résumé des trois jours précédents (j’aime me faire du mal) qu’au set. A revoir donc.

Ensuite, on s’est dit qu’on allait quand même aller jeter un œil à Joan Baez.
On a d’abord cru à une coupure de courant avant d’entendre « Tri Martolooood yaouaank tralala la di ga dra ». Bon. On applaudira le geste, c’est sympa d’avoir fait l’effort, ça fait participer le public.

 

L’heure était venue d’aller se placer devant Grall pour The Drums (qui était une des raisons principales de la prise de risque genouillère, il faut le dire).
Soyons honnête, je deviens sentimentale (en plus de devenir vieille et impotente, donc), je n’ai pu retenir une larme de joie devant Jonny Pierce, Jacob Graham et leurs copains.

« Hello France, we are The Drums from New York City ! »
Qu’est-ce que tu veux répondre à ça ? « Hello The Drums, we are les Vieilles Charrues from Carhaix-Plouguer » ?
Non. Tu fermes ta gueule et tu kiffes, malgré la pluie qui ruisselle sur ton visage.

[Parenthèse : j’ai testé, pour la première fois, un festival sous la pluie avec des lunettes de vue (j’aime bien savoir qui chante quand j’entends de la musique), je peux vous dire que c’est la plaie…]

Le seul truc qui m’a un peu étonné, c’est à quel point ils sont chacun dans leur bulle et ne communiquent pas entre eux. Le guitariste avait même l’air de se faire chier à mourir.
M’en fous, j’ai vu The Drums, je suis aux anges !

 

Je me suis dépêché d’aller vers Kerouac pour voir la fin du set de London Grammar, ça avait l’air pas mal. De toute façon, quand il y a un quatuor à cordes sur scène, ça pose un groupe en termes de classe.
Cela dit je ne suis pas sûre que je pourrais supporter la voix de la chanteuse un concert entier…
Ils nous ont remercié d’être resté malgré la pluie, comme Jonny Pierce d’ailleurs, qui nous a avoué qu’à notre place il se serait barré. En même temps il faudrait être un peu neuneu pour venir aux Vieilles si tu crains l’eau.

 

J’ai de nouveau retrouvé les copains, qui s’était transformés en minions pêcheurs du Guil entre temps, avec la Fine Equipe en fond sonore. Je dois dire que c’est pas vraiment le genre de truc qui me met en transe, et puis franchement, c’est pas la peine de traverser la France si c’est pour voir des marseillais !

On a bougé sur Glenmor à temps pour le final de Lionel Richie, avec Say you say me, All night long et We are the world accompagné par la chorale d’enfants de Carhaix ! Y’a qu’aux Vieilles que tu peux voir ça ! (Et à la fois, qu’est-ce que les petits carhaisiens foutraient sur la scène de Glastonbury !?)
C’était mignon, il y en avait qui pleuraient, on a tous chanté en chœur (même si je ne peux m’empêcher d’entonner les paroles de la parodie des Guignols à chaque fois que j’entends cette chanson…).

 

Déjà 22h, le temps passe à une vitesse folle, c’est l’heure de Flume !!! ((Qui était une des autres  raisons principales de la prise de risque genouillère*).

Qui avait apparemment commencé la fête sans nous, à la vue de ses yeux et de son sourire. Cela n’a en rien entamé son set, jouissif de bout en bout, habillé par des visuels superbes et une coupette de champagne qui s’auto remplissait à côté des platines.
Souriant, généreux, halluciné du monde présent, au taquet, j’ai eu la banane pendant 1h20 ! Le seul truc chiant avec cette histoire de genou, c’est qu’au niveau du jumpage, c’est tendax. (J’assume totalement cette phrase).

 

23h30, j’ai un mal de dos comme après 4 jours de festival et mes pieds souffrent le martyr, mais bon tu comprends il faut aller voir Stand High Patrol parce qu’ils sont de Brest même. Argument convaincant s’il en est.
Pour tenir le coup, je bois un jus de pomme (encore une grande première…) et fini par déclarer forfait à minuit.

David Guetta ambiance le reste de la prairie avec Blame on me et je me dis que, autant c’était drôle de le faire venir une fois, autant deux, c’est pousser la blague un peu loin.

 

Les Vieilles Charrues c’est déjà fini, Matmatah résonne toujours dans la grand rue mais la fatigue se fait sentir et la bière coule moins vite.

L’année prochaine, elles fêteront leurs 25 ans. Ce sera beau certainement, ce sera grand évidemment et je serais là (j’espère).

 

Ah oui, au fait, je viens de me rendre compte que je n’ai pas fait une seule fois la blague « elle dit qu’elle a plus de genoux » depuis la semaine dernière. C’est extrêmement dommage donc je la pose là. Merci.

 

* Il y avait aussi les copains, les glaces Jampi et l’habitude.

22 juillet 2015

Rendez-nous la lumière.

[Dominique A]

VIEILLES CHARRUES, JOUR I

 

Quand l’impensable, aka ton genou droit qui décide de se faire la malle, arrive, trois jours avant les Vieilles Charrues, tu pleures. Et pas uniquement à cause de la douleur.

Une semaine dans l’année où il ne faut pas faillir, évidemment, ça tombe dessus. Après être allée aux urgences et m’être fait rire au nez en prononçant le mot « festival », j’ai sombré en catatonie.

Alors bien sûr, il y a le coût des 160€ du Pass 4 jours (je vous ai dit que j’étais bigoudène ?), mais surtout le dommage psychologique de louper ma 1ère édition depuis 12 ans.

Les billets d’avion étant eux aussi acquis, je suis quand même partie, avec ma jambe de bois (une jambière en mousse) (tu as déjà porté une jambière en mousse à Marseille en plein mois de juillet ? Ça tient relativement chaud) me ressourcer et manger des crêpes dans le Finistère.

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N’ayant pas foulé mon sol natal depuis Noël, c’est peu de dire que j’ai kiffé. C’est fou à quel point on oublie vite qu’être recouverte de sueur en permanence n’est pas une fatalité. Et qu’on peut parfois rester bronzer au soleil à 14h sans risquer de brûler vive.

Et qu’il y a des myrtilles dans le jardin, une bibliothèque inépuisable à disposition, un écran télé de 60 pouces, du poulet le midi, de la baguette fraîche et les journaux quand tu te lèves, une baignoire, la plage avec personne dessus (et ce n’est pas parce qu’il pleut) (mauvaises langues !), une couette,  bref que le paradis est à portée d’avion.

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Passées ces émotions simples, je me suis demandé si je ne devrais pas me désabonner du Twitter des Vieilles Charrues et boycotter le Ouest France le matin car la frustration grandissait rapidement.

Et puis finalement, après avoir appris que la jambière donnée par les Urgences de Marseille ne servait à rien (n’allez jamais à l’hôpital à Marseille) et acquis une genouillère plus adaptée à Quimper, l’idée d’aller tout de même fouler le sol de Kerampuilh le dimanche a fait son petit bonhomme de chemin.

La mairie de mon bled avait bien tenté de me faire plaisir avec un concert de The Red goes black le samedi soir, mais j’ai toujours en travers de la gorge leur victoire aux Jeunes Charrues face à Goldwave. (Un scandale)

Evidemment, en n’y allant qu’une seule journée, il manque le côté libérateur de l’expérience, la vie en communauté au camping, la crasse accumulée, la confiance retrouvée en l’être humain qui est beau et sympa, les chansons pédophiles, le petit déjeuner à base de canettes de Kro et de Pom Potes, la lecture du Télégramme, le ventriglisse, les rencontres improbables avec le frère du cousin de la voisine de tes parents, la queue devant les toilettes sèches au petit matin, l’impression d’être chez soi, tout simplement.

 

(Oui, je vais réussir à pondre deux articles, même sans y être allée 2 jours)

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27 juillet 2014

Les paradis perdus

[Christophe]

VIEILLES CHARRUES, JOUR IV

 

J’ai un vrai problème de temporalité depuis environ un an : on est à peine en mai que c’est déjà le 14 juillet, j’ai à peine décollé de Marseille que je dois déjà aller ramener mes affaires de camping à la voiture…

Pas encore de tristesse, il reste une très belle journée à vivre !

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Avec Yodelice tout d’abord, qui nous livre un concert des plus agréables. A chaque fois que je le vois en live je me dis qu’il faut que j’écoute ses albums parce qu’il est vraiment loin d’être mauvais. Musicalement ça tient la route, entre folk et un soupçon de blues, vocalement il envoie, et scéniquement, avec ses musiciens, ils gèrent.
Et puis c’est con mais j’ai toujours envie de lui donner une prime au mérite vu d’ il est parti. Il aurait vraiment pu mal finir…

 

J’enchaine avec un deuxième groupe du Label Charrues, Totorro, qui livre un math/post rock pas inintéressant. Il va falloir bosser les enchaînements de morceaux et le rapport au public mais sinon c’était cool à entendre.

 

Tu les entends venir mes belges préférés ? Avant même qu’ils commencent à jouer, je les admire encore plus pour avoir réussi à faire leur line check pendant que Ky Many Marley beuglait une des chansons de son aïeul.

Sachant que je les avais vu dans un cadre exceptionnel il y a un mois, je me suis dit que je partirais au milieu histoire de voir Traams, malencontreusement loupés à Bristol cet hiver. Je casse le suspense de suite, j’ai été incapable de me barrer.
Girls in Hawaii c’est beaucoup trop beau pour en louper une miette. Surtout quand ils nous offrent un nouveau titre (qui va sortir prochainement sur un EP 5 titres, wouuuuuh !) et que le set est bien plus électrique qu’au bord d’une piscine varoise !

Les gars, je vous aime.

 

Cette fois-ci j’ai réussi à courir jusqu’à Grall et assister à une moitié de set de Traams.
Nous n’étions pas beaucoup, et les gens alentour ont peut-être pensé que j’étais ivre.
J’ai mis cinq minutes à me rendre compte que je dansais de manière frénétique, le corps guidé par des morceaux d’une efficacité sans faille. C’est probablement l’un des concerts du week end sur lequel je me suis le plus éclatée. A l’anglaise, sans fioritures, du bon rock à peine entrecoupé d’un timide « Cheers » entre deux chansons, un régal.

 

Après ça, j’étais surmotivée et ravie, la journée aurait pu s’arrêter là que c’était déjà parfait.
Alors je te dis pas le comble du bonheur quand tu sais que tu en as encore pour 6 bonnes heures de plaisir.

Je fonce vers Christophe et j’atterris en douceur. Il est en plein cœur de son Intime Tour. C’est-à-dire que le mec est seul en scène. Sur Glenmor. Serein. Et c’est beau !
Une atmosphère planante sur la prairie, tout le monde est assis au soleil, complètement apaisé, à 4000 au-dessus des ballons Minions (qui sont en passe de remplacer Bob l’Eponge et Patrick, la fin d’une époque, peut-être ?).

Les « vieux » artistes c’est toujours un pari un peu risqué (kikoo Bob Dylan ! Oh tiens Neil Young ! Lou Reed tu es là aussi !?) mais il y en a qui sont au dessus du lot, qui continuent d’explorer, d’imaginer, de tester, avec réussite, et clairement Christophe est de ceux là.
Si je n’avais pas eu l’image, on aurait pu me dire que j’écoutais un groupe de vingtenaires, j’y aurais cru. Une telle modernité, même quand il reprend Aline et Les Mots Bleus, c’est revigorant. Bref je vais aller acheter ses albums.
Et c’était bien évidemment super chouette de crier Aline avec autant de monde !

 

Je pense qu’il le prendrait moyennement bien si je le classais dans les « vieux », toujours est-il que j’ai enchainé avec Etienne Daho. Qui m’a également beaucoup plu. J’y ai retrouvé  un peu d’Alex Beaupain d’ailleurs.
On a tendance à railler son manque de voix et sa mollesse, mais pour le coup, en live c’est plutôt rock et j’ai vraiment passé un bon moment alors que je ne connais absolument pas son répertoire (non, il n’a pas fait Week end à Rome). Bref je vais aller acheter ses albums.
(Il a quand même fait Epaule Tatoo, Le premier jour du reste de ta vie, Comme un Boomerang, Tombé pour la France, j’étais pas totalement en terre inconnue)

 

Je n'étais pas complètement convaincue de kiffer un concert d’1h30 de Lily Allen mais finalement c’était assez drôle. Show à l’américaine (même si elle est anglaise) avec un décor fait de biberons géants sur lesquels se frottaient des danseuses en mini short au motif feuille de Kana (je ne sais toujours pas trop quoi penser de cette partie du concert…).
La nana est l’incarnation parfaite de l’expression « nature peinture », elle rigole, elle raconte des conneries, elle se plait tellement sur l’avant-scène au milieu du public qu’elle demande à son régisseur de lui apporter ses clopes et son téléphone pour squatter un peu, elle boit son mojito et elle assure vocalement.

Je dois également avouer avoir lâché un éclat de rire nerveux en voyant apparaître sur les écrans un mec tenant un panneau « I hope you’re better than Alex Turner ». Pauvre Alex…

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J’ai clos ces quatre jours délicieux par le set de Kavinsky, qui était tout à fait correct. Par contre, le mec qui essaye de téléphoner pendant Roadgame, on lui explique !?

Un sans-faute pour le dimanche donc, même si, non, je n’ai pas vu Jared Leto, ça fait chier, mais j’avais un peu de route derrière, voire la France à traverser, et quelques heures de sommeil n’étaient pas superflues…

 

Je suis partie, laissant Kerampuilh et les copains derrière moi, un goût de satisfaction mêlé à celui de trop peu dans un coin du coeur, en trouvant plutôt classieux d’avoir Nightcall comme morceau de fin de festival.
Ce fût sans compter l’un des bars de Carhaix qui m’a pourri l’ouïe avec Paris Latino. Batard.

 

#qotd « Ouais, y’a un chinois qui coud des bracelets de pass 3 jours au camping 10. »

Highlight de l’hormone : TOUT le groupe de Yodelice (dont une spéciale pour le batteur, forcément) et une mention particulière à François des Girls in Hawaii pour avoir osé le minishort. C’était audacieux.

26 juillet 2014

Droit dans le soleil

[Détroit]

VIEILLES CHARRUES, JOUR III

 

Mes chaussures sont toujours un peu humides au levé et heureusement j’ai eu l’idée judicieuse de venir avec deux pantalons, mais le soleil brille de nouveau et tout ça sera bien vite sec.
Je suis tellement enthousiaste après cette soirée de folie que je choisis de petit déjeuner au gin-gini. Ce ne fût pas ma plus grande idée. M’enfin, si on ne teste pas ce genre de truc ici, on ne le testera jamais (comment ça : « Ce serait pas très grave » !?)

 

Je saute comme un petit cabri pour aller voir Breton (qui ne sont pas bretons), Camille et Oliv’ (qui sont bretons mais pas Breton) (pouin pouin pouinnnn).

En les attendant, et en jetant un bref coup d’œil aux infos diffusées sur les écrans, j’ai eu la douloureuse surprise de constater que j’avais un peu surestimé l’humour absurde de mes copains de camping : autant le coup de 30 seconds to Mars remplacé par Annie Cordy était vraiment une blague, autant celui de Miles Kane par les BB Brunes, pas du tout. Dur.

Je ne comprends toujours pas comment les petits gars de Breton se sont retrouvés à jouer à 16h (horaire peu adapté) sur Glenmor (gigantisme peu adapté) mais putain ils ont gérés ! Leur album est à chaque écoute un peu plus génial et les revoir était un pur plaisir, même si je ne pouvais pas tenter de leur faire des bisous esquimau cette fois-ci (remember The Louisiana).

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J’ai entendu Jabberwocky de loin, ça avait l’air bien, mais bon, parfois il faut faire des choix, genre celui de manger.

 

L’heure de se placer pour Détroit est arrivée.
Nous faisons partie, moi et les copains, de cette génération frustrée d’avoir loupé le concert mythique de Noir Désir aux Vieilles Charrues en 2001 alors l’attente est aussi grande que fébrile.

C’était beau, c’était émouvant, c’était frissonnant, c’était rock, c’était doux, c’était lumineux. On a chanté fort, on a tremblé un peu, on l’a vécu simplement. Et cette voix, qui nous suit depuis tant de temps, n’a pas changé.

Comme dirait l’un « Maintenant on peut crever pénard. Le plus tard possible, mais pénard. ».

 

Par contre, il faisait tellement chaud que je me suis tapée un petit coup de bambou. Le réchauffement climatique on en parle sans vraiment le voir, mais aux Vieilles Charrues c’est une réalité. Pouvoir rester en débardeur jusqu’à 1h du mat, il y a encore trois ans, on n’aurait jamais parié dessus…

 

Il faudrait courir pour ne pas louper le début du set de Fakear qui fait partie de mon top 10 des trucs à voir absolument ce week end, malheureusement la déshydratation est assez intense et le temps de tenter de résoudre ce problème, je loupe une bonne moitié…
D’ailleurs c’était la première fois de ma vie que je demandais un verre d’eau au bar des Vieilles, réponse effarée : « Ah non mais on a que de la bière nous ! ». Soit. Il a de l’eau dans la bière à ce qu’il parait.

Je ne vais émettre aucun avis sur la deuxième partie du set parce que clairement je suis énervée de ne pas l’avoir vécue comme il se doit. Très cher Fakear, tu avais l’air très bon, et d’une grande sincérité, nous nous reverrons bientôt, j’en fais le serment.

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Ensuite Arctic Monkeys. Chat échaudé craint l’eau froide, après les Black Keys je flippais un peu de voir les chouchous de Sheffield.

A raison. PUTAAAAAAIN ! C’était propre. Très propre. Trop propre. Mais il ne s’est rien passé. A part Alex qui se peigne en plein set.
Mec faut que t’arrête. Ça pourrait être drôle si c’était du second degré mais là on voit que tu te prends au sérieux et c’est un peu ridicule. Même quand tu nous dis « You look wonderful tonight baby » et que ça fait plaisir. Pourtant tu sais que je t’aime. Quand tu t’es mis à la banane j’ai trouvé que ça te rendait classe, c'est dire. Là il faut juste que tu prennes un peu de recul et je ne me fais pas de soucis, tu es intelligent, tu comprendras rapidement de toi-même.

Cela dit, c’est aussi de ma faute si je me suis ennuyée, je n'étais pas assez prêt et j’étais toujours stone de l’aprem. Mais voir tous les gens autour de nous se barrer ou s’asseoir, c’était assez moche.
Je vais donc continuer de chérir mes souvenirs de leur concert à l'Olympia, ce sera suffisant.

 

J’ai tenté de battre le mal de crâne avec Gramatik, en vain, ce petit côté Chinese Man vs C2C (oh oui, tapez moi !) me laisse de marbre.

Pour finir, ce samedi soir a été le théâtre d'une lutte intestine entre le corps et le mental dans mon cerveau, quand quelques copains ont décidés de rentrer au camping à 1h, AVANT LES DERNIERS CONCERTS !!
Assumer sa fatigue ou résister parce que « JE SUIS TOUJOURS JEUNE BORDAYL !! » ? J’ai fini par trancher en faveur de ma carcasse de quasi trentenaire, la tête basse, non sans honte, je dois bien l'avouer…

Bref, j'ai pas (re)vu Shaka Ponk.

 

#qotd « Je me croirais en beach party à Nazareth »

Highlight de l’hormone : Daniel McIlvenny (de Breton) et Bertrand Cantat

24 juillet 2014

Time to sleep

[Gesaffelstein]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

C’est tout à fait agréable de faire une nuit de plus de 4h, même dans une tente en festival, je me réveille donc reposée, prête pour une première Kro en canette, des pains au chocolat et une pom’pote, le p’tit dèj des champions (et des gens qui ne tiennent a priori pas trop à leur santé).

Je ne suis pas bénévole, mais comme j’aime partager le quotidien de ces gens qui offrent leur temps (parce que le bénévolat, à la base c’est donner un coup de main) et observer leurs us et coutumes, je m’installe dans une cabane de tri pour passer le temps avant l’ouverture du site.

 

Je commence par Jungle, sous le soleil, pas mal. Ça doit prendre une toute autre dimension en soirée ces rythmes funko r’n’biesque, cela dit dans l’aprem c’est plutôt smooth et coolos (kikoo le vocabulaire des années 90). En plus ils ont une bonne dégaine d’anglais, ce qui, depuis que j’ai goûté à la vie britonne, me réjouis encore plus qu’avant.

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Je ne vois aucune raison valable pour attendre de déguster une petite glace Jampi et me dirige donc vers le stand adéquat. Il m’aura fallu juste le temps de m’éloigner pour me rendre compte que cette BUSE de bénévole m’a mis une boule parfum café au lieu de sablé breton ! C’est peut-être un détail pour vous, mais quand ça fait 362 jours qu’on en rêve, c’est dur. (Rassurez-vous, je me suis rattrapée les jours suivants)

 

La premier groupe du label Charrues a mes faveurs depuis quelques années déjà et je compte bien ne pas être déçue étant donné que j’ai filé de la thune pour qu’ils puissent enregistrer leur premier album. Les jeunes ont assurés comme des chefs sur une scène de cette envergure, longue vie à The Same (pas vraiment) Old Band !

 

Le temps de découvrir un nouveau coin de l’installation Vieilles Charrues où je suis en extase de trouver du Pouss’Mouss (et des Leffe), je me dirige vers Elton John par principe, histoire de pouvoir dire « Ouais j’ai vu Elton John en concert ». Voilà. Je peux le dire. Et rajouter « Je suis restée 20 minutes, j’ai eu l’impression d’entendre la même chanson en boucle, c’était naze ». Pour asseoir ma réputation de connasse blasée.

 

De toute façon Casseurs Flowteurs allait commencer et même si c’est moins ma came qu’Orelsan en solo, je pouvais difficilement faire l’impasse. Il y a du monde. Beaucoup de monde. Ce nouvel emplacement de la scène Grall ne me satisfait pas du tout, je tiens à le dire : le champ est plat, on ne voit rien à moins d’être collé à la scène, les gens bouffent en plein milieu vu que les stands restauration sont toujours à cet endroit, bref c’est nul. Bouh.

Mais, grâce à un concours de circonstances (heureuses), j’ai pu m’échapper pour aller voir le concert directement sur scène. Bon, forcément le son est pourri, mais c’est quand même drôlement rigolo à faire une fois ! Sauf quand tu constates qu’Orelsan se produit pieds nus (oui, comme Yannick Noah).

IMG_20140718_203903Ceci est Skred de dos.

IMG_20140718_205519Ceci sont des gens qui se prennent un jet d'eau en pleine gueule.

IMG_20140718_205712bCeci sont Ablaye, Orelsan et Gringe.

 

Je redescends parmi le bas peuple, discute, chante Brest avec Miossec qui est tout aussi classe qu’à Martigues, et vais me mettre en position avec les copains pour Stromae. ERREUR. Il fallait aller voir Kid Wise PUIS Stromae.

Prise au piège au milieu de 65 000 personne (c’est beaucoup, c’est très beaucoup, comme dirait le belge), je ne vois même pas les écrans alors que le spectacle est autant visuel qu’auditif. C’est con. Parce que pour le coup, musicalement, ça pète quand même pas 5 tentacules à un poulpe (les métaphores, c’est comme tout, faut tenter de les faire évoluer) (avec plus ou moins de succès, on est bien d’accord).

J’aime beaucoup le personnage de Stromae, c’est un bon comédien, un artiste complet et je suis sûre que j’apprécierais énormément de le voir en concert dans d’autres conditions, mais là, j’ai passé un mauvais moment.

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Ce qui nous amène à la constatation sur la jauge du festival : 65 000 personnes c’est TROP ! Je suis bien placée pour savoir que la culture c’pas facile, que vendre des billets (et des bières) c’est le nerf de la guerre, mais au bout d’un moment, quand y’a pas la place, y’a pas la place (c’est un peu le même mécanisme que  « Pas d’palais, pas d’palais »). Et concrètement, à Kerampuilh il n’y a pas la superficie pour accueillir décemment autant de monde.

 

Résultat, pour souffler un peu, j’ai  choisi d’aller voir Young Fathers plutôt que d’enchaîner avec Franz Ferdinand. Ah ben là, je peux te dire qu’on n’était pas emmerdés par les voisins ! Les mecs ont commencés avec 15 minutes de retard, on était 10 devant la scène. Pour le coup c’est peu, c’est très peu.

Dommage, parce qu’avec un hip hop complètement tripé, et leur jeu de jambes devant lequel je suis restée estomaquée, les Young Fathers auraient pu rendre dingues des milliers de personnes. Alors que là c’était juste glauque et triste.

Vu qu’ils se sont barrés au bout de 30 minutes, un peu vénères je suppose, j’ai pu profiter d’une bonne moitié de concert d’Alex Kapranos et ses petits potes. Parfait forcément, mais après leur concert bristolien cet hiver, je n’en doutais pas et je n’ai rien de plus à ajouter !

 

J’avais les jambes bien échauffées après ça, prêtes à en découdre avec Gesaffelstein.

Je ne savais pas à quel point.

A la première note : un éclair. Puis une goutte. Puis du tonnerre. Puis des tas d’éclairs qui rivalisent avec les stroboscopes. Puis des tas de gouttes. Puis des tas de coups de tonnerres qui concurrencent les beats.

Ce set de Gesaffelstein était sans doute très bon à la base. Les éléments l’ont rendu magique !
A 3h, on est rentrés au camping trempés mais heureux.

 

#qotd « T’as jamais remarqué, toutes les meufs de Plouescat c’est des pétasses »

Highlight de l’hormone : l’agent de sécurité tatoué qui était à droite de la scène pendant Jungle.

23 juillet 2014

Foule de gens

[Odezenne]

VIEILLES CHARRUES, JOUR I

Jeudi 17 juillet 2014, le charme (très) discret de la Canebière à 5h du mat’, avant d’embarquer dans le très couru Brest-Marseille de 6h30 pour rallier mon pays.

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Un petit tour par la Bigoudénie où il fait tranquillement 30°C, avant de rouler vers le Poher sous l’orage (ce qui me semble déjà nettement plus honnête en terme de météo).

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La chaleur ne descend pas pour autant et soyons honnête, malgré une averse, jeudi à 18h, je mériterais déjà une douche. BIENVENUE !

Kerampuilh, camping 7 sous les arbres, home sweet home annuel tant attendu, où la fine équipe est réduite. Certain(e)s préfèrent désormais se reproduire plutôt que de boire des bières. Sans doute la preuve  la plus évidente qu’on n’a plus 20 ans.

 

Odezenne pour ouvrir le bal des 4 jours sous les meilleurs auspices. Bonheur bonheur bonheur. Al et Jaco ont des cheveux mais toujours les mêmes voix graves, un flow qui déboite, des textes riches et une façon de se mouvoir sur scène qui m’emballe.

Bref, quand ils entonnent « Je veux te baiser », j’ai juste envie de répondre « Bien volontiers ».

Globalement, un festival  qui commence par des milliers de personnes hurlant « JE VEUX TE BAISER, TU VEUX ME BAISER, NOUS VOULONS NOUS BAISER », est directement placé sous le signe de l’amour de son prochain.

Je me répète dans ma tête, on n’est jamais aussi bien qu’à Kerampuilh, devant un concert, avec une bière et une clope à la main. (Sauf à Kerampuilh, devant un concert, avec une glace Jampi parfums sablé breton et chocolat, à la main)

 

Je connais la force de frappe des Skip the Use mais je préfère aller me placer en avance pour The Black Keys. 10 ans déjà que, dans mon studio lannionnais, grâce à l’Album de la semaine de Canal Plus, j’ai découvert The Rubber factory, autant vous dire que l’attente fût longue et les espoirs proportionnés.

Je suis rarement si près de Glenmor, juste à gauche de l’avancée de scène, il faut ce qu’il faut pour l’occasion !
Ils entrent en scène. Je suis devant Patrick Carney et Dan Auerbach. Hiiiiiiiiiiiiiii.
Au bout de dix minutes, une petite pute de voix glisse  « Est-ce que tu serais pas un peu en train de te faire chier ? », au bout de vingt la question devient affirmation  « Là tu te fais chier ! ».
Force est de constater.
La déception est immense forcément, mais je m’éclate plus en dansant chez moi avec les CDs, qu’en les ayant en face de moi. Pourtant c’était propre, peut-être un peu trop dans la démonstration. Patrick a beau taper fort sur sa batterie, Dan jouer très bien de la guitare, il ne se passe pas grand-chose. Ni entre eux, ni entre nous…
Evidemment il aurait fallu les voir il y a des années dans une petite salle ou dans un bar, évidemment. Fuck.

 

J’avais peur d’enchainer avec Fauve, je n’aurais pas supporté de ruiner mon beau souvenir de l’an dernier au Mas, mais j’ai suivi le mouvement en me disant que ça pourrait me requinquer.
Je n’ai pas eu tort. Je m’attendais à un peu plus de ferveur avec autant de monde sur un groupe qui déchaine les passions, mais c’était drôlement bien.
Les haters peuvent hater tant qu’ils veulent, la sincérité transpire, c’est organique. Chanter 4000 îles en canon avec le Corp restera dans les mémoires et le blizzard doit plus marcher très droit après ce qu’on lui a mis.

Le jeudi est bref, nous finissons agréablement avec Bakermat, électro bien pensée aux consonances parfois jazzy, idéal pour habituer en douceur son booty à bouger.

 

#qotd « On n’est pas venus ici pour acheter du terreau ! »

Highlight de l’hormone (en hommage à) : Al&Jaco d’Odezenne

05 août 2013

Sur la plage, je recherche des sensations

[La Femme]

Vieilles Charrues, IV

Dimanche, le soleil est toujours éclatant, qu’est-ce que c’est agréable de prendre son petit déjeuner en débardeur et de ranger sa tente sans devoir s’abriter de la pluie !

Je repacke tout mon petit barda, nettement plus léger sans les bouteilles d’eau et de jus de fruit, afin d’aller le poser dans la voiture pour pouvoir partir le soir venu après les concerts.

Je me tape un peu une suée, il faut bien l’avouer, car je veux être à l’heure pour Goldwave donc je speede le plus que je peux.

J’arrive donc dégoulinante sous le chapiteau (mmmmm) mais à l’heure. C’était beau, c’était grand, et il le fallait car vu la beauté de leur EP Night Lights, j’aurais été capable d’aller leur péter les rotules en cas de déception. C’est hyper classe, envoutant, captivant, intense, bref, ils méritaient de gagner les Jeunes Charrues, m’enfin c’est pas si grave, ils n’ont pas vraiment besoin de ça.

La Femme arrive sur Grall pour un concert qui défonce. J’attendais de voir ce que ça pouvait donner, ben putain ! C’est assez irrésistible ce mélange de surf music et de pop 80’s, leur attitude est pile branleuse comme leur musique le permet, et mes jambes et mes bras se meuvent d’eux-mêmes. Le soleil tape sa mère, les jets d’eau fonctionnent et l’un des musiciens finit le set en surfant sur sa planche dans le public, il n’en fallait pas plus pour rendre le public hystérique.

Nous faisons une croix sur The Vaccines car ? C’EST L’HEURE DE LA GLACE JAMPI !! Fraise de Plougastel/sablé breton, je vous jure que j’ai jamais autant kiffé une glace de ma vie. Jampi je t’aime.

On se pose devant Mesparrow mais je discute. On va voir la Roue de la mort au Verger et c’est impressionnant. Je sais pas si vous voyez ce que c’est, une roue de la mort, mais quand les mecs sautaient dedans à 10m du sol, j’étais bouche ouverte émerveillée.

Ensuite, c’est Alt J. Pfff que dire d’Alt-J ? Mis à part qu’ils ont sortis le plus bel album de l’année 2012 ? Evidemment c’était beau, reste que les Vieilles Charrues à 18h, c’est sans doute pas l’endroit idéal pour profiter pleinement de leurs compositions finement ciselées et de la voix de Joe Newman. Surtout que j’étais pas hyper bien placée, à côté de jeunes qui parlaient sans cesse. 3 inédits tout de même, et la surprise de voir à quel point le public était nombreux à connaître les paroles. Sur Matilda, c’était bien joli.

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Pendant ce temps-là, le soleil brille toujours de 1000 feux, puis il est l’heure d’aller écouter Santana. Petite madeleine due à ma mère qui a tous les vinyles/CDs, j’ai apprécié à sa juste valeur de voir jouer Oye como va, Samba Pa Ti, Corazon espinado et autres Maria Maria. C’était drôlement bien ce concert ! Le problème avec les anciens, c’est que c’est toujours quitte (coucou Bob Dylan) ou double, et ça fait plaisir d’en voir un qui tire son épingle du jeu, qui prend plaisir à être là et qui assure.

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« If you have to remember one thing from this night : you are significant and meaningfull», autant quand ce genre de phrase sort de la bouche d’un reggaeman quelconque, je trouve ça ridicule, autant quand c’est Santana qui le dit, ça prend tout de suite un sens profond.

Bref Neil Young, tu peux ranger ta guitare et rechausser tes pantoufles, ce week end, le patron c’était Carlos !

La fin de soirée approche, la nuit tombe, la pleine lune éclaire Kerampuilh, c’est le moment d’aller bouncer sur le son de Busy P.

Je n’ai pas particulièrement d’atomes crochus avec la bande d’Ed Banger, mais là, il faut le dire, le Ed Banger megamix était putain de bon, je me suis déchainée ! Je pense qu’il avait fait en sorte de mettre des gens du label aux caméras également, car la façon de filmer n’était pas du tout la même que sur les autres concerts et apportait vraiment une dose de d’images festives de qualité. Sur scène une structure gonflable, dont il a fallu me dire que ça représentait la silhouette de Pedro Winter avec sa casquette car je n’y voyais qu’une espèce de forme phallique qui correspondait bien à l’idée que je me fais du personnage.

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J’étais censée partir après ça, mais laisse tomber, j’étais à bloc du coup !

Phoenix lance les premières notes d’Entertainment et nous tourbillonnons dans la prairie, la nuit est belle, nous sommes toujours en teeshirt et on n’est jamais aussi bien qu’une clope à la main, à écouter de la musique à Kerampuilh.

Je fais un saut devant Skip&Die et quitte les copains avec un gros pincement au cœur.

 

Pour ma 10ème édition, les Vieilles Charrues vous avez été magiques et je vous en remercie.

Posté par Klervi à 15:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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