Klervi / Vikler

26 août 2019

Nothing ever lasts forever

[Tears for fears]

VIEILLES CHARRUES, JOUR 2

Il est 12h30 quand je me réveille tranquillement dans ma Twingo. Je me dis que je ferais mieux d’y emménager sur du long terme, ça m’épargnerait bien des peines…

Cette année j’ai opté pour des craquinettes au chocolat, agrémentées de pompotes et de jus multivitaminé, un petit-déjeuner de reine !

À 15h, je pars une première fois. Demi-tour au bout de 50m, un troisième pull pourrait être utile. Entre temps, une légère bruine se pointe. Profitant d’être de nouveau à l’abri, je checke Météo France pour savoir combien de temps ça va durer. « Pas de pluie prévue dans l’heure ». Fiabilité optimale donc…

 

Je finis par retrouver ma mère devant Clara Luciani, que ne ferait-on pas pour ses parents ? J’entends un mec dire à son pote « Mais qu’est-ce qu’on fout devant ça alors qu’on aurait pu rester dormir !? », je ne peux pas lui donner tort…
Elle a l’air un peu + à l’aise que l’an dernier à Bourges mais décidément ça ne me touche pas. Bon, au moins cette fois-ci elle est leadeuse et non plus potiche sur scène avec La Femme, ça doit lui changer.

 

Je fais une pause café avant DI#SE devant lequel j’entraîne ma mère (j’ai enfin trouvé la solution pour ne plus être la + vieille en concert), l’enfant du pays quand même, il faut soutenir !
C’était hyper bien, il y avait du monde en folie, il a fait venir son frère, sa sœur, il a failli chialer, il était à fond et la régie a fini par lui couper le micro pour qu’il sorte de scène (le concert entier est dispo sur Culturebox). Bref je suis très contente pour lui, il mérite, gloire à DI#SE ! 

Ensuite, je me suis faufilée sous l’abri de la crêperie pour attendre deux marseillais en goguette sans être trempée (le poncho Arte est moins ergonomique que celui du Télégramme, sachez-le) (même s’il est joliment orangé #fashionista).
Ils arrivent, c’est la première fois pour eux, on leur envoie direct du rêve avec Aya Nakamura.

Vêtue d’une combi de plongée orange fluo, tenue tout à fait adaptée au climat local, elle fait le taf a minima. Ce qui est déjà pas mal quand tu as fait 10 concerts dans ta vie et qu’il y a 30 000 personnes devant toi. Évidemment elle garde Pookie et Djadja pour la fin, ce qui nous laisse le temps de catch-uper en musique.

 

On est tous d’accord pour balayer Boulevard des Airs d’un regard méprisant et aller prendre une bière bretonne #touristes.

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Les vieux du jour c’est Tears for Fears. Ils tiennent encore bien la route, les voix sont intactes et l’un des chanteurs se la tente même en français. Le son est tellement 80’s, c’est incroyable (ils ont tout de même abandonné leurs mulets depuis).

Arrive le tant attendu Mad world qu’ils ont réarrangé, dommage, il n’aurait pas fallu… Comme prévu, une bonne partie du public se barre après ce morceau, nous y compris.

 

Sur le chemin entre deux scènes, un type me demande d’où je viens. Polie, je lui retourne la question. « De Vendée ! » « Ca arrive… » répond-je, compatissante. Le mec l’a mal pris…

 

Sur Grall il y a Caballero & Jeanjass avec une masse de jeunes devant. J’ai un peu de mal à entrer dans le début du set, ça manque de vrais morceaux. Mais à partir de Bruxelles arrive, c’est festival de turn up trop cool.
Je manque de m’étrangler de rire quand ma comparse me dit que c’est les nouveaux Zebda. Non pas que ce soit vrai ou faux mais, empêtrée dans le tourbillon de l’actualité musicale, je n’aurai jamais pensé à faire un tel rapprochement. 

Dans la foule, un mec s’excuse de nous avoir frôlé en dansant, et ce n’est pas le premier depuis hier.  #Metoo fait son petit bonhomme de chemin.

 

On voit Iggy Pop de loin, son dernier concert ne m’a pas laissé un souvenir impérissable alors mieux vaut faire un refill au bar à cocktails avant Étienne de Crécy.
J’attendais de voir sa nouvelle créa scénographique avec grande impatience, vu ce qu’on m’en avait dit. C’est effectivement assez dingue, en termes techniques et esthétiques. Je ne vous en dit pas plus, même si sa musique ne vous convient pas, si vous avez l’occasion de le croiser en festival, allez jetez un coup d’œil !

 

C’est KOMPROMAT qui enchaine, j’avais hâte de les revoir suite à ma déception à  Bourges, car j’aime plutôt l’album. Rien à faire, on s’est barré au bout de 20 minutes, ça m’ennuie. 

Il y a Tchami & Malaa sur Glenmor, j’attends une « bonne » surprise comme la veille étant donné que c’est un autre nom que je n’avais jamais entendu. Il n’en sera rien.
De l’EDM dégueulace plein tube, je déserte au bout de 10 minutes, laissant mes deux marseillais au beau milieu du champ. Les Marseillais dans le Poher, je vais suggérer l’idée à NRJ12.

 

Samedi il fait beau, il reste encore deux jours de festival et moi je pars, sans même avoir mangé une glace Jampi, c’est complètement aberrant, rappelez-moi de ne plus jamais planifier un truc pareil.
Pour adoucir le départ, je passe boire un café dans le centre-bourg, au son de « çui-ci n’est pas à vous ? Oh bonjour Marie-Suzanne !», l’accent kreizh breizh, dernier earcandy pour la route.


24 août 2019

Je vais toujours là où les autres m'ont dit "renonce"

[Columbine]

VIEILLES CHARRUES, JOUR 1

 

Au départ, on a tenté de me faire croire que je ne pourrais pas aller aux Vieilles cette année. J’ai bien ri (non). Ca fait 16 ans, que j’habite à Nice, à Chambéry ou à Lorient, que j’ai une luxation de la rotule ou que je sois seule, que j’y vais. Alors évidemment j’y suis allée !

 

Jeudi c’est parti pour traverser la Bretagne grâce aux nationales et départementales qui sillonnent notre belle région. J’ai l’impression que la limitation à 80km/h est entrée dans les mœurs (ce qui n’est pas pour me plaire, soyons francs).

L’émotion est intacte en garant la voiture, en n’ayant pas 15kgs d’affaires à trimballer jusqu’au camping, en faisant les derniers centaines de mètres qui m’amènent jusqu’à l’entrée du site.

Même si Kyllian et ses copains beaufs ont manqué de me faire perdre l’habitude de bienveillance que j’adopte sitôt franchi le panneau Carhaix-Plouguer : « Et dire que ma copine pense que je suis en stage, MAIS QUELLE CONNE CELLE-LÀ !! ».
Et de l’autre côté, Jean-Michel Mastuvu braillait sur son Iphone : « Mais allez là, reconnais-moi ! Putain de reconnaissance faciale !! ».

Il n’y pas de barrière anti bolosses à l’entrée hein…

 

Bracelet posé, programme dans la main, je découvre le chouette nouvel aménagement boisé de l’espace invité avant de rejoindre la plèbe (bisou). Camélia Jordana est en place, j’entends de loin en faisant mon petit tour du site pour observer la déco carnavalesque de cette édition.

 

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Mes finistériens sûrs font déjà des roues dans la prairie, direction Grall pour Hubert Lenoir.
Je suis étonnée qu’il attaque par son tube, Fille de personne, avant de comprendre pourquoi. La suite n’est pas vraiment aussi catchy. Il se démène, c’est pas mal sans être fou, le bassiste fume des clopes, je m’ennuie un peu alors je m’en vais.

 

Cette année, Vald joue sur Glenmor. Je suis aux anges de le revoir. Il se pointe en mode plagiste, lunettes de soleil évidemment, short turquoise et tee-shirt bleu, sourire émail diamant.

Le mec a tellement de titres (59 en 8 ans, sans compter les mixtapes et singles) qu’il est obligé de faire un medley pour réussir à caler tous ses tubes en 1h30. Les gens balancent déjà leurs baskets en l’air, ce que je trouve assez audacieux dès le jeudi, quand tu sais qu’il va falloir tenir en chaussettes les trois prochains jours.

Je comprends parfaitement qu’on n’adhère pas à ce qu’il fait, mais il faudrait être vraiment obtus pour ne pas lui reconnaître un talent d’écriture (je recommande à ce titre le documentaire sur l’enregistrement de l’album Xeu), sans compter le travail dingue sur les visuels et les clips.

Au fur et à mesure du set, il demande aux agents de sécu de lui faire un décompte des gens évacués pour cause de malaises. On finira à 50 (ce qui est peu comparé à Dour, 150 apparemment). Il fait chaud, mais ce serait mauvais esprit de ne pas lui accorder une partie du bénéfice de ces évanouissements.

Il s’avère qu’en plus c’est son anniversaire, le gâteau surprise sur scène ajoute à la kermesse et à ce petit côté mignon Valentin Le Du.

Juste un regret, ne pas avoir entendu Deviens génial, morceau fantastique que j’ai bouffé de manière monomaniaque.  

Vald est bizarre, dans le meilleur sens du terme.

 

Je fais une pause crêpe pour m’en remettre avant d’aller découvrir Bror Gunnar Jansson sous le chapiteau. Il entame sa première tournée en trio, je crois que j’aurai aimé le voir en one man band au moins une fois. Ils sont encore en rodage, c’est assez technique musicalement, je pensais qu’il chanterait plus. Ca donne envie de les voir en salle dans quelques mois, ça tombe bien, c’est prévu. 

 

Je ne reste qu’une demi-heure, il faut tracer vers Columbine sans tarder, j’anticipe la vague de spectateurs à venir.

C’est peu de dire qu’on est tassés devant Grall, environ 18 personnes au m², tu sautes même si tu n’en as pas envie, emporté par la foule.

J’ai préféré leurs sets en salle, moins serrés, plus long, une ferveur différente dans le noir, mais quand j’entends les premières notes de la quasi-totalité des morceaux je suis ravie. Alors je chante fort, je profite de ce qui sera peut-être le dernier concert avant longtemps.
Et je repense à la chance d’avoir eu de multiples répétitions de Pierre, feuille, papier, ciseaux en avant-première. Cœur cœur Columbine.

 

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Rajeunie de 10 ans, je vais me placer devant Glenmor pour le Duc de Boulogne, aka B2O, aka Petit Ourson, aka le lutteur de l’Octogone.

Je dois dire que sa présence était une des raisons de la mienne. Déjà l’an dernier j’avais misé sur sa venue, ignorant les remarques des spécialistess « Non, Booba il ne fait pas de festivals ». Force est de constater que, cette année, il en fait des festivals !

Première remarque, il est beau. Je suis désolée de commencer par ça mais c’est ce qui m’a frappé en le voyant entrer sur scène, tout de rouge vif vêtu, altier. C’est pas vraiment un scoop certes (remember la couv’ du Monde), il n’empêche que quand tu es quasi seul sur une scène aussi grande, le physique, la présence, ça compte !

La deuxième remarque, moins heureuse, c’est qu’en fait je connais très mal l’œuvre de Booba. Il a quand même fait Scarface donc j’ai pu m’époumoner, mais pour le reste j’étais bien seule au milieu des choristes.

Il a appelé Karim Benzema en direct (pour parler un peu de la CAN), Médine est venu chanter un morceau, les basses étaient méga fortes, autotune mon amour, le sky (ou le rhum) coulait à flot, et moi je suis contente d’avoir vu Booba. 

À suivre il y a Nile Rodgers & Chic. Autant danser sur le Freak c’est chic, complètement bourrée avec des potes j’accepte, autant me taper 1h30 de concert de ce genre de trucs me file des sueurs froides.

J’en profite pour aller tester la nouveauté du VIP cette année : le bar à cocktails ! J’ai d’abord cru qu’on ne me laisserait pas entrer, étant donné qu’il y avait une agente de sécu devant, finalement c’était juste pour la « déco ».

Ils ont clairement décidé de « step up » avec ce bar derrière lequel se tiennent de vrais mixologues qui t’expliquent pendant 5 minutes chaque ingrédient qu’ils ajoutent dans le shaker. Kikoo les gars, on est aux Vieilles, je veux du gin et du tonic dans une écocup, je n’ai cure de la rondelle de citron et je ne tiens pas à me trimballer avec un verre à cocktail sur le site !
Et QUI a inventé le concept de paille en carton sans déconner !?? Du carton, dans du liquide ? VRAIMENT ? 

Bref, je suis quand même contente de ne pas boire de Kro.

Comme je n’ai pas bien le choix niveau concert, je retourne voir The Psychotic Monks, pour la 3e fois en 3 mois. Heureusement que c’est TRES bien ! 

Ensuite je vais voir Skunk Anansie et je me rends compte qu’à part la tête de la chanteuse et leur tube d’il y a 20 ans je ne connais absolument pas le projet : j’étais persuadée que c’était de l’électro…
Rien à voir, c’est plutôt rock, la leadeuse mouille le maillot, un bon concert.

Je pars tout de même avant la fin pour retourner devant Glenmor.

 

Et c’est LÀ le vrai coup de ieuv (au delà d'utiliser le terme "ieuv" j'entends) : quand tu te retrouves au milieu de 30 000 personnes en furie devant le show pyrotechnique d’un groupe dont tu n’as JAMAIS entendu parler.

The Chainsmokers c’est un chanteur + un DJ derrière un bloc lumineux de trois mètres de haut, sur lequel ils peuvent monter pour danser/courir/que sais-je encore, et un batteur 2m plus haut sur une plateforme élévatrice.
Je me suis totalement laissé prendre au jeu de cette électro pop sirupeuse (en me répétant WTF !? à chaque nouveau morceau / nouveau sample des 90’s / nouvelle flamme), il y a quelques faux airs de Justin Timberlake, et que voulez-vous faire contre le pouvoir du canon à serpentin de toute façon !?

Renseignement pris, les mecs ont plus de likes sur Facebook que Macklemore, ça vous donne une idée du phénomène…

 

Après ça je prévoyais de rentrer compter mes vertèbres mais le temps d’aller aux toilettes, Paul Kalkbrenner a entamé son set et mon cerveau a refusé de louper ça.
J’avais un souvenir mitigé de sa précédente prestation, cette fois-ci j’ai apprécié (mis à part un remix de Stromae assez surprenant), avec le côté marrant des écrans qui retransmettent les images d'une GoPro posée sur sa table de mixage.

On n’est jamais si bien qu’à Kerampuilh, un verre et une clope à la main. Constat jamais démenti depuis 16 ans.

 

Sur la route du retour, j’entends un « TA GUEULE KLERVI ! » qui ne m’est pas adressé, et le récit d’une soirée ratée dans un lieu bien connu de ceux qui savent « J’ai vomi en sortant de Laz… », #Team29.

15 août 2018

Giving me what I need

[Young Fathers]

VIEILLES CHARRUES, JOUR 2.

 

8h et quelques brefs réveils plus tard, j’ouvre les yeux au chaud dans ma Twingo. Certes je ne peux pas réellement m’allonger (avec un rhume c’était pas plus mal), mais l’avantage majeur d’une voiture c’est son étanchéité. Avec les boules quiès, j’ai même pas percuté qu’il avait plu pendant la nuit.

Compte tenu des gouttes, je renonce à aller prendre mon petit-déjeuner au centre bourg. Je me contente de mes Pom’potes, Petit-déjeuner et Breizh Cola (je n’ai pas poussé le vice à ramener des Kro en canettes pour la nostalgie) (par contre j’ai retrouvé une bouteille de gin planquée dans mon sac de couchage depuis sa dernière utilisation….) en me régalant des nouveautés de l’affaire Benalla. (Je confesse une certaine fascination morbide pour ce feuilleton de l’été).

 

De l’autre côté du talus, Jean-Michel accueille un de ses copains venu déposer son fils et ses amis qui vont au festival et qui bénéficieront, avec ce jardin, d’un terrain de camping privé au poil. « Ceux-ci sont venus voir les groupes de rap, ils vont être impeccab’ ».
C’est peut-être un détail pour vous, mais ces moments d’écoute d’accent finistérien sont pour moi une vraie joie.

 

À l’heure de rejoindre la prairie, la pluie n’est plus qu’un souvenir et mes remèdes médicaux ont commencé à faire effet. C’est donc le moment idéal pour aller tester les nouveaux stands restauration du Park, où des chefs ont « revisité les classiques d’un festival » (Top Chef a décidément fait beaucoup de mal aux descriptifs culinaires).

Les Vieilles Charrues n’étant pas connues pour la qualité de la nourriture (les gens viennent principalement pour boire écouter de la musique), l’intention est louable. Mais à 9€ le wrap de saumon ou le kebab de poulet, j’ai préféré passer mon tour ET ME JETER SUR DES FRITES DE PATATES DOUCES <3 <3 <3

 

Après un café (équitable sans nul doute), je démarre avec Charlotte Cardin, une frêle brunette québécoise dont je n’ai jamais entendu parler,  qui a une voix entre celles d’Adele et Selah Sue. Ca convient pour le début d’après-midi, d’autant plus que j’ai décrété qu’on pouvait très bien profiter d’un concert allongé et les yeux fermés.

Évidemment, de près ou de loin, cette année c’est la Chanson de Pavard qui résonne en simultané à plusieurs endroits du site (notons que je préfère largement ça à la Marseillaise).

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Il me faut le maximum de forces pour Young Fathers.

Lors de leur précédente venue à Carhaix, ils ont joué en face d’une tête d’affiche, nous étions 40, ce qui les avait rendu un peu chonchons. À juste titre d’ailleurs car ils méritent vraiment d’être vus en live.
Une fois de plus ils ont livré un set impeccable. Tant au niveau musical que de la générosité, de la performance, il n’y a rien à redire. Ils apportent chacun une touche nécessaire à l’alchimie collective, c’est intensément plaisant.

Après Mogwai, l’Écosse confirme son talent. 10 points supplémentaires pour Gryffondor. 

 Je suis complètement requinquée et je ris toute seule en entendant les Négresses Vertes entonner Sous le soleil de Bodega durant les 10 seules minutes de pluie de la soirée. On est facétieux dans le Poher.

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Saro fait un très bon live que j’entends en pointillés, préférant catch-uper avec une lannionno-finistérienne pas revue depuis 12 ans (coucou !). Sachant que j’ai déjà été à trois de ses concerts cette année, je me dis que ce n’est pas trop dramatique. 

Ensuite je cours (n’exagérons rien) voir Damso (#nojudgment).  J’ai envie de me faire une idée car mon expérience au Printemps de Bourges, en termes de son et d’ados ivres morts au m² avait été un peu déceptive.
Pour le coup là je ne connais pas les paroles par cœur et après BruxellesVie je suis heureuse d’aller retrouver des COPAINS DE CAMPING !!

En traversant, j’adjuge le prix du meilleur t-shirt à ce jeune homme qui affiche « Admirer les Vieilles, j’aime Macron ». Certes ce n’est pas hyper fin, mais ça fait rire.

 

Après avoir loupé Yuksek pour un bête changement d’horaire indiqué nulle part (n’hésitez pas à utiliser vos écrans géants la prochaine fois les gars !), on va tester . Ca me disait seulement quelque chose de nom, j’ai vite compris que ça suffisait.
Cette personne au look 80’s/90’s surjoue chacun de ses mouvements, au son d’une pop dont je ne me rappelle aucune note 3 semaines plus tard (oubliable donc). L’ensemble est extrêmement agaçant et au bout de 15 minutes, nous avons fui.

 

L’enjeu de la soirée était d’être relativement bien placé pour Gorillaz. Ce que nous avons réussi (et pas grâce à moi qui ai décidé de prendre une crêpe à la dernière minute #sorry).

Pendant 1h45, Damon Albarn et une vingtaine d’autres musiciens / choristes / chanteurs ont tenu la scène très proprement ! Au contraire de son rival de toujours, Damon Albarn a l’air trop cool (#TeamOasis malgré tout). Il a même tenté de nous parler breton, en se prenant un bide monumental car personne dans les premiers rangs n’était capable de lui indiquer la bonne prononciation, c’était hyper mignon.

Je dois dire que, si la musique de Gorillaz ne me touche pas émotionnellement, le show est très bon. Les guests apporte la dynamique nécessaire, les écrans sont complémentaires avec les titres (coucou Jamie Hewlett), c’est le genre de concert que tu ne verrais pas dans un autre contexte et qui fait grave le taf en festival (mise à part le message « No unicorn anymore » qu’on ne valide clairement pas). 

On est sorti un peu rincés, il fallait bien une pinte et quelques minutes d’assise pour s’en remettre avant Massive Attack.

Encore un moment où la séparation du public entre pré et post-trentenaires fût flagrante (c’est quand même audacieux de placer Massive Attack un samedi à 1h du mat).

J’avais un souvenir mitigé des bristoliens (et pourtant cœur cœur Bristol), j’ai mis quelques morceaux à entrer dedans, surtout hypnotisée par les messages d’actualité qui défilent sur les écrans en fond de scène. En toutes les langues, même breton (décidément), hyper raccords avec l’actualité chaude, drôles et bien écrits, je ne sais pas s’ils ont un écrivain qui les suit en tournée mais j’aurais aimé pouvoir les lire dans leur intégralité (c’était trop rapide sur scène).

La dernière partie du set m’a totalement captée, la venue des Young Fathers en guest était une agréable surprise, j’en ressors avec une meilleure impression que la fois précédente.

 

Là-dessus, mon corps me signale que je ne connais pas Ofenbach (si ce n’est leur itw de trois minutes dans Quotidien) et que ne pas approfondir mon expertise sera un gage de raison.

 

Je quitte Kerampuilh en songeant à tout ce que j’ai loupé cette année, en me disant que c’était peut-être la dernière danse et en me maudissant de me mettre moi-même Kyo en tête à des heures indues.

13 août 2018

Today is gonna be the day

[Oasis]

VIEILLES CHARRUES, JOUR 1.

 

J’entre sur le site complètement dans les vapes. La nuit de 13h et les médocs n’y ont rien fait, je suis baladeeeeeuh.

Ben voyons...

Cœur de Pirate n’arrange rien. Sa voix et ses morceaux me crispent, même de très loin. Je pars à la découverte des décors (le thème cette année c’est l’été indien), des nouveaux espaces, le Château et le Park, qui sont à l’opposé de la scène.

 

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J’enchaine le stand crêperie avec une double glace Jampi chocolat/sablé breton, la base d’une alimentation plaisir. Je fais une bise à un sudiste qui a réussi à faire en sorte de « travailler » sous le chapiteau (on ne sait jamais, des fois qu’il pleuve et qu’il fonde) (bisou) avant d’aller écouter Portugal, the man.

Certes, mes conditions physiques n’étaient sans doute pas réunies pour apprécier les concerts à leur juste valeur mais bon. Quand ça n’a aucun intérêt, ça n’a aucun intérêt. Si ce n’est cocher une case quota car l’un des membres est en fauteuil roulant.
Vous connaissez forcément leur tube, Feel it still, que Toyota a utilisé pour une pub.

Perso, je me suis allongée dans l’herbe avec mes earplugs, j’ai fait la sieste, c’était très bien.

 

J’étais quasiment en forme pour Mogwai (mon cerveau cherche les dernières molécules de Doliprane à assimiler) qui a achevé de me faire revenir à la vie. Y’a pas à barguigner, quand c’est bon, il suffit de se laisser porter #loveScotland. Comme je leur ai déjà accordé le droit de me faire perdre un point d’audition il y a 8 ans, cette fois-ci je garde les bouchons.

Autour de moi, un Chabal en puissance surkiffe et hurle « 15 ANS QUE J’ATTENDS CA !! » aux côté du public de la Route du Rock (ce n’est pas un jugement à l’emporte pièce, les tote bags et les sweats le prouvait !) et on le sait, il n’est pas des plus nombreux.

 

 

C’est à partir de ce moment que je commence à noter une claire scission du public (jeune / vieux), que je n’avais jamais observé sur le festival auparavant.

C’est encore plus criant sur Liam Gallagher qui prend la suite sur Glenmor (la plus grande scène) et pour lequel, en arrivant 5 minutes avant le début, j’aurais pu me glisser jusqu’aux crash barrières. Alors que sur Grall (petite scène), Lomepal déplace les foules et fait trembler le sol de la Garenne avec des circle pits sans fin.

 

Je savais que j’allais voir Liam Gallagher mais je n’avais pas trop conscientisé le truc. Quand il est entré sur scène, fidèle à lui-même et au mec dont j’étais dingue au collège, ça m’a bouleversé d’une drôle de manière.

Évidemment je regretterai à vie de ne pas avoir vu Oasis en concert, mais ce petit shot mancunien, cette voix qui a tant marqué mon adolescence (voire au-delà), c’était doux.
Son attitude, sa coupe de cheveux, ses fringues, les 2 minutes de Wonderwall que ça le fait clairement chier de devoir jouer, son départ de scène 25 minutes avant la fin du set, tant pis, tant mieux, ça fleure l’entièreté (et le rock ?).

Chaleur...

 

L’avantage de son mauvais caractère et de sa défection prématurée, c’est que j’ai pu filer voir la fin de Lomepal. Enfin, « voir »… J’ai surtout vu qu’il a des milliers de fans qui connaissent ses textes par cœur. Dont je fais partie, mais dont je fais surtout grimper la moyenne d’âge…

Devant moi une gamine de 16 ans avec un monsieur d’une quarantaine d’année qui formaient un couple fort dérangeant à partir du moment où j’ai compris que c’était un couple donc, et pas une fille et son père.
Heureusement un groupe d’indiens a détourné mon attention en me voyant : « Mais t’es toute seule ?! Mais, t’as perdu tes amis !? » #malaise

Ca m’a valu d’être portée sur les épaules de l’un d’entre eux pendant mon morceau préféré, on ne va pas se plaindre.

(Heureusement j’avais eu l’occasion de l’écouter dans une petite salle quelques mois plus tôt, on ne louera jamais assez la proximité entre les artistes et le public).

 

 

Ensuite je suis passée rapidement devant Jain, qui m’avait bluffée il y a deux ans. C’est beaucoup trop tôt pour la revoir, d’autant que je n’ai pas eu l’impression que son répertoire ait franchement évolué.

Je vais jeter une oreille trop tardive à Hungry ft Worakls, N’To et Joachim Pastor, ça semblait vraiment pas mal mais il est l’heure d’IAM.

 

20 ans plus tard, la Tournée du Micro d’Argent te chope et te dépose devant le collège (décidément !). Les mecs (particulièrement Shurik’n) n’ont pas bougé d’un pouce et je connais toujours les morceaux par cœur.

Devant moi un père chante à tue-tête avec ses deux ados, je trouve ça génial tout en mesurant ce que veut dire « 20 ans ». (Outre le fait que les paroles type « Jean-Claude Gaudin Skywalker » soient encore d’actualité………….)

Alors j’ai dansé le mia, suis passée chez le mac, parlé aux petits frères, volé dans le côté obscur et putaing, c’était bieng (ceci est un cliché orthographique censé imiter l’accent marseillais) !

 

J’ai essayé de tenir pour le phénomène Rilès, qui chante, danse, œuvre avec une facilité déconcertante mais le rhume a eu raison de moi et de mon amour pour Lysistrata.

12 août 2018

Chacun sa voie, sa vie

[Shurik'n]

VIEILLES CHARRUES, PRÉAMBULE.

 

Dernièrement, j’ai du réfléchir à deux fois pour me rappeler de mon âge exact. Passé 30 ans j’ai arrêté de m’y intéresser vraiment, partant du principe que j’étais passé de l’autre côté, celui des vieux adultes responsables.
Mon mode de vie n’ayant pas capté les subtilités de cette nouvelle ère, je continue d’aller chaque été à Carhaix, afin de fouler la terre de Kerampuilh et me baigner dans un bain intergénérationnel d’aficionados de musique (et de mauvais alcool à outrance).

Cette année fût le théâtre d’une cruelle déconvenue quand j’ai appris qu’aucun copain de camping n’allait m’accompagner aux Vieilles Charrues. 

J’ai eu du mal à y croire mais qui un enfant à élever, qui un loft à retaper, qui des vacances à payer, il a fallu que je me rende à l’évidence (et que j’acquiers des gonflettes pour éviter de me noyer dans mes larmes) (nager et se moucher ne sont pas compatibles), j’étais seule-toute.

C’était un peu traitre de la part de certains, quand on se souvient de notre pacte de 2017 m’enfin… Chacun s’arrangera avec sa conscience…………..

L’espace d’un instant j’ai tenté de me raisonner, de me dire que les temps changent, qu’il faut s’y faire, que 15 fois d’affilée c’est déjà pas si mal, que je vois suffisamment de concerts comme ça, et puis NON.

Ce ne serait que deux jours, à dormir dans la voiture, mais il n’est pas encore venu le temps où je me résoudrai à rater les Vieilles. #keepfighting

 

Jeudi je chope la crève. Un chaud-froid bien connu des bretons auxquels la météo aime jouer des tours.
Vendredi midi, je prends la route pour Carhaix, armée de capsules d’huiles essentielles, de boites de Doliprane, de paquets de mouchoirs et d’un thermos de café.

Sachez que la DDE a refait la quatre voies entre Montauban-de-Bretagne et Saint-Méen-le-Grand, du bien bel ouvrage. J’en profite aussi pour vous faire un retour d’expérience concernant la limitation à 80km/h sur les routes départementales : dans le Kreiz Breizh, l’info n’est pas passée. Ou alors tout le monde s’en fout / est contre.

Pour une analyse plus poussée, je vous recommande de lire l’obsession Slow & furious de Sophian Fanen / Les Jours (et de vous abonner aux Jours, parce que c’est le média le plus intéressant que je connaisse et ils ont besoin d’abonnés supplémentaires pour survivre) (merci pour moi, je souhaite continuer à les lire).

 

Je suis dèg car je ne trouve pas de place sous les arbres pour me garer (quand tu dors dans ta voiture en plein été, c’est un paramètre IN-DIS-PEN-SA-BLE à prendre en compte), mais rassurez-vous, j’ai pu me déplacer  au retour, quand la moitié des gens sont partis.

Même si je suis un peu triste de ne pas être au camping pour cette édition, je savoure de ne pas devoir faire le trajet de 4 bornes avec 15 kgs de bagages à transporter.

 

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03 août 2017

Vous allez mourir.

[La Femme feat mon dos]

VIEILLES CHARRUES, JOUR IV

 

J’avoue qu’en ce dernier jour de festival, ma première pensée positive va pour mon lit que je retrouverai la nuit prochaine.
Pour fêter ça, une petite pom’potes est de mise.

 


BREVE DE CHARRUES
« - Qu’est-ce qui est le mieux pour l’estomac ? Le lait ou le jus  de pomme ?
- LA BIEEEERE ! »


 

Le dimanche, le premier concert commence plus tôt mais c’est bon pied bon œil (#FAUX) que je suis à poste à 14h pour La Femme (Carhaix, 2013).

Ils débarquent sur une musique de féria, sapés comme à Bayonne, tous en rouge et blanc.
Ils font évidemment le show comme à leur habitude. Un fusible claqué vient gripper la machine, ce qui leur donnera l’occasion d’entonner « Un petit navire », un choix audacieux.

Ils sont accompagnés de deux danseuses et un danseur burlesques, qui changent de « tenues » au fur et à mesure des morceaux, complétant le spectacle d’une façon tout aussi décalée.
Au milieu du set, pour affirmer leur identité basque (tout en précisant que la chanteuse est quimpéroise #breizhatao) et leur sens du défi, ils lancent un paquito géant dans le public. Un franc succès.

Un rappel en forme de blague, Sacha seul à la guitare, sur une chanson de féria (dont je ne me rappelle plus le nom). Validé.

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La journée avait bien commencé, la fatigue me rattrape malgré tout très vite et je confesse avoir fermé les paupières un instant devant Seasick Steve

Vieux bluesman rocker américain, à la voix rocailleuse, tu l’imagines bien à côté de sa moto, faisant une pause dans une station Texaco au bord de la route 66, flasque de whisky vissée à la main.
Un poil dragueur, un peu touchant, il va dans le public choisir une jeune fille en fleur (littéralement, elle avait une couronne de fleurs dans les cheveux) pour lui chanter une chanson d’amour.

Il finit son set en retournant se plonger dans le public, et vu que les écrans ont coupé la retransmission vidéo, pour ce qu’on en sait, il y est toujours…

 

Je teste FFF de loin, tout en sachant qu’un groupe qui se nomme Fédération Française de Funk a environ 90% de chance de ne pas me plaire.
Et puis c’est con mais pour moi, Marco Prince et Yarol Poupaud c’est les mecs de la Nouvelle Star (et le frère de Melvil Pourpaud)…

 

Donc je migre vers KillASon (Dogville, 2017). Il doit mourir de chaud dans son manteau de fourrure, mais la classe n’a pas de prix.

J’avais oublié à quel point il est agréable de le voir se mouvoir. Danseur hip-hop à la base, c’est un élastique monté sur ressort, ce qui est parfaitement raccord avec son électro hip-hop teinté d’égotrip.
Et par bonheur, à la différence de Marlon de La Femme, il n’a pas abandonné l’idée de se mettre torse nu à la moitié du set. Merci pour nous.

 

C’est l’heure de Matmatah (Carhaix, 20?). Qui est la fierté de la Bretagne mais contre lesquels on a quelques griefs suite à leurs adieux à la scène il y a 10 ans, pendant lesquels ils avaient omis de jouer leurs tubes.

Ils débutent avec 4 nouveaux morceaux de leur nouvel album. Ca commence mal.

Tristan tente la blague : « La dernière fois qu’on est venu à Kerampuilh, on avait dit que c’était pour nos adieux. On vous a bien eu hein !? ». Ouais ouais, fais pas trop le malin et chante Lambé an dro bordel !
Je suis restée le temps de l’entendre, de sentir le sol vibrer (il devait y avoir environ 92% du public présent le dimanche devant Glenmor pour eux), de chanter Emma par cœur, de me souvenir de La Cerise et d’une information à mettre Au conditionnel.

 

Je vais voir Radio Elvis. Je me redis, comme depuis un an, que ça serait pas mal que j’écoute vraiment leur album. Ca m’aurait permis de connaître les paroles et, peut-être, de trouver ça un peu moins chiant.
Ils ne sont pas les seuls fautifs, mon corps fait sa précieuse.

J’aime bien la voix, le style du chanteur : un air d’intellectuel rockeur des années 60, qui ne va pas sans un petit côté poseur potentiellement agaçant.
À creuser donc, on en reparle dans un an.

 

Je retourne vers Kerouac, je n’entends rien, je me demande si le concert de Paolo Conte a été annulé sans que j’ai l’info, mais non. C’est juste extrêmement calme.
Sans doute très beau, il était avec des musiciens (cordes etc.) qui avaient l’air talentueux, mais j’avais vraiment pas la foi de m’y plonger.

 

Donc je vais me placer pour Macklemore et Ryan Lewis, ceux qui me font tenir depuis le début de la journée !

J’ai 30 minutes à attendre et je bug complètement en regardant la diversité des gens (quand je dis « diversité » on s’entend hein, c’est globalement blanc tout de même), en m’émouvant devant 2 jeunes hommes qui retrouvent leurs parents le temps d’une bière, en repensant aux deux autres qui dansaient avec leur mère, en mesurant l'harmonie qui flotte dans l'air.

[JEU] Sauras-tu retrouver tous les téléphones cachés dans cette image ?

[JEU] Sauras-tu retrouver tous les téléphones cachés dans cette image ? 

POPOPOPO ! Les lumières crépitent, les enceintes tremblent, le concert est lancé !
C’est là que tu te rends compte que le mental est plus fort que le physique, et que tu peux trouver des ressources insoupçonnées pour jumper, danser, chanter, sourire, hurler.

Ils ont une énergie de dingue, ils ont des danseurs pour ambiancer le set à la ricaine, Ryan Lewis est d’une nonchalance classieuse des plus agréables, Macklemore bouge merveilleusement, leur batteur/trompettiste/couteau suisse, Budo, est un lutin rebondissant.

Il y a du second degré, de l’amour, des bons sentiments, et un flow de dingue.

Quand ils balancent Can’t hold us, un nuage de poussière s’élève soudain au dessus de la prairie et on ne voit quasiment plus la scène.
Quand Eric Nally débarque pour le feat sur Downtown, l’hallu est totale devant cette tige qui fait des sauts périlleux en chantant (quasiment). 

Ils finissent 15 minutes plus tôt que prévu, mais contrairement à M.I.A on ne leur en voudra pas une seule seconde car le concert était génial, ils interagissent à fond avec le public et artistiquement (qu’on aime ou pas), c’était pas du foutage de gueule.

Macklemore se fait un bain de foule avant de repartir, avec un peu de chance il a retrouvé Seasick Steve au passage.

(Ce clip est incroyable.)

 


BREVE DE CHARRUES 
« Quel est le dessert préféré de Renaud ? LA TARTE TATIN ! »
(Ce à quoi j'ai rétorqué : « Quelle est la boisson préférée de Rihanna ? LE RHUM POMME ! »)


 

J’ai eu un peu de mal à m’extraire de la foule galvanisée après ce concert, en repartant, au soleil couchant rejoindre ma voiture et l’Ille-et-Vilaine #blues 

La bulle carhaisienne a, une fois de plus, remplie à merveille son rôle de cure de bonheur.
On n’est pas à l’abri de refaire 4 jours l’année prochaine…

 

BONUS TRACKS

Suite à la suggestion diablement tentante d'un lecteur (merci !), vous trouverez ci-dessous la première playlist Spotify OEVIPEDLM (On est venu ici pour écouter de la musique) (je sens que niveau acronyme percutant j'ai encore un peu de taf) regroupant mes crushs live de l'été.
Si ça peut vous rendre + heureux et/ou + productifs au boulot, ce sera toujours ça de gagné niveau karma.
(Je les ai rangé chronologiquement, alors niveau enchaînement, il y a moyen que ça pique un peu)

 

Mais t’es où ?

[Vianney feat mon téléphone]

VIEILLES CHARRUES, JOUR III

 

Samedi matin, il fait chaud chaud chaud et mes comparses décident d’aller prendre une douche.
Les gens s’embourgeoisent passé 30 ans c’est hallucinant…

Moi et ma crasse en profitons pour acheter une casquette Le Télégramme (j’ai oublié la mienne…) avant de faire un tour dans le nouvel espace inauguré cette année : le park du château. Il y a quelques stands de bouffe et boissons, des faux parasols, quelques fanfares qui animent la matinée, et une grande roue (gratuite, je l’apprends plus tard…).

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Le temps d’un café, mes srabs (ouais, tant qu’à être dans le délire rap français, j’y vais à fond) se pointent et on file au bourg manger des tacos dans une crêperie #exotisme.
Un groupe joue de la musique irlandaise #uileannpipe, c’est pas désagréable.

 

Je retourne au camping faire une bise à la sista #QLF avant de rejoindre la horde de fanatiques qui vont voir Vianney.

Je ne vous cache pas que j’ai été reniée une deuxième fois avant ce concert. C’est pas possible d’être élitiste à ce point…

Alors oui, j’aime plutôt Vianney. Je n’aurais jamais été le voir en concert, du coup là c’était l’occasion. Et, haters gonna hate, j’ai kiffé… Le mec tient Kerouac, seul avec sa guitare, il a une super voix, il fait une reprise de Caroline de MC Solaar en mode ragga, il est chouchou, des milliers de gens chantent en chœur, il fait beau, ce serait très con de bouder son plaisir !

 

C’était au tour de Camille de se lancer. Je sais qu’elle est hyper douée, je lui reconnais tout le talent du monde, mais j’y peux rien, ça ne me touche pas.
(Sans compter qu’elle est pied nus sur scène et ça… C’est assez rédhibitoire) (surtout quand, de ce fait, elle ne peut aller sur l’avant de scène parce que le sol est brûlant)

C’était quand même un peu marrant quand elle fait monter une dizaine de personnes du public pour danser la bourrée.

 


BREVE DE CHARRUES

« Au Hellfest, le panier moyen est plus élevé »


 

J’enchaine avec Colorado (Dogville, 2017), des briochins qui font de l’électro un peu pop que j’aime beaucoup. Alors forcément, à 17h en plein soleil c’était pas l’idéal, mais ça a conforté mon opinion. 

 

Vers 18h c’est un peu le ventre mou, j’ai retrouvé les copains (heureusement l’alcool leur pète la mémoire, ils ne se souviennent pas longtemps de mes fautes de goût) (ou juste ils sont assez gentils pour faire semblant d’oublier), on jette un coup d’œil à Naïve New Beaters (Carhaix, 2012) toujours barré et festif.
David Boring incite les gens à se mettre debout sur les épaules de leurs potes, car il constate que c’est la mode cette année (je ne comprends pas comment on peut avoir autant d’équilibre).

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À 19h, je vais me placer idéalement pour Royal Blood (Bristol, 2014), c'est-à-dire pas trop près car je fuis les pogos, mais pas trop loin pour être au beau milieu de l’ambiance.
Bon. Autant vous dire que s’ils remplissent des stades anglais en moins de 2h, en France c’est pas encore des superstars. Je finis par être près sans être bousculée une seule fois.

Cela n’entache en rien le kiff total du set. Les mecs, ils sont deux, ils se pointent, ils te démontent les genoux et ils repartent avec les rotules sous le bras.

Le batteur se fait plaisir en venant choper le tuyau d’arrosage d’un des agents de sécu pour inonder la foule de flotte avec un petit air narquois. Puis repart consciencieusement tabasser son instrument.

L’Angleterre me manque putain…
(Du coup depuis j'y suis retournée une semaine) (pour, entre autres, acheter le dernier album de Royal Blood) 

 

Impossible de rester sobre après ça (on est d’accord que les 2 bières du petit déjeuner ça ne compte pas ?). Une pinte bordel ! Ca tombe bien, il y a un apéro au soleil en écoutant Clément Bazin (Paris, 2016). Son beatmaking à base de steelpan est parfait pour cet instant (globalement c’est toujours agréable).

 

On se bouge tout de même pour aller jeter une oreille à Kery James et je regrette à fond de ne pas avoir été devant et/ou de connaitre les paroles.
Un puriste aura passé les heures suivantes à cracher sa déception mais perso j’ai trouvé ça très cool, il était méga classe avec ses gants de boxes rouges sang,  ça m’a donné envie de me plonger dans sa discographie (pas uniquement parce qu’il a chanté 2 fois le morceau « Le 2-9 c’est le Barça ! »).

 

Notre éloignement nous aura permis de nous placer facilement pour le concert d’Arcade Fire (Carhaix, 2007) sur Glenmor.

Soyons clairs, haters gonna hate again, je ne suis pas une grande fan des canadiens. Mais bon, ça ne coûte rien de tenter à nouveau. Ca m’aura en plus de gagner des points de karma en « sauvant » une meuf en détresse.
D’ailleurs c’est là que je me rends compte de l’état d’esprit altruiste dans lequel me plonge les Vieilles. D’ordinaire, une personne qui me tombe dans les bras en chialant « j’ai perduuuuuuu mes potes, et j’ai pluuuuus de batteriiiiiiie, et je sais paaaaaas où je dooooors », je la laisse s’écraser par terre en me disant que c’est pas possible d’être aussi conne.

Bref, au-delà de ce psychodrame, je ne peux pas dire que j’ai été totalement convaincue, même si la deuxième partie du set m’a plus plu (mon appréciation a pu être influencée par le nombre de centilitres de Vodka-Get-Perrier ingéré au fur et à mesure du concert) (normalement je ne bois pas mais il faut bien avouer que j’ai eu vachement moins mal au dos ce soir-là…).

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J’étais trop motivée pour enchainer avec M.I.A., une de celle que j’attendais vraiment de voir sur Kerampuilh.

Ah ben mes amis… La déception fût à la hauteur… C’était nuuuuul (encore + que Kungs) ! Elle a démarré 10 minutes en retard, fini 20 minutes en avance, baclé Paper Planes, usé du playback, exploité ses choristes. Un scandale.

Je ne m’étendrais pas, POUCE EN BAS.

 

Grosse pression sur Jean-Michel Jarre pour finir la soirée en beauté.

Je dois dire que c’était pas mal. Une jolie scéno, de belles mélodies, pour un mec de 60 ans qui doit assurer le dernier set du samedi soir aux Vieilles, il a bien géré.
Evidemment il parlait beaucoup plus entre les morceaux que d’autres artistes électro plus jeunes (j’ai bien aimé son petit laïus sur Edward Snowden) mais ça passait plutôt pas mal.

À la moitié du set on est parti voir  (il y a parfois des choix à faire), et sans faire de mauvaises blagues (pas le genre de la maison), mes deux derniers camarades étaient assez raccords.

 

Je vous épargne le trajet du retour, l’important est que nous soyons tous trois arrivés sains, saufs et debout dans nos tentes respectives. 

01 août 2017

We have candy

[Die Antwoord feat Jampi]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

 

Cette première nuit de camping m’aura rappelé à quel point il est désagréable d’avoir froid quand on tente (ahahahah) de dormir.

Pain au chocolat, pompote, sieste, cousinade, lecture des jeux de mots du Télégramme, découverte de techniques originales d’orientation (« J’ai quadrillé le terrain, j’ai repéré les tours des campings 7, 8 et 9 qui font un triangle équilatéral et j’ai planté ma tente à l’épicentre. Je suis sûr de ne pas me perdre !! » #optimisme).

 

il est l’heure d’aller sur le site manger une crêpe et une glace Jampi chocolat/sablé breton (tradition oblige, c’pas facile) en écoutant le Celtic Social Club de loin.

À chaque morceau, les mecs commencent de la même manière : « L’année dernière on était en tournée en Algérie/Mongolie/Sénégal, on a rencontré le meilleur joueur de derbouka/chanteur de polyphonie/beatboxeur, et il est AVEC NOUS AUJOURD’HUI ».
Perso, je ramène des cartes postales de mes voyages, mais chacun son truc.

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Comme le chauvinisme n’a jamais tué personne (comment ça « SI ! » ?), nous filons voir la quimpéroise Sônge (Dogville, 2016). Je suis curieuse de voir comment elle va adapter sa scéno, conçue pour le noir d’une salle de concert, à un festival en plein jour.

Tout simplement : elle ne l’adapte pas. Toujours très inégal, elle a vraiment quelque chose (Lupus est cool), tu sens que y’a du potentiel, mais pour l’instant c’est flou, la construction du live est bancale et on reste sur sa fin.
Cela dit, à 19 ans, elle a une bonne marge de progression.

 

Les Dropkick Murphys sème la révolte sur Glenmor et je suis dégoûtée de découvrir leur existence seulement à cet instant. Pour les fans, ça devait être mortel !
Ils sont américains, quasi irlandais, ils font du punk celtique et apparemment le Stade Rennais fait entrer les joueurs sur un de leurs morceaux.
Je vais donc approfondir!

 

Ensuite dans le duel avec Bachar Mar-Khalifé (Crozon, 2016), j’opte pour Faada Freddy.

Excellent choix, je ne connaissais pas du tout (au-delà des retours de personnes diverses), j’ai été agréablement surprise de découvrir qu’il chantait sur des instrus a capella de 5 choristes/beatboxers/percussionnistes corporels.
Assez bêtement je pensais que c’était de la world (= j’aime pas), alors que c’est plutôt de la variété bien faite. La reprise de Pump it des Black Eyed Peas, sans instruments donc, est proprement hallucinante !

C’est le sourire aux lèvres (Faada Freddy ou le Rhum Bologne, on ne sait pas trop…) que nous nous apprêtons à subir Renaud.

 


BREVE DE CHARRUES 

« C’est à quel heure le prochain concert ? Nickel, on a pile le temps pour une trace ! »


 

Je ne sais pas trop comment le formuler car ce serait moche de tirer sur l’ambulance, disons que nous avons assisté au crépuscule de la vie d’un homme. Qui tremble, qui lit son prompteur, qui tente de dédramatiser la situation avec humour, qui fait beaucoup de peine.

Alors nous sommes partis vers Grall pour le concert de Georgio, un jeune homme bien vivant et bien debout.

 

Unanimement, un grand coup de cœur de cette édition (« Tu vois, CA c’est du rap ! C’est pas comme ces bouffons de PNL… »). Moi qui suis en plein dans mon année de loveuse du rap francophone (coucou Columbine, Vald, Lomepal, Romeo Elvis etc.), j’étais ravie !
Il a un flow nickel, des textes qui méritent d’être écoutés et surtout, il joue avec des musiciens live ! (dont Waxx, le bassiste du Comité des Reprises et d’Alison Wheeler)

 

 

De loin j’entends « C'est la Champions League !! 75 c'est la Champions League !! » de MHD (Dogville, 2016) mais j’ai plus de 16 ans, je vais voir Super Parquet (Dogville, 2016).

La musique auvergnate et la vielle à roue se marient merveilleusement avec les rythmes électro, le public fait des rondes sans fin, entre fest-noz et bourrée, il y a quelques chose d’un peu mystique dans les boucles traditionnelles, la nuit tombe, les étoiles brillent.

 

Après ça, on change d’ambiance en débarquant au beau milieu du set de Phoenix (Carhaix, 2010).
J’ai souvenir assez doux, d’une danse au coucher du soleil, virevoltant sur Kerampuilh, quelques minutes avant le départ, un dimanche soir.
J’ai aussi un souvenir un peu chiant, de morceaux trop longs et de charisme mou. Je vous laisse deviner lequel a été conforté….

 

Du coup, on va se placer pour Kungs où la foule est déjà compacte.
En lisant dans le programme « À 5 ans, Kungs sort ses premières notes de musique d’un djembé », on aurait du se méfier (soit le rédacteur est au-delà du millième degré, soit il est sourd).

Alors, loin de moi l’idée de le crucifier en haut du totem du bar 8, mais putain la kermesse quoi…

C’était nuuuuul ! Si c’est pour remixer au cutter du Gala, du Corona, du MGMT ou du Flume, c’est pas la peine de venir aux Vieilles hein, la fête de la langoustine du Guilvinec fait très bien l’affaire (et je peux vous dire que ça draine du monde) !

 


BREVE DE CHARRUES
« - Tu connais l’histoire du zoophile qui entre dans un bar ?
- Non
- C’est un zoophile qui entre dans un bar. »


 

Je mets 45 minutes à réaliser l’ampleur du désastre et à réussir à fuir le magma dansant pour arriver devant Grall, entendre « We are Vintage Trouble, thank you ! » et les voir se barrer de scène. Mauvais timing.
D’autant que je ne retrouve plus personne, qu’il fait 10°C (température ressentie -10°C) et qu’il reste 40 minutes à attendre avant Die Antwoord, qu’il n’est même pas question de manquer.

Je me roule en boule, je pense aux Caraïbes, je prends mon mal en patience, jusqu’à ce que les écrans de Glenmor s’allument et que le message « Play it » palpite.

À partir de là, c’est une dinguerie qui opère. Une pyramide d’écrans/cubes de 10m de haut, sur lesquels Ninja, Yolandi et leurs danseurs font des bonds, surplombée par le producer, entourée des deux écrans latéraux qui participent au VJing global.
C'est des bêtes de scène avec un show méga rodé (changement de tenues tous les 2 morceaux, interaction avec le public, montrage de fessiers etc.) qui emporte tout sur son passage.

Si vous n’avez jamais vu Die Antwoord, allez-y sans crainte. Personnellement je ne connais pas particulièrement leur musique mais le live est dantesque.

 

 

Je rentre au camping en claquant des dents, des petits poignards s’enfonçant dans mon dos vieilli, la montée du camping 8 finissant de m’achever.

(Je viens de remplir le questionnaire de satisfaction du festival, j’ai oublié de suggérer un tire-fesses…)

23 juillet 2017

La mif sous un soleil plein

[PNL feat les miens]

VIEILLES CHARRUES, JOUR I 

 

Carhaix, ici Carhaix ! 4 jours d’arrêt !
C’est reparti pour un tour et cette année je ne fais pas ma mauviette, je me fais la totale.

(ALERTE snobisme/slapette, pour chaque artiste que j’ai déjà vu, je préciserai l’année et le lieu de la 1ère fois)

 

Harnachée de mon sac de rando, qui pèse au bas mot 15 tonnes, je m’attaque au parcours du combattant pour récupérer mon pass et rallier le camping.
Sur le chemin je croise un mec dont la tête me dit quelque chose. Après vérification dans le journal, c’était bien Michel-Édouard Leclerc #WTF

 

Cette année, jauge complète et arsenal anti-terroriste obligent, les accès du festival ont changés.
« Ah non, ici c’est réservé aux campeurs bénévoles ! Vous voyez ce petit chemin escarpé en terre et pierres ? Pour vous c’est par là ! »
Par curiosité, je viens de regarder le trajet sur Google Maps, y’a quand même plus de 2 bornes entre ma voiture et la nouvelle entrée du camping.

 


BREVE DE CHARRUES
«  Ca ouvre à quelle heure le site ? Non mais bon, si on venait pour les concerts, ça se saurait… »


 

Autant vous dire que je suis arrivée devant la foule d’attente un peu en nage. Cela dit, l’heure et quart à patienter pour la fouille m’a permis de bien reprendre mon souffle.

Heureusement, les copains avaient eu la judicieuse idée de se poser dans le premier camping à l’entrée. Je parcours quelques mètres avant d’entendre « KLERVIIIIIIII ! » et de voir arriver mes cousins. Les Vieilles, ce petit monde, cette grande famille #QLF.

Pour le premier concert de cette édition, je rejoins ma mère (#QLF je vous dis).
Talisco (Marseille, 2014) est sur Kerouac, c’est pas mal, même si ça lui sied mieux de jouer dans des petites salles je trouve.

 

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Les copains sont déjà forts en jambe grâce à des ti punch de Rhum Bologne quand nous nous dirigeons vers Deluxe (Nice, 2012). J’aurais peut-être du les suivre sur cette lancée pour contrer mes a priori, car décidément, ça ne me convainc guère. Je leur accorde le sens du show et des costumes mais musicalement c’est un peu la kermesse.

De toute façon, je me barre voir Shame (St Malo, 2017) sous le chapiteau Gwernig.

La scène fait 30 cm de hauteur, je suis donc à cette distance de Charlie Steen qui m’avait déjà totalement ravi cet hiver.
Rien à redire, c’est royal, je me croirais dans un pub, ça fait du bien de pouvoir vivre cette proximité dans un festival tel que les Vieilles Charrues !

S’ils ne sont pas cramés avant (et je les pense suffisamment intelligents pour ne pas tomber dans le piège), on devrait logiquement les revoir sur Grall ou Kerouac dans quelques années.

 

 

(Et pendant ce temps-là, comme tous les ans depuis la nuit des temps, -M- chante Mama Sam…..)

 

Je retrouve les caribéens pour Alltta, le nouveau duo de 20syl (Hocus Pocus / C2C) qui vogue entre hip-hop et électro. C’est assez inégal. Des morceaux vraiment enthousiasmants, avec de bonnes instrus (un petit sample de Son Lux <3 ) associées au flow de Mr J. Medeiros, et d’autres plus incertains.

C’est quand 20syl annonce que son premier concert aux Vieilles date d’il y a 15 ans qu’on se rend compte que c’est également notre 15ème édition à Carhaix. Du coup on a signé (avec notre sang) pour les 15 prochaines (si on en tient 5, ce sera déjà une belle perf).

 

Sur ce, en parlant d’il y a 15 ans, on va se placer pour Manu Chao (Crozon, 2003).
J’ai réécouté mon CD du live la semaine précédente et je connais encore tous les morceaux par cœur, je suis prête !

Il n’y a pas tous les musiciens de Radio Bemba sur scène, mais on reconnait les têtes, parsemées de quelques cheveux blancs supplémentaires. De là où on est, le son n’est pas ouf (les voix sont quasi inaudibles), l’ambiance n’est pas dingue dingue et M. m’achève en déclarant « Non mais j’adore hein, mais c’est passé… ».

Force est de constater… Qu’on se barre à Gwernig pour voir Meute. Et qu’on n’a pas regretté une seule seconde. Déso Manu, besos.

 

C’est une fanfare allemande qui reprend des morceaux électro. Le pitch ne me vend clairement pas de rêve d’emblée, et pourtant ! Eux aussi ont opté pour Son Lux quand j’arrive, avant d’enchainer avec du Flume, du Daft Punk, du Laurent Garnier, avec un grand talent.

Belle découverte !

 


BREVE DE CHARRUES

« Qu’est-ce qui est jaune et qui attend ? »


 

On poursuit avec Otzeki, qui dispose d’un créneau un peu étrange compte tenu de leur musique souvent planante. J’ai du mal à me mettre dedans au départ, alors qu’au coucher du soleil ça aurait été parfait.

Le moins qu’on puisse dire c’est que le chanteur est habité, et quand il descend dans le public en passant à côté de moi, je me rends compte que c’était mon voisin de concert de Shame. C’est beau ce soutien entre groupes brittons.

Je suis plus impliquée la deuxième moitié du set, je recommande l’album, je veux les revoir ailleurs. 

 

Depuis le début de la journée, et même depuis que j’ai envoyé mon planning prévisionnel, je suis en passe d’être reniée car je souhaite voir PNL (Paris, 2016).

Après avoir pris acte de la première défection (bouuuuuh), ris sous cape en entendant un « Vas-y on va voir PLS ! », je finis par en convaincre un de venir avec moi. Qui me sème fourbeusement au beau milieu de la prairie 5 minutes plus tard.

Leur scéno a évoluée depuis l’année dernière (on pouvait difficilement faire plus sobre que 2 mecs, sapés en blanc, sans musiciens ni décors ni lumière), il y a deux écrans sur lesquels ils jouent aux ombres chinoises ou passent leurs clips.
Je suis la seule  à ne pas connaître les paroles par cœur (et probablement la seule personne de + de 20 ans à être là de mon plein gré) (coucou les parents accompagnateurs !), même si je me fends d’un petit « OUAIS OUAIS OUAIS OUAIS OUAIS LE MONDE OU RIEN ! ».

 

Mes copains de camping acceptent de me révéler leur position pour que nous assistions au concert de Justice (Carhaix, 2007) ensemble (ils sont quand même un peu tolérants).

Comme d’habitude, ça tabasse assez inutilement (ce n’est que mon point de vue), ils sont assez détestables (ce n’est que mon point de vue), et le plan de feux est cool.
Le climax du set sera un mannequin challenge de 5 minutes à 2, assez ridicule (ce n’est que mon point de vue), suivi d’une version pétée (ce n’est que mon point de vue) de We are your friends.

 

Peut-être que la fin était mieux, je ne le saurais jamais.

29 juillet 2016

I wanna dance with you

[Odesza]

VIEILLES CHARRUES, JOUR III

Dimanche je suis tirée de la tente dès 9h30 car il est déjà l’heure de plier les gaules pour la majeure partie de la troupe. Je fais de même, histoire d’aller poser le barda dans la voiture et tracer la route après les concerts du jour.*
C’est à cet instant, après 12 éditions, que mon rêve le plus cher des Vieilles Charrues se réalise : avoir un sherpa pour porter mes affaires entre le camping et la bagnole (merci).

Nous prenons le petit dèj dans un nouveau resto du centre bourg qui propose une formule crêpe + baguette à volonté pour 5€. A côté de ça faut se taper l’humeur relativement aigre de la tenancière mais ça reste une bonne opération niveau qualité/prix.

 

Dimanche nous ne sommes plus que deux à 13h30 devant la file d’entrée immense de Kerampuilh quand Météo France nous annonce un petit 30°C estival. (Je vous rappelle que nous sommes dans un département où le plan canicule est déclenché dès qu’on dépasse les 23).

Je vais l’écrire ici en me disant que ça vaut pour confession et donc absolution : nous avons honteusement grillé toute la queue. Bon, en même temps ça fait chier d’attendre quand t’as un pass 3 jours, à cause de toutes ces familles qui se pointent aujourd’hui juste pour voir Louane… #snobisme

Les réflexions météorologiques pleuvent (ce sont bien les seules) et ne laissent pas trop de doutes quant à la provenance géographique des spectateurs : « Putain j’en peux plus de ce soleil… » « Sale temps pour les roux ! » « Non franchement le mieux c’est quand y’a un petit crachin rafraichissant ».

Cala dit, par curiosité, je voudrais bien connaitre le nombre de mélanomes nés de cette édition…

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A 14h nous sommes devant Jain, qui tient Kerouac seule en scène avec une énergie de dingue.
Un très bon concert, une belle attitude, ça loop avec des spectateurs, ça jumpe, ça chante, ça sourit, et ça finit avec l’artiste dans une grosse bulle en plastique qui marche sur le public, assez fou !

 

Gros coup de frein dans l’enthousiasme général car c’est Denez Prigent qui prend la suite sur Glenmor. J’aime bien, j’ai été élevée au son de ses albums, mais comment vous dire..?
Le type est un poil austère et c’est le genre de concert dont tu sors généralement avec l’envie de te pendre après avoir entendu 12 gwerzioù qui parlent d’enfants morts bercés par leur père dans leurs linceuls.
Il aura tout de même souri et demandé au public de taper dans les mains, ce qui me pousse à croire que quelqu’un avait dû mettre quelque chose dans son verre à midi.

Son accent, en tout cas, me réjouit, comme celui de beaucoup de festivaliers que je pourrais écouter parler pendant des heures, juste pour avoir le sentiment réconfortant d’être à la maison.

 

On se place idéalement pour Jake Bugg, c’est-à-dire devant, près du canon à eau.

Le set est nickel, Jake est mignon tout plein sous ses Ray-Ban, on dirait qu’il vient de fêter sa quinceanera ! J’ai tout de même l’impression d’entendre les albums à la note près et l’ensemble manque d’un petit supplément d’âme qu’il rodera peut-être avec un peu + de bouteille.

En le regardant, j’imagine un test live de groupes inconnus sur lesquels je devrais déterminer s’ils sont anglais ou pas (sans le son du coup aussi, parce que l’accent est traître) (oui c’est ça, un concert de mimes).

Et pendant ce temps-là, le responsable du canon à eau craque complètement et nous arrose pendant un bon quart d’heure sans s’arrêter. C’est-à-dire qu’on se serait baignés tout habillé, ça aurait été la même.
Pour vous donner une idée : on avait les doigts fripés… 

 

Ensuite on fait une pause bien méritée (je suis déjà en souffrance du dos) parce que quand t’as le choix entre Louane et Lily Wood and the Prick, clairement tu optes pour la paëlla.
C’est l’occasion d’exposer nos désideratas pour la prochaine édition, il est Beyonce, je suis Rihanna, nous tombons d’accord sur Eminem (et Daft Punk évidemment, l’arlésienne du festival).

 

On se relève pour Las Aves dont j’aime plutôt l’album.
Bon.
Je pense que j’avais déjà un a priori avant de les voir, à force d’avoir lu beaucoup d’articles et d’interviews, je trouve ça un peu prétentieux. Principalement la chanteuse qui a l’air de bien se kiffer. Je suis néanmoins consciente de ne pas être totalement objective donc je réserve mon avis à plus tard.

 

Je traine mon compagnon d’infortune (désolée) vers Nekfeu que nous ne verrons pas, tellement la foule est dense et parce qu’ils ont eu la bonne idée de couper la retransmission sur les écrans de Glemnor. Ça avait l’air tout à fait plaisant pourtant, avec la participation du S-Crew et un gros lâchage de serpentins/cotillons.

(Nekfeu a d’ailleurs abandonné son atroce teinture blond platine, ce qui est, en soi, LA bonne nouvelle de la journée) (le mec s'appelle déjà Ken, faut pas pousser la blague trop loin)

 

Au moins nous sommes déjà en place pour Lana Del Rey, dont le concert sera ponctué d’adieux déchirants avec mon seul camarade restant qui préfère aller voir Too Many Zooz et qui n’a même pas le courage de rester pour Odesza (bouuuuh !).

Il y a des arbres et des rideaux en velours sur scène, le show est filmé en noir et blanc et Lana entre, baby doll à la robe blanche avec une couronne de fleurs dans les cheveux et aux minauderies calculées. Ça pourrait être too much mais l’ensemble est tellement bien assumé que je me laisse prendre au jeu.

J’aime bien l’ambiance que ça installe, au coucher du soleil, sur la prairie, elle chante très bien (pour ceux qui douteraient encore), se fend d’un passage de quasiment 10 minutes dans le public pour faire des bisous, des selfies et signer des vinyles, je trouve ça assez classe. Même s’il y a des moments de flottements où l’ennui se fait un peu sentir.

Un bémol tout de même sur les deux choristes cruches qui l’accompagnent dont la participation n’est vraiment pas valorisante pour la gent féminine…

 

Impossible de partir à 22h, il me faut un dernier set qui envoie (et un nouveau dos, si jamais quelqu’un a un plan), donc MOI, je vais voir Odesza ! Ce qui est un très bon choix pour danser de manière désordonnée et terminer ces trois jours dans la ferveur.
D'ailleurs, je me rends compte que je n'ai pas parlé du tapis de lasers qui couvrait le site et faisait comme une structure au dessus de la prairie, c'était très réussi !

Dans Carhaix, c’est Lambé an Dro de Matmatah qui m’accompagne jusqu’à ma voiture, le sourire plaqué sur la face à l’idée de m’asseoir au souvenir de ces 72h délicieuses.

 

Les Vieilles Charrues c’est une sorte d’auberge espagnole, on trouve ce qu’on y apporte. C’est à dire essentiellement de la bière en fait... Mais aussi beaucoup de plaisir, d’amour, de bonne humeur, de lâcher prise et de tolérance.

Lundi je renais au monde réel, c’est assez moche et je vais moucher de la terre pendant trois jours.

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*Ce paragraphe est sponsorisé par les amateurs de vocabulaire des années 70.