Klervi / Vikler

03 août 2017

Vous allez mourir.

[La Femme feat mon dos]

VIEILLES CHARRUES, JOUR IV

 

J’avoue qu’en ce dernier jour de festival, ma première pensée positive va pour mon lit que je retrouverai la nuit prochaine.
Pour fêter ça, une petite pom’potes est de mise.

 


BREVE DE CHARRUES
« - Qu’est-ce qui est le mieux pour l’estomac ? Le lait ou le jus  de pomme ?
- LA BIEEEERE ! »


 

Le dimanche, le premier concert commence plus tôt mais c’est bon pied bon œil (#FAUX) que je suis à poste à 14h pour La Femme (Carhaix, 2013).

Ils débarquent sur une musique de féria, sapés comme à Bayonne, tous en rouge et blanc.
Ils font évidemment le show comme à leur habitude. Un fusible claqué vient gripper la machine, ce qui leur donnera l’occasion d’entonner « Un petit navire », un choix audacieux.

Ils sont accompagnés de deux danseuses et un danseur burlesques, qui changent de « tenues » au fur et à mesure des morceaux, complétant le spectacle d’une façon tout aussi décalée.
Au milieu du set, pour affirmer leur identité basque (tout en précisant que la chanteuse est quimpéroise #breizhatao) et leur sens du défi, ils lancent un paquito géant dans le public. Un franc succès.

Un rappel en forme de blague, Sacha seul à la guitare, sur une chanson de féria (dont je ne me rappelle plus le nom). Validé.

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La journée avait bien commencé, la fatigue me rattrape malgré tout très vite et je confesse avoir fermé les paupières un instant devant Seasick Steve

Vieux bluesman rocker américain, à la voix rocailleuse, tu l’imagines bien à côté de sa moto, faisant une pause dans une station Texaco au bord de la route 66, flasque de whisky vissée à la main.
Un poil dragueur, un peu touchant, il va dans le public choisir une jeune fille en fleur (littéralement, elle avait une couronne de fleurs dans les cheveux) pour lui chanter une chanson d’amour.

Il finit son set en retournant se plonger dans le public, et vu que les écrans ont coupé la retransmission vidéo, pour ce qu’on en sait, il y est toujours…

 

Je teste FFF de loin, tout en sachant qu’un groupe qui se nomme Fédération Française de Funk a environ 90% de chance de ne pas me plaire.
Et puis c’est con mais pour moi, Marco Prince et Yarol Poupaud c’est les mecs de la Nouvelle Star (et le frère de Melvil Pourpaud)…

 

Donc je migre vers KillASon (Dogville, 2017). Il doit mourir de chaud dans son manteau de fourrure, mais la classe n’a pas de prix.

J’avais oublié à quel point il est agréable de le voir se mouvoir. Danseur hip-hop à la base, c’est un élastique monté sur ressort, ce qui est parfaitement raccord avec son électro hip-hop teinté d’égotrip.
Et par bonheur, à la différence de Marlon de La Femme, il n’a pas abandonné l’idée de se mettre torse nu à la moitié du set. Merci pour nous.

 

C’est l’heure de Matmatah (Carhaix, 20?). Qui est la fierté de la Bretagne mais contre lesquels on a quelques griefs suite à leurs adieux à la scène il y a 10 ans, pendant lesquels ils avaient omis de jouer leurs tubes.

Ils débutent avec 4 nouveaux morceaux de leur nouvel album. Ca commence mal.

Tristan tente la blague : « La dernière fois qu’on est venu à Kerampuilh, on avait dit que c’était pour nos adieux. On vous a bien eu hein !? ». Ouais ouais, fais pas trop le malin et chante Lambé an dro bordel !
Je suis restée le temps de l’entendre, de sentir le sol vibrer (il devait y avoir environ 92% du public présent le dimanche devant Glenmor pour eux), de chanter Emma par cœur, de me souvenir de La Cerise et d’une information à mettre Au conditionnel.

 

Je vais voir Radio Elvis. Je me redis, comme depuis un an, que ça serait pas mal que j’écoute vraiment leur album. Ca m’aurait permis de connaître les paroles et, peut-être, de trouver ça un peu moins chiant.
Ils ne sont pas les seuls fautifs, mon corps fait sa précieuse.

J’aime bien la voix, le style du chanteur : un air d’intellectuel rockeur des années 60, qui ne va pas sans un petit côté poseur potentiellement agaçant.
À creuser donc, on en reparle dans un an.

 

Je retourne vers Kerouac, je n’entends rien, je me demande si le concert de Paolo Conte a été annulé sans que j’ai l’info, mais non. C’est juste extrêmement calme.
Sans doute très beau, il était avec des musiciens (cordes etc.) qui avaient l’air talentueux, mais j’avais vraiment pas la foi de m’y plonger.

 

Donc je vais me placer pour Macklemore et Ryan Lewis, ceux qui me font tenir depuis le début de la journée !

J’ai 30 minutes à attendre et je bug complètement en regardant la diversité des gens (quand je dis « diversité » on s’entend hein, c’est globalement blanc tout de même), en m’émouvant devant 2 jeunes hommes qui retrouvent leurs parents le temps d’une bière, en repensant aux deux autres qui dansaient avec leur mère, en mesurant l'harmonie qui flotte dans l'air.

[JEU] Sauras-tu retrouver tous les téléphones cachés dans cette image ?

[JEU] Sauras-tu retrouver tous les téléphones cachés dans cette image ? 

POPOPOPO ! Les lumières crépitent, les enceintes tremblent, le concert est lancé !
C’est là que tu te rends compte que le mental est plus fort que le physique, et que tu peux trouver des ressources insoupçonnées pour jumper, danser, chanter, sourire, hurler.

Ils ont une énergie de dingue, ils ont des danseurs pour ambiancer le set à la ricaine, Ryan Lewis est d’une nonchalance classieuse des plus agréables, Macklemore bouge merveilleusement, leur batteur/trompettiste/couteau suisse, Budo, est un lutin rebondissant.

Il y a du second degré, de l’amour, des bons sentiments, et un flow de dingue.

Quand ils balancent Can’t hold us, un nuage de poussière s’élève soudain au dessus de la prairie et on ne voit quasiment plus la scène.
Quand Eric Nally débarque pour le feat sur Downtown, l’hallu est totale devant cette tige qui fait des sauts périlleux en chantant (quasiment). 

Ils finissent 15 minutes plus tôt que prévu, mais contrairement à M.I.A on ne leur en voudra pas une seule seconde car le concert était génial, ils interagissent à fond avec le public et artistiquement (qu’on aime ou pas), c’était pas du foutage de gueule.

Macklemore se fait un bain de foule avant de repartir, avec un peu de chance il a retrouvé Seasick Steve au passage.

(Ce clip est incroyable.)

 


BREVE DE CHARRUES 
« Quel est le dessert préféré de Renaud ? LA TARTE TATIN ! »
(Ce à quoi j'ai rétorqué : « Quelle est la boisson préférée de Rihanna ? LE RHUM POMME ! »)


 

J’ai eu un peu de mal à m’extraire de la foule galvanisée après ce concert, en repartant, au soleil couchant rejoindre ma voiture et l’Ille-et-Vilaine #blues 

La bulle carhaisienne a, une fois de plus, remplie à merveille son rôle de cure de bonheur.
On n’est pas à l’abri de refaire 4 jours l’année prochaine…

 

BONUS TRACKS

Suite à la suggestion diablement tentante d'un lecteur (merci !), vous trouverez ci-dessous la première playlist Spotify OEVIPEDLM (On est venu ici pour écouter de la musique) (je sens que niveau acronyme percutant j'ai encore un peu de taf) regroupant mes crushs live de l'été.
Si ça peut vous rendre + heureux et/ou + productifs au boulot, ce sera toujours ça de gagné niveau karma.
(Je les ai rangé chronologiquement, alors niveau enchaînement, il y a moyen que ça pique un peu)

 


Mais t’es où ?

[Vianney feat mon téléphone]

VIEILLES CHARRUES, JOUR III

 

Samedi matin, il fait chaud chaud chaud et mes comparses décident d’aller prendre une douche.
Les gens s’embourgeoisent passé 30 ans c’est hallucinant…

Moi et ma crasse en profitons pour acheter une casquette Le Télégramme (j’ai oublié la mienne…) avant de faire un tour dans le nouvel espace inauguré cette année : le park du château. Il y a quelques stands de bouffe et boissons, des faux parasols, quelques fanfares qui animent la matinée, et une grande roue (gratuite, je l’apprends plus tard…).

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Le temps d’un café, mes srabs (ouais, tant qu’à être dans le délire rap français, j’y vais à fond) se pointent et on file au bourg manger des tacos dans une crêperie #exotisme.
Un groupe joue de la musique irlandaise #uileannpipe, c’est pas désagréable.

 

Je retourne au camping faire une bise à la sista #QLF avant de rejoindre la horde de fanatiques qui vont voir Vianney.

Je ne vous cache pas que j’ai été reniée une deuxième fois avant ce concert. C’est pas possible d’être élitiste à ce point…

Alors oui, j’aime plutôt Vianney. Je n’aurais jamais été le voir en concert, du coup là c’était l’occasion. Et, haters gonna hate, j’ai kiffé… Le mec tient Kerouac, seul avec sa guitare, il a une super voix, il fait une reprise de Caroline de MC Solaar en mode ragga, il est chouchou, des milliers de gens chantent en chœur, il fait beau, ce serait très con de bouder son plaisir !

 

C’était au tour de Camille de se lancer. Je sais qu’elle est hyper douée, je lui reconnais tout le talent du monde, mais j’y peux rien, ça ne me touche pas.
(Sans compter qu’elle est pied nus sur scène et ça… C’est assez rédhibitoire) (surtout quand, de ce fait, elle ne peut aller sur l’avant de scène parce que le sol est brûlant)

C’était quand même un peu marrant quand elle fait monter une dizaine de personnes du public pour danser la bourrée.

 


BREVE DE CHARRUES

« Au Hellfest, le panier moyen est plus élevé »


 

J’enchaine avec Colorado (Dogville, 2017), des briochins qui font de l’électro un peu pop que j’aime beaucoup. Alors forcément, à 17h en plein soleil c’était pas l’idéal, mais ça a conforté mon opinion. 

 

Vers 18h c’est un peu le ventre mou, j’ai retrouvé les copains (heureusement l’alcool leur pète la mémoire, ils ne se souviennent pas longtemps de mes fautes de goût) (ou juste ils sont assez gentils pour faire semblant d’oublier), on jette un coup d’œil à Naïve New Beaters (Carhaix, 2012) toujours barré et festif.
David Boring incite les gens à se mettre debout sur les épaules de leurs potes, car il constate que c’est la mode cette année (je ne comprends pas comment on peut avoir autant d’équilibre).

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À 19h, je vais me placer idéalement pour Royal Blood (Bristol, 2014), c'est-à-dire pas trop près car je fuis les pogos, mais pas trop loin pour être au beau milieu de l’ambiance.
Bon. Autant vous dire que s’ils remplissent des stades anglais en moins de 2h, en France c’est pas encore des superstars. Je finis par être près sans être bousculée une seule fois.

Cela n’entache en rien le kiff total du set. Les mecs, ils sont deux, ils se pointent, ils te démontent les genoux et ils repartent avec les rotules sous le bras.

Le batteur se fait plaisir en venant choper le tuyau d’arrosage d’un des agents de sécu pour inonder la foule de flotte avec un petit air narquois. Puis repart consciencieusement tabasser son instrument.

L’Angleterre me manque putain…
(Du coup depuis j'y suis retournée une semaine) (pour, entre autres, acheter le dernier album de Royal Blood) 

 

Impossible de rester sobre après ça (on est d’accord que les 2 bières du petit déjeuner ça ne compte pas ?). Une pinte bordel ! Ca tombe bien, il y a un apéro au soleil en écoutant Clément Bazin (Paris, 2016). Son beatmaking à base de steelpan est parfait pour cet instant (globalement c’est toujours agréable).

 

On se bouge tout de même pour aller jeter une oreille à Kery James et je regrette à fond de ne pas avoir été devant et/ou de connaitre les paroles.
Un puriste aura passé les heures suivantes à cracher sa déception mais perso j’ai trouvé ça très cool, il était méga classe avec ses gants de boxes rouges sang,  ça m’a donné envie de me plonger dans sa discographie (pas uniquement parce qu’il a chanté 2 fois le morceau « Le 2-9 c’est le Barça ! »).

 

Notre éloignement nous aura permis de nous placer facilement pour le concert d’Arcade Fire (Carhaix, 2007) sur Glenmor.

Soyons clairs, haters gonna hate again, je ne suis pas une grande fan des canadiens. Mais bon, ça ne coûte rien de tenter à nouveau. Ca m’aura en plus de gagner des points de karma en « sauvant » une meuf en détresse.
D’ailleurs c’est là que je me rends compte de l’état d’esprit altruiste dans lequel me plonge les Vieilles. D’ordinaire, une personne qui me tombe dans les bras en chialant « j’ai perduuuuuuu mes potes, et j’ai pluuuuus de batteriiiiiiie, et je sais paaaaaas où je dooooors », je la laisse s’écraser par terre en me disant que c’est pas possible d’être aussi conne.

Bref, au-delà de ce psychodrame, je ne peux pas dire que j’ai été totalement convaincue, même si la deuxième partie du set m’a plus plu (mon appréciation a pu être influencée par le nombre de centilitres de Vodka-Get-Perrier ingéré au fur et à mesure du concert) (normalement je ne bois pas mais il faut bien avouer que j’ai eu vachement moins mal au dos ce soir-là…).

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J’étais trop motivée pour enchainer avec M.I.A., une de celle que j’attendais vraiment de voir sur Kerampuilh.

Ah ben mes amis… La déception fût à la hauteur… C’était nuuuuul (encore + que Kungs) ! Elle a démarré 10 minutes en retard, fini 20 minutes en avance, baclé Paper Planes, usé du playback, exploité ses choristes. Un scandale.

Je ne m’étendrais pas, POUCE EN BAS.

 

Grosse pression sur Jean-Michel Jarre pour finir la soirée en beauté.

Je dois dire que c’était pas mal. Une jolie scéno, de belles mélodies, pour un mec de 60 ans qui doit assurer le dernier set du samedi soir aux Vieilles, il a bien géré.
Evidemment il parlait beaucoup plus entre les morceaux que d’autres artistes électro plus jeunes (j’ai bien aimé son petit laïus sur Edward Snowden) mais ça passait plutôt pas mal.

À la moitié du set on est parti voir  (il y a parfois des choix à faire), et sans faire de mauvaises blagues (pas le genre de la maison), mes deux derniers camarades étaient assez raccords.

 

Je vous épargne le trajet du retour, l’important est que nous soyons tous trois arrivés sains, saufs et debout dans nos tentes respectives. 

01 août 2017

We have candy

[Die Antwoord feat Jampi]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

 

Cette première nuit de camping m’aura rappelé à quel point il est désagréable d’avoir froid quand on tente (ahahahah) de dormir.

Pain au chocolat, pompote, sieste, cousinade, lecture des jeux de mots du Télégramme, découverte de techniques originales d’orientation (« J’ai quadrillé le terrain, j’ai repéré les tours des campings 7, 8 et 9 qui font un triangle équilatéral et j’ai planté ma tente à l’épicentre. Je suis sûr de ne pas me perdre !! » #optimisme).

 

il est l’heure d’aller sur le site manger une crêpe et une glace Jampi chocolat/sablé breton (tradition oblige, c’pas facile) en écoutant le Celtic Social Club de loin.

À chaque morceau, les mecs commencent de la même manière : « L’année dernière on était en tournée en Algérie/Mongolie/Sénégal, on a rencontré le meilleur joueur de derbouka/chanteur de polyphonie/beatboxeur, et il est AVEC NOUS AUJOURD’HUI ».
Perso, je ramène des cartes postales de mes voyages, mais chacun son truc.

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Comme le chauvinisme n’a jamais tué personne (comment ça « SI ! » ?), nous filons voir la quimpéroise Sônge (Dogville, 2016). Je suis curieuse de voir comment elle va adapter sa scéno, conçue pour le noir d’une salle de concert, à un festival en plein jour.

Tout simplement : elle ne l’adapte pas. Toujours très inégal, elle a vraiment quelque chose (Lupus est cool), tu sens que y’a du potentiel, mais pour l’instant c’est flou, la construction du live est bancale et on reste sur sa fin.
Cela dit, à 19 ans, elle a une bonne marge de progression.

 

Les Dropkick Murphys sème la révolte sur Glenmor et je suis dégoûtée de découvrir leur existence seulement à cet instant. Pour les fans, ça devait être mortel !
Ils sont américains, quasi irlandais, ils font du punk celtique et apparemment le Stade Rennais fait entrer les joueurs sur un de leurs morceaux.
Je vais donc approfondir!

 

Ensuite dans le duel avec Bachar Mar-Khalifé (Crozon, 2016), j’opte pour Faada Freddy.

Excellent choix, je ne connaissais pas du tout (au-delà des retours de personnes diverses), j’ai été agréablement surprise de découvrir qu’il chantait sur des instrus a capella de 5 choristes/beatboxers/percussionnistes corporels.
Assez bêtement je pensais que c’était de la world (= j’aime pas), alors que c’est plutôt de la variété bien faite. La reprise de Pump it des Black Eyed Peas, sans instruments donc, est proprement hallucinante !

C’est le sourire aux lèvres (Faada Freddy ou le Rhum Bologne, on ne sait pas trop…) que nous nous apprêtons à subir Renaud.

 


BREVE DE CHARRUES 

« C’est à quel heure le prochain concert ? Nickel, on a pile le temps pour une trace ! »


 

Je ne sais pas trop comment le formuler car ce serait moche de tirer sur l’ambulance, disons que nous avons assisté au crépuscule de la vie d’un homme. Qui tremble, qui lit son prompteur, qui tente de dédramatiser la situation avec humour, qui fait beaucoup de peine.

Alors nous sommes partis vers Grall pour le concert de Georgio, un jeune homme bien vivant et bien debout.

 

Unanimement, un grand coup de cœur de cette édition (« Tu vois, CA c’est du rap ! C’est pas comme ces bouffons de PNL… »). Moi qui suis en plein dans mon année de loveuse du rap francophone (coucou Columbine, Vald, Lomepal, Romeo Elvis etc.), j’étais ravie !
Il a un flow nickel, des textes qui méritent d’être écoutés et surtout, il joue avec des musiciens live ! (dont Waxx, le bassiste du Comité des Reprises et d’Alison Wheeler)

 

 

De loin j’entends « C'est la Champions League !! 75 c'est la Champions League !! » de MHD (Dogville, 2016) mais j’ai plus de 16 ans, je vais voir Super Parquet (Dogville, 2016).

La musique auvergnate et la vielle à roue se marient merveilleusement avec les rythmes électro, le public fait des rondes sans fin, entre fest-noz et bourrée, il y a quelques chose d’un peu mystique dans les boucles traditionnelles, la nuit tombe, les étoiles brillent.

 

Après ça, on change d’ambiance en débarquant au beau milieu du set de Phoenix (Carhaix, 2010).
J’ai souvenir assez doux, d’une danse au coucher du soleil, virevoltant sur Kerampuilh, quelques minutes avant le départ, un dimanche soir.
J’ai aussi un souvenir un peu chiant, de morceaux trop longs et de charisme mou. Je vous laisse deviner lequel a été conforté….

 

Du coup, on va se placer pour Kungs où la foule est déjà compacte.
En lisant dans le programme « À 5 ans, Kungs sort ses premières notes de musique d’un djembé », on aurait du se méfier (soit le rédacteur est au-delà du millième degré, soit il est sourd).

Alors, loin de moi l’idée de le crucifier en haut du totem du bar 8, mais putain la kermesse quoi…

C’était nuuuuul ! Si c’est pour remixer au cutter du Gala, du Corona, du MGMT ou du Flume, c’est pas la peine de venir aux Vieilles hein, la fête de la langoustine du Guilvinec fait très bien l’affaire (et je peux vous dire que ça draine du monde) !

 


BREVE DE CHARRUES
« - Tu connais l’histoire du zoophile qui entre dans un bar ?
- Non
- C’est un zoophile qui entre dans un bar. »


 

Je mets 45 minutes à réaliser l’ampleur du désastre et à réussir à fuir le magma dansant pour arriver devant Grall, entendre « We are Vintage Trouble, thank you ! » et les voir se barrer de scène. Mauvais timing.
D’autant que je ne retrouve plus personne, qu’il fait 10°C (température ressentie -10°C) et qu’il reste 40 minutes à attendre avant Die Antwoord, qu’il n’est même pas question de manquer.

Je me roule en boule, je pense aux Caraïbes, je prends mon mal en patience, jusqu’à ce que les écrans de Glenmor s’allument et que le message « Play it » palpite.

À partir de là, c’est une dinguerie qui opère. Une pyramide d’écrans/cubes de 10m de haut, sur lesquels Ninja, Yolandi et leurs danseurs font des bonds, surplombée par le producer, entourée des deux écrans latéraux qui participent au VJing global.
C'est des bêtes de scène avec un show méga rodé (changement de tenues tous les 2 morceaux, interaction avec le public, montrage de fessiers etc.) qui emporte tout sur son passage.

Si vous n’avez jamais vu Die Antwoord, allez-y sans crainte. Personnellement je ne connais pas particulièrement leur musique mais le live est dantesque.

 

 

Je rentre au camping en claquant des dents, des petits poignards s’enfonçant dans mon dos vieilli, la montée du camping 8 finissant de m’achever.

(Je viens de remplir le questionnaire de satisfaction du festival, j’ai oublié de suggérer un tire-fesses…)

23 juillet 2017

La mif sous un soleil plein

[PNL feat les miens]

VIEILLES CHARRUES, JOUR I 

 

Carhaix, ici Carhaix ! 4 jours d’arrêt !
C’est reparti pour un tour et cette année je ne fais pas ma mauviette, je me fais la totale.

(ALERTE snobisme/slapette, pour chaque artiste que j’ai déjà vu, je préciserai l’année et le lieu de la 1ère fois)

 

Harnachée de mon sac de rando, qui pèse au bas mot 15 tonnes, je m’attaque au parcours du combattant pour récupérer mon pass et rallier le camping.
Sur le chemin je croise un mec dont la tête me dit quelque chose. Après vérification dans le journal, c’était bien Michel-Édouard Leclerc #WTF

 

Cette année, jauge complète et arsenal anti-terroriste obligent, les accès du festival ont changés.
« Ah non, ici c’est réservé aux campeurs bénévoles ! Vous voyez ce petit chemin escarpé en terre et pierres ? Pour vous c’est par là ! »
Par curiosité, je viens de regarder le trajet sur Google Maps, y’a quand même plus de 2 bornes entre ma voiture et la nouvelle entrée du camping.

 


BREVE DE CHARRUES
«  Ca ouvre à quelle heure le site ? Non mais bon, si on venait pour les concerts, ça se saurait… »


 

Autant vous dire que je suis arrivée devant la foule d’attente un peu en nage. Cela dit, l’heure et quart à patienter pour la fouille m’a permis de bien reprendre mon souffle.

Heureusement, les copains avaient eu la judicieuse idée de se poser dans le premier camping à l’entrée. Je parcours quelques mètres avant d’entendre « KLERVIIIIIIII ! » et de voir arriver mes cousins. Les Vieilles, ce petit monde, cette grande famille #QLF.

Pour le premier concert de cette édition, je rejoins ma mère (#QLF je vous dis).
Talisco (Marseille, 2014) est sur Kerouac, c’est pas mal, même si ça lui sied mieux de jouer dans des petites salles je trouve.

 

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Les copains sont déjà forts en jambe grâce à des ti punch de Rhum Bologne quand nous nous dirigeons vers Deluxe (Nice, 2012). J’aurais peut-être du les suivre sur cette lancée pour contrer mes a priori, car décidément, ça ne me convainc guère. Je leur accorde le sens du show et des costumes mais musicalement c’est un peu la kermesse.

De toute façon, je me barre voir Shame (St Malo, 2017) sous le chapiteau Gwernig.

La scène fait 30 cm de hauteur, je suis donc à cette distance de Charlie Steen qui m’avait déjà totalement ravi cet hiver.
Rien à redire, c’est royal, je me croirais dans un pub, ça fait du bien de pouvoir vivre cette proximité dans un festival tel que les Vieilles Charrues !

S’ils ne sont pas cramés avant (et je les pense suffisamment intelligents pour ne pas tomber dans le piège), on devrait logiquement les revoir sur Grall ou Kerouac dans quelques années.

 

 

(Et pendant ce temps-là, comme tous les ans depuis la nuit des temps, -M- chante Mama Sam…..)

 

Je retrouve les caribéens pour Alltta, le nouveau duo de 20syl (Hocus Pocus / C2C) qui vogue entre hip-hop et électro. C’est assez inégal. Des morceaux vraiment enthousiasmants, avec de bonnes instrus (un petit sample de Son Lux <3 ) associées au flow de Mr J. Medeiros, et d’autres plus incertains.

C’est quand 20syl annonce que son premier concert aux Vieilles date d’il y a 15 ans qu’on se rend compte que c’est également notre 15ème édition à Carhaix. Du coup on a signé (avec notre sang) pour les 15 prochaines (si on en tient 5, ce sera déjà une belle perf).

 

Sur ce, en parlant d’il y a 15 ans, on va se placer pour Manu Chao (Crozon, 2003).
J’ai réécouté mon CD du live la semaine précédente et je connais encore tous les morceaux par cœur, je suis prête !

Il n’y a pas tous les musiciens de Radio Bemba sur scène, mais on reconnait les têtes, parsemées de quelques cheveux blancs supplémentaires. De là où on est, le son n’est pas ouf (les voix sont quasi inaudibles), l’ambiance n’est pas dingue dingue et M. m’achève en déclarant « Non mais j’adore hein, mais c’est passé… ».

Force est de constater… Qu’on se barre à Gwernig pour voir Meute. Et qu’on n’a pas regretté une seule seconde. Déso Manu, besos.

 

C’est une fanfare allemande qui reprend des morceaux électro. Le pitch ne me vend clairement pas de rêve d’emblée, et pourtant ! Eux aussi ont opté pour Son Lux quand j’arrive, avant d’enchainer avec du Flume, du Daft Punk, du Laurent Garnier, avec un grand talent.

Belle découverte !

 


BREVE DE CHARRUES

« Qu’est-ce qui est jaune et qui attend ? »


 

On poursuit avec Otzeki, qui dispose d’un créneau un peu étrange compte tenu de leur musique souvent planante. J’ai du mal à me mettre dedans au départ, alors qu’au coucher du soleil ça aurait été parfait.

Le moins qu’on puisse dire c’est que le chanteur est habité, et quand il descend dans le public en passant à côté de moi, je me rends compte que c’était mon voisin de concert de Shame. C’est beau ce soutien entre groupes brittons.

Je suis plus impliquée la deuxième moitié du set, je recommande l’album, je veux les revoir ailleurs. 

 

Depuis le début de la journée, et même depuis que j’ai envoyé mon planning prévisionnel, je suis en passe d’être reniée car je souhaite voir PNL (Paris, 2016).

Après avoir pris acte de la première défection (bouuuuuh), ris sous cape en entendant un « Vas-y on va voir PLS ! », je finis par en convaincre un de venir avec moi. Qui me sème fourbeusement au beau milieu de la prairie 5 minutes plus tard.

Leur scéno a évoluée depuis l’année dernière (on pouvait difficilement faire plus sobre que 2 mecs, sapés en blanc, sans musiciens ni décors ni lumière), il y a deux écrans sur lesquels ils jouent aux ombres chinoises ou passent leurs clips.
Je suis la seule  à ne pas connaître les paroles par cœur (et probablement la seule personne de + de 20 ans à être là de mon plein gré) (coucou les parents accompagnateurs !), même si je me fends d’un petit « OUAIS OUAIS OUAIS OUAIS OUAIS LE MONDE OU RIEN ! ».

 

Mes copains de camping acceptent de me révéler leur position pour que nous assistions au concert de Justice (Carhaix, 2007) ensemble (ils sont quand même un peu tolérants).

Comme d’habitude, ça tabasse assez inutilement (ce n’est que mon point de vue), ils sont assez détestables (ce n’est que mon point de vue), et le plan de feux est cool.
Le climax du set sera un mannequin challenge de 5 minutes à 2, assez ridicule (ce n’est que mon point de vue), suivi d’une version pétée (ce n’est que mon point de vue) de We are your friends.

 

Peut-être que la fin était mieux, je ne le saurais jamais.

29 juillet 2016

I wanna dance with you

[Odesza]

VIEILLES CHARRUES, JOUR III

Dimanche je suis tirée de la tente dès 9h30 car il est déjà l’heure de plier les gaules pour la majeure partie de la troupe. Je fais de même, histoire d’aller poser le barda dans la voiture et tracer la route après les concerts du jour.*
C’est à cet instant, après 12 éditions, que mon rêve le plus cher des Vieilles Charrues se réalise : avoir un sherpa pour porter mes affaires entre le camping et la bagnole (merci).

Nous prenons le petit dèj dans un nouveau resto du centre bourg qui propose une formule crêpe + baguette à volonté pour 5€. A côté de ça faut se taper l’humeur relativement aigre de la tenancière mais ça reste une bonne opération niveau qualité/prix.

 

Dimanche nous ne sommes plus que deux à 13h30 devant la file d’entrée immense de Kerampuilh quand Météo France nous annonce un petit 30°C estival. (Je vous rappelle que nous sommes dans un département où le plan canicule est déclenché dès qu’on dépasse les 23).

Je vais l’écrire ici en me disant que ça vaut pour confession et donc absolution : nous avons honteusement grillé toute la queue. Bon, en même temps ça fait chier d’attendre quand t’as un pass 3 jours, à cause de toutes ces familles qui se pointent aujourd’hui juste pour voir Louane… #snobisme

Les réflexions météorologiques pleuvent (ce sont bien les seules) et ne laissent pas trop de doutes quant à la provenance géographique des spectateurs : « Putain j’en peux plus de ce soleil… » « Sale temps pour les roux ! » « Non franchement le mieux c’est quand y’a un petit crachin rafraichissant ».

Cala dit, par curiosité, je voudrais bien connaitre le nombre de mélanomes nés de cette édition…

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A 14h nous sommes devant Jain, qui tient Kerouac seule en scène avec une énergie de dingue.
Un très bon concert, une belle attitude, ça loop avec des spectateurs, ça jumpe, ça chante, ça sourit, et ça finit avec l’artiste dans une grosse bulle en plastique qui marche sur le public, assez fou !

 

Gros coup de frein dans l’enthousiasme général car c’est Denez Prigent qui prend la suite sur Glenmor. J’aime bien, j’ai été élevée au son de ses albums, mais comment vous dire..?
Le type est un poil austère et c’est le genre de concert dont tu sors généralement avec l’envie de te pendre après avoir entendu 12 gwerzioù qui parlent d’enfants morts bercés par leur père dans leurs linceuls.
Il aura tout de même souri et demandé au public de taper dans les mains, ce qui me pousse à croire que quelqu’un avait dû mettre quelque chose dans son verre à midi.

Son accent, en tout cas, me réjouit, comme celui de beaucoup de festivaliers que je pourrais écouter parler pendant des heures, juste pour avoir le sentiment réconfortant d’être à la maison.

 

On se place idéalement pour Jake Bugg, c’est-à-dire devant, près du canon à eau.

Le set est nickel, Jake est mignon tout plein sous ses Ray-Ban, on dirait qu’il vient de fêter sa quinceanera ! J’ai tout de même l’impression d’entendre les albums à la note près et l’ensemble manque d’un petit supplément d’âme qu’il rodera peut-être avec un peu + de bouteille.

En le regardant, j’imagine un test live de groupes inconnus sur lesquels je devrais déterminer s’ils sont anglais ou pas (sans le son du coup aussi, parce que l’accent est traître) (oui c’est ça, un concert de mimes).

Et pendant ce temps-là, le responsable du canon à eau craque complètement et nous arrose pendant un bon quart d’heure sans s’arrêter. C’est-à-dire qu’on se serait baignés tout habillé, ça aurait été la même.
Pour vous donner une idée : on avait les doigts fripés… 

 

Ensuite on fait une pause bien méritée (je suis déjà en souffrance du dos) parce que quand t’as le choix entre Louane et Lily Wood and the Prick, clairement tu optes pour la paëlla.
C’est l’occasion d’exposer nos désideratas pour la prochaine édition, il est Beyonce, je suis Rihanna, nous tombons d’accord sur Eminem (et Daft Punk évidemment, l’arlésienne du festival).

 

On se relève pour Las Aves dont j’aime plutôt l’album.
Bon.
Je pense que j’avais déjà un a priori avant de les voir, à force d’avoir lu beaucoup d’articles et d’interviews, je trouve ça un peu prétentieux. Principalement la chanteuse qui a l’air de bien se kiffer. Je suis néanmoins consciente de ne pas être totalement objective donc je réserve mon avis à plus tard.

 

Je traine mon compagnon d’infortune (désolée) vers Nekfeu que nous ne verrons pas, tellement la foule est dense et parce qu’ils ont eu la bonne idée de couper la retransmission sur les écrans de Glemnor. Ça avait l’air tout à fait plaisant pourtant, avec la participation du S-Crew et un gros lâchage de serpentins/cotillons.

(Nekfeu a d’ailleurs abandonné son atroce teinture blond platine, ce qui est, en soi, LA bonne nouvelle de la journée) (le mec s'appelle déjà Ken, faut pas pousser la blague trop loin)

 

Au moins nous sommes déjà en place pour Lana Del Rey, dont le concert sera ponctué d’adieux déchirants avec mon seul camarade restant qui préfère aller voir Too Many Zooz et qui n’a même pas le courage de rester pour Odesza (bouuuuh !).

Il y a des arbres et des rideaux en velours sur scène, le show est filmé en noir et blanc et Lana entre, baby doll à la robe blanche avec une couronne de fleurs dans les cheveux et aux minauderies calculées. Ça pourrait être too much mais l’ensemble est tellement bien assumé que je me laisse prendre au jeu.

J’aime bien l’ambiance que ça installe, au coucher du soleil, sur la prairie, elle chante très bien (pour ceux qui douteraient encore), se fend d’un passage de quasiment 10 minutes dans le public pour faire des bisous, des selfies et signer des vinyles, je trouve ça assez classe. Même s’il y a des moments de flottements où l’ennui se fait un peu sentir.

Un bémol tout de même sur les deux choristes cruches qui l’accompagnent dont la participation n’est vraiment pas valorisante pour la gent féminine…

 

Impossible de partir à 22h, il me faut un dernier set qui envoie (et un nouveau dos, si jamais quelqu’un a un plan), donc MOI, je vais voir Odesza ! Ce qui est un très bon choix pour danser de manière désordonnée et terminer ces trois jours dans la ferveur.
D'ailleurs, je me rends compte que je n'ai pas parlé du tapis de lasers qui couvrait le site et faisait comme une structure au dessus de la prairie, c'était très réussi !

Dans Carhaix, c’est Lambé an Dro de Matmatah qui m’accompagne jusqu’à ma voiture, le sourire plaqué sur la face à l’idée de m’asseoir au souvenir de ces 72h délicieuses.

 

Les Vieilles Charrues c’est une sorte d’auberge espagnole, on trouve ce qu’on y apporte. C’est à dire essentiellement de la bière en fait... Mais aussi beaucoup de plaisir, d’amour, de bonne humeur, de lâcher prise et de tolérance.

Lundi je renais au monde réel, c’est assez moche et je vais moucher de la terre pendant trois jours.

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*Ce paragraphe est sponsorisé par les amateurs de vocabulaire des années 70.


27 juillet 2016

Rêver c’est déjà ça

[Alain Souchon]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

En arrivant un vendredi à 13h, seule, je n’ai bien entendu pas vraiment eu l’occasion de trouver un emplacement à l’ombre dans un camping proche.

Nous sommes donc relégués dans le 11, dont certains festivaliers ne connaissent même pas l’existence « QUOOIIII ?? Y’a encore des campings après le 10 !? ».
Je ne vous dit pas la tronche du mec quand on lui a révélé qu’il y avait même un camping 13 (je vous passe également les blagues sur la Garde de Nuit, l’hiver qui vient et le mur à protéger quand on dort là-bas) (globalement il y a eu beaucoup de références à Game of Thrones cette année) (KING OF THE NOOORTH !)

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Je vous épargne les 3h en solitaire qui ont suivi mon réveil, les copains ayant décidés de se lever aux aurores et d’aller en ville. Bref, même pas une Kro tiède pour entamer la journée, tout se perd…
Les blagues de bon goût sont, elles, toujours au rendez-vous : « C’est quoi la différence entre les épinards et la sodomie ? »*

J’opte donc pour un café au stand Petit-Déjeuner, 1,50€ pour un verre d’eau chaude et une dosette « ah oui mais c’est du bio hein ! ».
Est-ce que nous avons vraiment une gueule à nous soucier de la qualité des produits qu’on ingurgite pendant les Vieilles !? On n’est pas à We Love Green bordayl (preuve s’il en est : la pinte coûte seulement 5€)! Filez-nous du gluten et de l’huile de palme !

Je choppe un Télégramme au passage, je hurle de rire en lisant mon horoscope : « Travail : vous avez une vision exacte de vos projets ».

Je passe devant la queue pour les douches, il y en a pour trois bonnes heures d’attente en plein cagnard. Comme chaque année, je me demande qui sont ces gens qui se lavent aux Vieilles… #TeamSueur

 

Je finis tout de même par retrouver mes compagnons de bière en canette avec lesquels nous glanons un coin d’ombre en face de l’entrée du site. Nous ne nous étendrons pas sur la composition du sol en question. Nous y croisons un jeune chasseur enthousiaste de la Team Rocket. Pokemon Go n’est pas encore sorti en France, mais ce n’est pas les Pikachu qui manquent à cette période dans Carhaix.

 

C’est l’heure de Petit Biscuit que j’attends avec grande impatience (ce nom n’est t-il pas KROMIGNON !?). C’était sans compter que nous sommes désormais environ 20 000 pour chaque concert devant Grall, considérée comme la « petite » scène, donc dépourvue d’écran.
Et qu’il fait 28°C (température donnée par MétéoFrance). Au bout de 5 minutes je m’extrais du magma en folie pour aller de nouveau tremper mon paréo de flotte (cette technique m’aura sauvé de l’insolation et de l’évanouissement trois jours durant).
En deux mots, je n’ai absolument pas profité du set. (Ce qui en fait 7).

 

Je passe devant le spectacle arts de la rue de cette édition.
Un type : « Y’a trois connards sur des échasses, on fait quoi ? On regarde ? »
Une meuf : « ‘tain le gainage de ouf que ça doit te faire… »

 

Je squizze Flavien Berger pour Alain Souchon & Laurent Voulzy. Je pense qu’il y a une incompatibilité entre nous, je ne le verrais jamais ce mec…

Aucun regret cependant car le concert des deux vieux de la Vieille était trop cool ! Alain Souchon était déchainé, il courait partout, il a même soulevé sa chemise à plusieurs reprises (une requête datant de son dernier passage où il avait été beaucoup plus timide). Quand je pense que je l’ai détesté toute mon enfance au son des k7 (et oui…) de ma mère, les temps changent.

L’actualité étant ce qu’elle est, Et si en plus y’a personne résonne d’une manière particulièrement émouvante. Le Pouvoir des fleurs, Rockollection, Belle Île en mer, Foule sentimentale, La Ballade de Jim <3, un enchainement de tubes et le public en chœur.

 

Suede de loin, avec des bières, des sessions de gouren, le soleil plus doux, un mégot dans un endroit particulièrement sensible et un semi coma rapidement soigné à coup de pichet de Coreff.
Autour le public s’est soudainement évaporé, The Leftovers style, comme si les gens avaient transplané à la fin du concert de Souchon et Voulzy. Etrange…

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Dilemme légèrement cornélien : Fakear ou The Libertines. Facilement tranché en faveur des anglais que je n’ai jamais eu l’occasion de voir.

Carl Barât en cuir, Pete Doherty plus dandy, comme tombé du lit ou tout droit sorti d’un bar à crack**, une ambiance fraternelle à se rouler des pelles en chantant sur le même micro (ils avaient probablement entendu les conseils de Lou Doillon la veille), des tentatives de baragouiner en français (so charming), le crépuscule, une température enfin décente (15°c quoi***), un beau moment légèrement suspendu.

On va dire que je radote mais tout de même, la classe des rockeurs british… Il n’y en a plus beaucoup des comme ça. 

La soirée se poursuit dans un genre tout à fait différent avec Louise Attaque. Je retrouve facilement les copains : « Tu vois le ballon escargot ? On est dessous ».

Malheureusement pour nous, les recalés du casting Les cassos à Rostrenen ont choisi de s’installer à nos côtés. Les Vieilles Charrues c’est le seul endroit au monde où je souris quand on me marche sur les pieds car j’y aime tout le monde, de base, inconditionnellement.  Après, ça reste un rassemblement d’êtres humains, il y a parfois des gros cons.

Ça ne m’a pas empêchée de chanter à tue-tête et de voir la marée humaine d’en haut grâce aux épaules d’un inconscient (qu’il en soit ici 1000 fois remercié) (je veux bien participer aux frais d’osthéo).
Il ne me reste plus qu’à écouter leur nouvel album qui a l’air de bonne facture (L’insouciance notamment m’a beaucoup plu).

Et pouce en l’air pour le batteur qui envoie du bois (en plus d’avoir un physique de batteur)(wink wink). 

Album De La Semaine du 23/02 - Louise Attaque - L'insouciance

 

Quelques minutes devant The Avener qui avait promis, dans Le Télégramme du jour, une scénographie particulière. Effectivement il y avait des flammes, de la vapeur et une dalle lumineuse. M’enfin, quand t’as vu Rammstein sur la même scène y’a trois ans, plus rien ne t’impressionne.

Sinon que dire sur The Avener ? Ok on n’attaque pas le physique mais on peut tout de même parler de son sponsoring Heineken ?
Niveau musique c’est un peu trop clubbing pour moi.

 

Retour sur Grall avec Danger. Là ça cause !
Yeux fermés, moue, main gauche qui fait sa vie indépendamment du corps, pas de doute, je kiffe.
Même si le tryptique pieds/genoux/dos m’oblige à déclarer forfait avant la fin du set. La vieillesse etc.

 

* Même avec du beurre, les enfants n’aiment pas la sodomie. (De rien)

**C’est juste pour la blague naze, il avait l’air très en forme, ça fait plaisir de le voir de nouveau comme ça.

*** C’est juste pour la blague naze, j’étais en débardeur jusqu’à 23h.

24 juillet 2016

Clap along if you feel like happiness is the truth

[Pharrell Williams]

VIEILLES CHARRUES, JOUR I

Vendredi 15 juillet, j’ai fait une nuit de 10h, je suis dans le Finistère, je pars pour les Vieilles Charrues, il fait beau, je suis aux anges.
Et puis Twitter.
Et puis Nice.
J’ai la chance d’avoir un cœur disposant d’un cran de sûreté, qui switch off automatiquement dans ce genre de situation. Ma réaction sera donc pragmatique : « Putain ils vont encore plus nous faire chier pour les fouilles… »

 

Sous le soleil, j’avale les bornes qui me rapproche du paradis, au son de La Radiolina de Manu Chao qui n’arrive pas totalement à occulter les quelques bribes d’infos lues avant de partir.
Il n’y a cependant et à mon avis, pas de meilleur endroit que les Vieilles Charrues pour vivre ces moments troubles et réaffirmer sa foi en l’être humain.

 

Pour la première année depuis 13, mes copains de camping plus jeunes sont devenus plus vieux et nous ne sommes qu’une poignée de rescapés à fouler le sol de Kerampuilh.
Pour la première année depuis 13, je suis la première à arriver et j’ai donc la lourde tâche de réserver les emplacements au camping. C’est de bonne guerre, d’habitude je me pointe la bouche en cœur une fois que tout est installé.

Pré-fouille, puis fouille, rien de pire que d’habitude, les gens affirment dans la file qu’ils veulent bien poireauter, que ça les rassure, et deux gentilles rouennaises proposent de m’aider à porter mes affaires (on ne pourra pas dire que les normands ne font pas d’efforts pour se faire apprécier). 
C’est leur première édition, elles n’ont vu que le camping pour l’instant, elles sont déjà conquises.

Nous verrons ensuite que ça va potentiellement être un problème à court terme, ces centaines de milliers de gens qui savent désormais que le bonheur est dans le Poher (le week end du 14 juillet en tout cas) (ne nous enflammons pas).

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Je traverse le camping mon paréo jaune sur le crâne, après 4 ou 5 « Oh un ananas ! », je m’arrête au stand du Télégramme pour investir dans une casquette. On a sa dignité tout de même… (Genre.) 

J’entre sur la prairie le cœur en fête et me dirige tout droit sur le stand Jampi, la tradition, la faim, le soleil, tout concoure à manger une petite chocolat-sablé breton.
Je me plante devant Dominic Sonic, qui dans mon esprit, était un artiste celtique. Rien à voir. Du rock un peu folk, une dégaine qui m’évoque Nicola Sirkis (oui, bon…), c’est pas mal même si je sais parfaitement que d’ici 15 jours j’aurais oublié son existence.

J’enchaîne avec Lou Doillon, plus par curiosité que par réelle envie. Les gens sont assis, elle nous dit qu’il n’y a pas grand-chose de mieux à faire que de danser et de se rouler des pelles en réponse à la session bowling de la veille.
Elle a une voix pas désagréable mais trop d’effets et de tics sont rapidement lassants.

 

Je file donc voir Ropoporose, une valeur sûre. C’était peut-être un poil trop tôt pour les faire jouer aux Vieilles, le stress semble taquiner Pauline. Mais c’était quand même chouette, cette petite meuf blonde sapée à la garçonne, qui jongle avec les instruments d’un air frondeur (tiens, encore un mot qui revêt une connotation pénible désormais), avec son grand frère batteur complice et ravi.
A suivre assurément. 

 

Je vais écouter Tindersticks et je prends conscience de l’importance du contexte dans l’appréciation d’un concert. Là, à 18h30, quand il fait 30°c (température ressentie), clairement c’est non. Alors qu’au crépuscule je pense que j’aurais beaucoup aimé.

 

Nice ne sera pas tellement évoqué durant ce week end, la priorité dans la vie c’est quand même de savoir à quelle heure et à quel camping on prend l’apéro. Mais pour la première fois, la Marseillaise résonne régulièrement dans les champs, reprise en chœur par une bonne partie de la foule.
S’il avait pris l’idée à un pékin de lancer ce genre de chants les années d’avant, on l’aurait regardé d’un air effaré en enchaînant sur une paillarde ou Santiano.
Je ne sais pas quelle conclusion en tirer, est-ce triste ou beau ? Effrayant ou rassurant ?

(Gros succès également du clapping à l’islandaise, ce qui me plait plus #patriotisme)

 

De toute façon là c’est l’heure d’aller entonner Marylou et On ira tous au paradis avec Michel Polnareff. Qui est bien moins pathétique que ce que j’imaginais, il chante toujours bien.
Bon forcément, le look a un peu vieilli mais ce petit ceinturon avec deux gros étoiles dorées au niveau des testicules, ça force le respect (ou le ridicule, la question reste en suspens).

 

J’abandonne le peroxydé pour continuer mon exploration de l’univers de Vald.
Ce type me fascine un peu depuis qu’un mélomane atterré m’a fait écouter Bonjour. Après avoir fait une tête de six pieds de long et lu des articles dithyrambiques sur plusieurs médias musicaux respectables, j’ai eu la confirmation d’un quelque 6e degré dans l’histoire.
Tant mieux car il faut avouer que ses prods ne sont vraiment pas dégueus. Je ne peux m’empêcher de penser à un Orelsan période Sale pute, que je défendais corps et âme du haut de mes 24 ans.

J’arrive au moment où il fait scander à la foule « SHOOT UN MINISTRE », demande d’arrêter de balancer des verres vides sur la scène et de fermer un peu leur gueule le temps qu’il raconte une histoire.
La Garenne est noire de monde, le blondinet Valentin fête ses 24 ans justement, il est survolté, le public également, et je fais probablement grimper la moyenne d’âge de quelques années.

Mais, pendez-moi s’il le faut, j’ai bien aimé. Et je me suis retrouvée à chanter le refrain de Selfie (que j’ai dans la tête depuis) avec enthousiasme.
Je crois que j’ai envie de le revoir en live… 

 

Je retrouve une tête connue pour Parov Stelar qui joue sur Kerouac. C’est à ce moment-là que nous avons vraiment réalisé que cette année, le festival affichait complet. Impossible de s’approcher à moins de 60m de la scène, je ne voyais même pas les écrans et le son était inaudible (il y a eu un loupé sur Kerouac à ce niveau).

Du coup on finit par lâcher l’affaire et retourner sur Grall voir Soom-T.
Chanteuse écossaise d’origine indienne, prodige du ragga, pas le genre de trucs que j’écoute en boucle mais l’album est plutôt cool. En live ça m’a paru un peu monocorde, elle est tout le temps méga speed, alors certes son flow est impressionnant mais ça manque de nuances. Même le single Broken robots n'est pas sorti du lot.

 

On enchaîne avec N’TO. Je chausse mes nouveaux bouchons sur mesure, mon voisin me jette un regard complice en me montrant les siens « On connait les bailles hein ! », je suis fière de comprendre ce terme de jeunes et de pouvoir répondre (idem pour le mec qui parlait d’un concert en disant que c’était « dar ») (de là à savoir l’orthographier correctement par contre…).
Le set est très très bon. Premier moment de vrai kiff. Que j’interromps en me disant que sinon je vais regretter de ne pas être aller voir Pharrell Williams.

Qui joue sur Kerouac, une petite aberration compte tenu de la notoriété du gars, m’enfin…
C’était un moment assez chaleureux. Le son n’était pas au top comme dit précédemment, compensé par un show à l'américaine avec des danseuses et la présence de Shay Haley, son pote de N.E.R.D. Et je me suis aperçue que je connaissais pas mal de ses morceaux finalement.
J’ai beaucoup aimé son attitude, souriant, généreux, nous faisant affirmer haut et fort « NOT AFRAID », appelant des spectateurs sur scène (les mecs et les enfants ont eu le droit à des checks, les meufs des câlins)(on va pas se laisser abattre hein).

Il a fini en entonnant le début de la Marseillaise. Qui fût reprise par environ 50 000 spectateurs. Et là, je peux te dire que même si je déteste les paroles, je crois que je la chantais en entier pour la première fois, j’avais une petite chair de poule qui n’avait rien à voir avec la température.

(A l’inverse, quand nous sommes plusieurs milliers, à rentrer au camping par des chemins de terre, et que je vois ces gens marchant d’un pas alerte en hurlant « AUX ARMES », ça me fait plutôt flipper)

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C’est donc emplie d’amour et de bienveillance que j’entame le set de Disclosure. Dont les deux bros sont très mignons, très gentils, très doués, prolongeant cette atmosphère de Bisounours dont, je crois, nous avions besoin.
Je n'avais pas un souvenir grandiose de leur set à la Route du Rock, peut-être à cause d'une soirée entière sous la flotte, alors j'ai été ravie de celui-ci !
On notera tout de même une grosse faute de goût dans l’invitation de Brendan Reilly sur un morceau, qui était totalement WTF et cheesy.

23 juillet 2015

You make me feel like someone new

[Flume - Collarbones remix]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

Dimanche, j’ai donc emprunté la voiture de Grand-Père pour rallier le Kreizh Breizh et je vous jure que rien que de faire le trajet au son de FFS  (vous avez écouté FFS ? Il faut. Ils sont à 4 doigts de me faire aller à Rock en Seine) était un délice.

Arrivée à Carhaix, Matmatah résonne dans la grand rue, les festivaliers sont partout, la bonne humeur et la bière aussi.

Première grande découverte, quand tu ne dois pas trimballer ta tente, ton duvet et ton sac de rando de 15 kgs rempli de cannette jusqu’au camping 8, l’entrée du festival est en fait très près du centre-ville !

Bien sûr, la file pour la pose des bracelets était fermé et quand je me suis pointée avec mon Pass 4 jours, le bénévole à l’entrée s’est inquiété de savoir si j’avais conscience que le festival avait commencé 3 jours plus tôt. Et puis il a vu ma genouillère et son regard s’est empli de pitié.
J’ai constaté ensuite que j’étais bien loin d’être une vraie warrior comparé aux nombreuses personnes en béquilles ou fauteuils roulants présentes sur le site. Respect.

Si tôt pucée par Moneiz (la solution cashless étrennée cette année) (très pratique, très rapide, très facile d’utilisation), j’ai « couru » au stand Jampi pour manger la glace sablé breton/chocolat tant attendue depuis un an. Il valait mieux profiter de l’éclaircie.
Ensuite je me suis plantée au beau milieu de la prairie, pour avoir une vue panoramique et mon cœur s’est empli d’amour.
Puis j’ai croisé un mec avec la pancarte la plus pute du monde : le spoil du season final de Games of Thrones (que je ne recopierai pas ici) et mon cœur s’est un peu vidé.

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Après avoir tenté Brigitte le temps d’une chanson (elles font flipper, on dirait des poupées en plastique), j’ai été à la Garenne pour découvrir Krismenn & Alem, duo labellisé Charrues, qui a la particularité d’allier beatbox, hip hop et kan ha diskan. Sur le papier, ça parait hyper novateur OU complètement con.

Sur scène, ça fonctionne à mort ! Alors évidemment je n’ai pas compris un traitre mot des paroles de Krismenn (mais globalement, le hip hop en live c’est pas méga compréhensible), et je n’ai malheureusement pas pu danser le plinn, mais je suis toujours ébahie d’entendre les sons qu’arrivent à sortir les beatboxeurs à la seule force de leur bouche…

Bref, qu’on ne vienne pas nous dire après ça que le breton est une langue morte, l’hommage au Sœurs Goadec se chargeant de faire le pont entre les générations !

 

Autre style, autre ambiance, place à Dominique A. Qui confirme que je devrais me mettre à écouter ses albums, je n’ai que 20 ans de retard à rattraper, ça va se faire easy !

Je craignais un peu car c’est toujours difficile de sonoriser un chanteur à texte dans un festival en plein air, mais sa voix était parfaitement échelonnée, il faut bien dire que niveau son, en général les Vieilles Charrues font un travail de dingue.
C’était classe, c’était généreux et petit miracle, à la fin du morceau « Rendez-nous la lumière, la pluie a cessé !

Par contre, je me demandais, quel est le projet des gens qui viennent en festival avec un parapluie ? (Mis à part faire chier le monde et tenter d’éborgner le plus de personnes possible j’entends)

 

Je suis retournée dans la Garenne pour voir Puts Marie, ça avait l’air très bien. Cependant, leur concert concordant avec les retrouvailles des copains brestois, j’ai accordé plus d’attention au résumé des trois jours précédents (j’aime me faire du mal) qu’au set. A revoir donc.

Ensuite, on s’est dit qu’on allait quand même aller jeter un œil à Joan Baez.
On a d’abord cru à une coupure de courant avant d’entendre « Tri Martolooood yaouaank tralala la di ga dra ». Bon. On applaudira le geste, c’est sympa d’avoir fait l’effort, ça fait participer le public.

 

L’heure était venue d’aller se placer devant Grall pour The Drums (qui était une des raisons principales de la prise de risque genouillère, il faut le dire).
Soyons honnête, je deviens sentimentale (en plus de devenir vieille et impotente, donc), je n’ai pu retenir une larme de joie devant Jonny Pierce, Jacob Graham et leurs copains.

« Hello France, we are The Drums from New York City ! »
Qu’est-ce que tu veux répondre à ça ? « Hello The Drums, we are les Vieilles Charrues from Carhaix-Plouguer » ?
Non. Tu fermes ta gueule et tu kiffes, malgré la pluie qui ruisselle sur ton visage.

[Parenthèse : j’ai testé, pour la première fois, un festival sous la pluie avec des lunettes de vue (j’aime bien savoir qui chante quand j’entends de la musique), je peux vous dire que c’est la plaie…]

Le seul truc qui m’a un peu étonné, c’est à quel point ils sont chacun dans leur bulle et ne communiquent pas entre eux. Le guitariste avait même l’air de se faire chier à mourir.
M’en fous, j’ai vu The Drums, je suis aux anges !

 

Je me suis dépêché d’aller vers Kerouac pour voir la fin du set de London Grammar, ça avait l’air pas mal. De toute façon, quand il y a un quatuor à cordes sur scène, ça pose un groupe en termes de classe.
Cela dit je ne suis pas sûre que je pourrais supporter la voix de la chanteuse un concert entier…
Ils nous ont remercié d’être resté malgré la pluie, comme Jonny Pierce d’ailleurs, qui nous a avoué qu’à notre place il se serait barré. En même temps il faudrait être un peu neuneu pour venir aux Vieilles si tu crains l’eau.

 

J’ai de nouveau retrouvé les copains, qui s’était transformés en minions pêcheurs du Guil entre temps, avec la Fine Equipe en fond sonore. Je dois dire que c’est pas vraiment le genre de truc qui me met en transe, et puis franchement, c’est pas la peine de traverser la France si c’est pour voir des marseillais !

On a bougé sur Glenmor à temps pour le final de Lionel Richie, avec Say you say me, All night long et We are the world accompagné par la chorale d’enfants de Carhaix ! Y’a qu’aux Vieilles que tu peux voir ça ! (Et à la fois, qu’est-ce que les petits carhaisiens foutraient sur la scène de Glastonbury !?)
C’était mignon, il y en avait qui pleuraient, on a tous chanté en chœur (même si je ne peux m’empêcher d’entonner les paroles de la parodie des Guignols à chaque fois que j’entends cette chanson…).

 

Déjà 22h, le temps passe à une vitesse folle, c’est l’heure de Flume !!! ((Qui était une des autres  raisons principales de la prise de risque genouillère*).

Qui avait apparemment commencé la fête sans nous, à la vue de ses yeux et de son sourire. Cela n’a en rien entamé son set, jouissif de bout en bout, habillé par des visuels superbes et une coupette de champagne qui s’auto remplissait à côté des platines.
Souriant, généreux, halluciné du monde présent, au taquet, j’ai eu la banane pendant 1h20 ! Le seul truc chiant avec cette histoire de genou, c’est qu’au niveau du jumpage, c’est tendax. (J’assume totalement cette phrase).

 

23h30, j’ai un mal de dos comme après 4 jours de festival et mes pieds souffrent le martyr, mais bon tu comprends il faut aller voir Stand High Patrol parce qu’ils sont de Brest même. Argument convaincant s’il en est.
Pour tenir le coup, je bois un jus de pomme (encore une grande première…) et fini par déclarer forfait à minuit.

David Guetta ambiance le reste de la prairie avec Blame on me et je me dis que, autant c’était drôle de le faire venir une fois, autant deux, c’est pousser la blague un peu loin.

 

Les Vieilles Charrues c’est déjà fini, Matmatah résonne toujours dans la grand rue mais la fatigue se fait sentir et la bière coule moins vite.

L’année prochaine, elles fêteront leurs 25 ans. Ce sera beau certainement, ce sera grand évidemment et je serais là (j’espère).

 

Ah oui, au fait, je viens de me rendre compte que je n’ai pas fait une seule fois la blague « elle dit qu’elle a plus de genoux » depuis la semaine dernière. C’est extrêmement dommage donc je la pose là. Merci.

 

* Il y avait aussi les copains, les glaces Jampi et l’habitude.

22 juillet 2015

Rendez-nous la lumière.

[Dominique A]

VIEILLES CHARRUES, JOUR I

 

Quand l’impensable, aka ton genou droit qui décide de se faire la malle, arrive, trois jours avant les Vieilles Charrues, tu pleures. Et pas uniquement à cause de la douleur.

Une semaine dans l’année où il ne faut pas faillir, évidemment, ça tombe dessus. Après être allée aux urgences et m’être fait rire au nez en prononçant le mot « festival », j’ai sombré en catatonie.

Alors bien sûr, il y a le coût des 160€ du Pass 4 jours (je vous ai dit que j’étais bigoudène ?), mais surtout le dommage psychologique de louper ma 1ère édition depuis 12 ans.

Les billets d’avion étant eux aussi acquis, je suis quand même partie, avec ma jambe de bois (une jambière en mousse) (tu as déjà porté une jambière en mousse à Marseille en plein mois de juillet ? Ça tient relativement chaud) me ressourcer et manger des crêpes dans le Finistère.

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N’ayant pas foulé mon sol natal depuis Noël, c’est peu de dire que j’ai kiffé. C’est fou à quel point on oublie vite qu’être recouverte de sueur en permanence n’est pas une fatalité. Et qu’on peut parfois rester bronzer au soleil à 14h sans risquer de brûler vive.

Et qu’il y a des myrtilles dans le jardin, une bibliothèque inépuisable à disposition, un écran télé de 60 pouces, du poulet le midi, de la baguette fraîche et les journaux quand tu te lèves, une baignoire, la plage avec personne dessus (et ce n’est pas parce qu’il pleut) (mauvaises langues !), une couette,  bref que le paradis est à portée d’avion.

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Passées ces émotions simples, je me suis demandé si je ne devrais pas me désabonner du Twitter des Vieilles Charrues et boycotter le Ouest France le matin car la frustration grandissait rapidement.

Et puis finalement, après avoir appris que la jambière donnée par les Urgences de Marseille ne servait à rien (n’allez jamais à l’hôpital à Marseille) et acquis une genouillère plus adaptée à Quimper, l’idée d’aller tout de même fouler le sol de Kerampuilh le dimanche a fait son petit bonhomme de chemin.

La mairie de mon bled avait bien tenté de me faire plaisir avec un concert de The Red goes black le samedi soir, mais j’ai toujours en travers de la gorge leur victoire aux Jeunes Charrues face à Goldwave. (Un scandale)

Evidemment, en n’y allant qu’une seule journée, il manque le côté libérateur de l’expérience, la vie en communauté au camping, la crasse accumulée, la confiance retrouvée en l’être humain qui est beau et sympa, les chansons pédophiles, le petit déjeuner à base de canettes de Kro et de Pom Potes, la lecture du Télégramme, le ventriglisse, les rencontres improbables avec le frère du cousin de la voisine de tes parents, la queue devant les toilettes sèches au petit matin, l’impression d’être chez soi, tout simplement.

 

(Oui, je vais réussir à pondre deux articles, même sans y être allée 2 jours)

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27 juillet 2014

Les paradis perdus

[Christophe]

VIEILLES CHARRUES, JOUR IV

 

J’ai un vrai problème de temporalité depuis environ un an : on est à peine en mai que c’est déjà le 14 juillet, j’ai à peine décollé de Marseille que je dois déjà aller ramener mes affaires de camping à la voiture…

Pas encore de tristesse, il reste une très belle journée à vivre !

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Avec Yodelice tout d’abord, qui nous livre un concert des plus agréables. A chaque fois que je le vois en live je me dis qu’il faut que j’écoute ses albums parce qu’il est vraiment loin d’être mauvais. Musicalement ça tient la route, entre folk et un soupçon de blues, vocalement il envoie, et scéniquement, avec ses musiciens, ils gèrent.
Et puis c’est con mais j’ai toujours envie de lui donner une prime au mérite vu d’ il est parti. Il aurait vraiment pu mal finir…

 

J’enchaine avec un deuxième groupe du Label Charrues, Totorro, qui livre un math/post rock pas inintéressant. Il va falloir bosser les enchaînements de morceaux et le rapport au public mais sinon c’était cool à entendre.

 

Tu les entends venir mes belges préférés ? Avant même qu’ils commencent à jouer, je les admire encore plus pour avoir réussi à faire leur line check pendant que Ky Many Marley beuglait une des chansons de son aïeul.

Sachant que je les avais vu dans un cadre exceptionnel il y a un mois, je me suis dit que je partirais au milieu histoire de voir Traams, malencontreusement loupés à Bristol cet hiver. Je casse le suspense de suite, j’ai été incapable de me barrer.
Girls in Hawaii c’est beaucoup trop beau pour en louper une miette. Surtout quand ils nous offrent un nouveau titre (qui va sortir prochainement sur un EP 5 titres, wouuuuuh !) et que le set est bien plus électrique qu’au bord d’une piscine varoise !

Les gars, je vous aime.

 

Cette fois-ci j’ai réussi à courir jusqu’à Grall et assister à une moitié de set de Traams.
Nous n’étions pas beaucoup, et les gens alentour ont peut-être pensé que j’étais ivre.
J’ai mis cinq minutes à me rendre compte que je dansais de manière frénétique, le corps guidé par des morceaux d’une efficacité sans faille. C’est probablement l’un des concerts du week end sur lequel je me suis le plus éclatée. A l’anglaise, sans fioritures, du bon rock à peine entrecoupé d’un timide « Cheers » entre deux chansons, un régal.

 

Après ça, j’étais surmotivée et ravie, la journée aurait pu s’arrêter là que c’était déjà parfait.
Alors je te dis pas le comble du bonheur quand tu sais que tu en as encore pour 6 bonnes heures de plaisir.

Je fonce vers Christophe et j’atterris en douceur. Il est en plein cœur de son Intime Tour. C’est-à-dire que le mec est seul en scène. Sur Glenmor. Serein. Et c’est beau !
Une atmosphère planante sur la prairie, tout le monde est assis au soleil, complètement apaisé, à 4000 au-dessus des ballons Minions (qui sont en passe de remplacer Bob l’Eponge et Patrick, la fin d’une époque, peut-être ?).

Les « vieux » artistes c’est toujours un pari un peu risqué (kikoo Bob Dylan ! Oh tiens Neil Young ! Lou Reed tu es là aussi !?) mais il y en a qui sont au dessus du lot, qui continuent d’explorer, d’imaginer, de tester, avec réussite, et clairement Christophe est de ceux là.
Si je n’avais pas eu l’image, on aurait pu me dire que j’écoutais un groupe de vingtenaires, j’y aurais cru. Une telle modernité, même quand il reprend Aline et Les Mots Bleus, c’est revigorant. Bref je vais aller acheter ses albums.
Et c’était bien évidemment super chouette de crier Aline avec autant de monde !

 

Je pense qu’il le prendrait moyennement bien si je le classais dans les « vieux », toujours est-il que j’ai enchainé avec Etienne Daho. Qui m’a également beaucoup plu. J’y ai retrouvé  un peu d’Alex Beaupain d’ailleurs.
On a tendance à railler son manque de voix et sa mollesse, mais pour le coup, en live c’est plutôt rock et j’ai vraiment passé un bon moment alors que je ne connais absolument pas son répertoire (non, il n’a pas fait Week end à Rome). Bref je vais aller acheter ses albums.
(Il a quand même fait Epaule Tatoo, Le premier jour du reste de ta vie, Comme un Boomerang, Tombé pour la France, j’étais pas totalement en terre inconnue)

 

Je n'étais pas complètement convaincue de kiffer un concert d’1h30 de Lily Allen mais finalement c’était assez drôle. Show à l’américaine (même si elle est anglaise) avec un décor fait de biberons géants sur lesquels se frottaient des danseuses en mini short au motif feuille de Kana (je ne sais toujours pas trop quoi penser de cette partie du concert…).
La nana est l’incarnation parfaite de l’expression « nature peinture », elle rigole, elle raconte des conneries, elle se plait tellement sur l’avant-scène au milieu du public qu’elle demande à son régisseur de lui apporter ses clopes et son téléphone pour squatter un peu, elle boit son mojito et elle assure vocalement.

Je dois également avouer avoir lâché un éclat de rire nerveux en voyant apparaître sur les écrans un mec tenant un panneau « I hope you’re better than Alex Turner ». Pauvre Alex…

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J’ai clos ces quatre jours délicieux par le set de Kavinsky, qui était tout à fait correct. Par contre, le mec qui essaye de téléphoner pendant Roadgame, on lui explique !?

Un sans-faute pour le dimanche donc, même si, non, je n’ai pas vu Jared Leto, ça fait chier, mais j’avais un peu de route derrière, voire la France à traverser, et quelques heures de sommeil n’étaient pas superflues…

 

Je suis partie, laissant Kerampuilh et les copains derrière moi, un goût de satisfaction mêlé à celui de trop peu dans un coin du coeur, en trouvant plutôt classieux d’avoir Nightcall comme morceau de fin de festival.
Ce fût sans compter l’un des bars de Carhaix qui m’a pourri l’ouïe avec Paris Latino. Batard.

 

#qotd « Ouais, y’a un chinois qui coud des bracelets de pass 3 jours au camping 10. »

Highlight de l’hormone : TOUT le groupe de Yodelice (dont une spéciale pour le batteur, forcément) et une mention particulière à François des Girls in Hawaii pour avoir osé le minishort. C’était audacieux.