[Young Fathers]

VIEILLES CHARRUES, JOUR 2.

 

8h et quelques brefs réveils plus tard, j’ouvre les yeux au chaud dans ma Twingo. Certes je ne peux pas réellement m’allonger (avec un rhume c’était pas plus mal), mais l’avantage majeur d’une voiture c’est son étanchéité. Avec les boules quiès, j’ai même pas percuté qu’il avait plu pendant la nuit.

Compte tenu des gouttes, je renonce à aller prendre mon petit-déjeuner au centre bourg. Je me contente de mes Pom’potes, Petit-déjeuner et Breizh Cola (je n’ai pas poussé le vice à ramener des Kro en canettes pour la nostalgie) (par contre j’ai retrouvé une bouteille de gin planquée dans mon sac de couchage depuis sa dernière utilisation….) en me régalant des nouveautés de l’affaire Benalla. (Je confesse une certaine fascination morbide pour ce feuilleton de l’été).

 

De l’autre côté du talus, Jean-Michel accueille un de ses copains venu déposer son fils et ses amis qui vont au festival et qui bénéficieront, avec ce jardin, d’un terrain de camping privé au poil. « Ceux-ci sont venus voir les groupes de rap, ils vont être impeccab’ ».
C’est peut-être un détail pour vous, mais ces moments d’écoute d’accent finistérien sont pour moi une vraie joie.

 

À l’heure de rejoindre la prairie, la pluie n’est plus qu’un souvenir et mes remèdes médicaux ont commencé à faire effet. C’est donc le moment idéal pour aller tester les nouveaux stands restauration du Park, où des chefs ont « revisité les classiques d’un festival » (Top Chef a décidément fait beaucoup de mal aux descriptifs culinaires).

Les Vieilles Charrues n’étant pas connues pour la qualité de la nourriture (les gens viennent principalement pour boire écouter de la musique), l’intention est louable. Mais à 9€ le wrap de saumon ou le kebab de poulet, j’ai préféré passer mon tour ET ME JETER SUR DES FRITES DE PATATES DOUCES <3 <3 <3

 

Après un café (équitable sans nul doute), je démarre avec Charlotte Cardin, une frêle brunette québécoise dont je n’ai jamais entendu parler,  qui a une voix entre celles d’Adele et Selah Sue. Ca convient pour le début d’après-midi, d’autant plus que j’ai décrété qu’on pouvait très bien profiter d’un concert allongé et les yeux fermés.

Évidemment, de près ou de loin, cette année c’est la Chanson de Pavard qui résonne en simultané à plusieurs endroits du site (notons que je préfère largement ça à la Marseillaise).

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Il me faut le maximum de forces pour Young Fathers.

Lors de leur précédente venue à Carhaix, ils ont joué en face d’une tête d’affiche, nous étions 40, ce qui les avait rendu un peu chonchons. À juste titre d’ailleurs car ils méritent vraiment d’être vus en live.
Une fois de plus ils ont livré un set impeccable. Tant au niveau musical que de la générosité, de la performance, il n’y a rien à redire. Ils apportent chacun une touche nécessaire à l’alchimie collective, c’est intensément plaisant.

Après Mogwai, l’Écosse confirme son talent. 10 points supplémentaires pour Gryffondor. 

 Je suis complètement requinquée et je ris toute seule en entendant les Négresses Vertes entonner Sous le soleil de Bodega durant les 10 seules minutes de pluie de la soirée. On est facétieux dans le Poher.

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Saro fait un très bon live que j’entends en pointillés, préférant catch-uper avec une lannionno-finistérienne pas revue depuis 12 ans (coucou !). Sachant que j’ai déjà été à trois de ses concerts cette année, je me dis que ce n’est pas trop dramatique. 

Ensuite je cours (n’exagérons rien) voir Damso (#nojudgment).  J’ai envie de me faire une idée car mon expérience au Printemps de Bourges, en termes de son et d’ados ivres morts au m² avait été un peu déceptive.
Pour le coup là je ne connais pas les paroles par cœur et après BruxellesVie je suis heureuse d’aller retrouver des COPAINS DE CAMPING !!

En traversant, j’adjuge le prix du meilleur t-shirt à ce jeune homme qui affiche « Admirer les Vieilles, j’aime Macron ». Certes ce n’est pas hyper fin, mais ça fait rire.

 

Après avoir loupé Yuksek pour un bête changement d’horaire indiqué nulle part (n’hésitez pas à utiliser vos écrans géants la prochaine fois les gars !), on va tester . Ca me disait seulement quelque chose de nom, j’ai vite compris que ça suffisait.
Cette personne au look 80’s/90’s surjoue chacun de ses mouvements, au son d’une pop dont je ne me rappelle aucune note 3 semaines plus tard (oubliable donc). L’ensemble est extrêmement agaçant et au bout de 15 minutes, nous avons fui.

 

L’enjeu de la soirée était d’être relativement bien placé pour Gorillaz. Ce que nous avons réussi (et pas grâce à moi qui ai décidé de prendre une crêpe à la dernière minute #sorry).

Pendant 1h45, Damon Albarn et une vingtaine d’autres musiciens / choristes / chanteurs ont tenu la scène très proprement ! Au contraire de son rival de toujours, Damon Albarn a l’air trop cool (#TeamOasis malgré tout). Il a même tenté de nous parler breton, en se prenant un bide monumental car personne dans les premiers rangs n’était capable de lui indiquer la bonne prononciation, c’était hyper mignon.

Je dois dire que, si la musique de Gorillaz ne me touche pas émotionnellement, le show est très bon. Les guests apporte la dynamique nécessaire, les écrans sont complémentaires avec les titres (coucou Jamie Hewlett), c’est le genre de concert que tu ne verrais pas dans un autre contexte et qui fait grave le taf en festival (mise à part le message « No unicorn anymore » qu’on ne valide clairement pas). 

On est sorti un peu rincés, il fallait bien une pinte et quelques minutes d’assise pour s’en remettre avant Massive Attack.

Encore un moment où la séparation du public entre pré et post-trentenaires fût flagrante (c’est quand même audacieux de placer Massive Attack un samedi à 1h du mat).

J’avais un souvenir mitigé des bristoliens (et pourtant cœur cœur Bristol), j’ai mis quelques morceaux à entrer dedans, surtout hypnotisée par les messages d’actualité qui défilent sur les écrans en fond de scène. En toutes les langues, même breton (décidément), hyper raccords avec l’actualité chaude, drôles et bien écrits, je ne sais pas s’ils ont un écrivain qui les suit en tournée mais j’aurais aimé pouvoir les lire dans leur intégralité (c’était trop rapide sur scène).

La dernière partie du set m’a totalement captée, la venue des Young Fathers en guest était une agréable surprise, j’en ressors avec une meilleure impression que la fois précédente.

 

Là-dessus, mon corps me signale que je ne connais pas Ofenbach (si ce n’est leur itw de trois minutes dans Quotidien) et que ne pas approfondir mon expertise sera un gage de raison.

 

Je quitte Kerampuilh en songeant à tout ce que j’ai loupé cette année, en me disant que c’était peut-être la dernière danse et en me maudissant de me mettre moi-même Kyo en tête à des heures indues.