[Die Antwoord feat Jampi]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

 

Cette première nuit de camping m’aura rappelé à quel point il est désagréable d’avoir froid quand on tente (ahahahah) de dormir.

Pain au chocolat, pompote, sieste, cousinade, lecture des jeux de mots du Télégramme, découverte de techniques originales d’orientation (« J’ai quadrillé le terrain, j’ai repéré les tours des campings 7, 8 et 9 qui font un triangle équilatéral et j’ai planté ma tente à l’épicentre. Je suis sûr de ne pas me perdre !! » #optimisme).

 

il est l’heure d’aller sur le site manger une crêpe et une glace Jampi chocolat/sablé breton (tradition oblige, c’pas facile) en écoutant le Celtic Social Club de loin.

À chaque morceau, les mecs commencent de la même manière : « L’année dernière on était en tournée en Algérie/Mongolie/Sénégal, on a rencontré le meilleur joueur de derbouka/chanteur de polyphonie/beatboxeur, et il est AVEC NOUS AUJOURD’HUI ».
Perso, je ramène des cartes postales de mes voyages, mais chacun son truc.

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Comme le chauvinisme n’a jamais tué personne (comment ça « SI ! » ?), nous filons voir la quimpéroise Sônge (Dogville, 2016). Je suis curieuse de voir comment elle va adapter sa scéno, conçue pour le noir d’une salle de concert, à un festival en plein jour.

Tout simplement : elle ne l’adapte pas. Toujours très inégal, elle a vraiment quelque chose (Lupus est cool), tu sens que y’a du potentiel, mais pour l’instant c’est flou, la construction du live est bancale et on reste sur sa fin.
Cela dit, à 19 ans, elle a une bonne marge de progression.

 

Les Dropkick Murphys sème la révolte sur Glenmor et je suis dégoûtée de découvrir leur existence seulement à cet instant. Pour les fans, ça devait être mortel !
Ils sont américains, quasi irlandais, ils font du punk celtique et apparemment le Stade Rennais fait entrer les joueurs sur un de leurs morceaux.
Je vais donc approfondir!

 

Ensuite dans le duel avec Bachar Mar-Khalifé (Crozon, 2016), j’opte pour Faada Freddy.

Excellent choix, je ne connaissais pas du tout (au-delà des retours de personnes diverses), j’ai été agréablement surprise de découvrir qu’il chantait sur des instrus a capella de 5 choristes/beatboxers/percussionnistes corporels.
Assez bêtement je pensais que c’était de la world (= j’aime pas), alors que c’est plutôt de la variété bien faite. La reprise de Pump it des Black Eyed Peas, sans instruments donc, est proprement hallucinante !

C’est le sourire aux lèvres (Faada Freddy ou le Rhum Bologne, on ne sait pas trop…) que nous nous apprêtons à subir Renaud.

 


BREVE DE CHARRUES 

« C’est à quel heure le prochain concert ? Nickel, on a pile le temps pour une trace ! »


 

Je ne sais pas trop comment le formuler car ce serait moche de tirer sur l’ambulance, disons que nous avons assisté au crépuscule de la vie d’un homme. Qui tremble, qui lit son prompteur, qui tente de dédramatiser la situation avec humour, qui fait beaucoup de peine.

Alors nous sommes partis vers Grall pour le concert de Georgio, un jeune homme bien vivant et bien debout.

 

Unanimement, un grand coup de cœur de cette édition (« Tu vois, CA c’est du rap ! C’est pas comme ces bouffons de PNL… »). Moi qui suis en plein dans mon année de loveuse du rap francophone (coucou Columbine, Vald, Lomepal, Romeo Elvis etc.), j’étais ravie !
Il a un flow nickel, des textes qui méritent d’être écoutés et surtout, il joue avec des musiciens live ! (dont Waxx, le bassiste du Comité des Reprises et d’Alison Wheeler)

 

 

De loin j’entends « C'est la Champions League !! 75 c'est la Champions League !! » de MHD (Dogville, 2016) mais j’ai plus de 16 ans, je vais voir Super Parquet (Dogville, 2016).

La musique auvergnate et la vielle à roue se marient merveilleusement avec les rythmes électro, le public fait des rondes sans fin, entre fest-noz et bourrée, il y a quelques chose d’un peu mystique dans les boucles traditionnelles, la nuit tombe, les étoiles brillent.

 

Après ça, on change d’ambiance en débarquant au beau milieu du set de Phoenix (Carhaix, 2010).
J’ai souvenir assez doux, d’une danse au coucher du soleil, virevoltant sur Kerampuilh, quelques minutes avant le départ, un dimanche soir.
J’ai aussi un souvenir un peu chiant, de morceaux trop longs et de charisme mou. Je vous laisse deviner lequel a été conforté….

 

Du coup, on va se placer pour Kungs où la foule est déjà compacte.
En lisant dans le programme « À 5 ans, Kungs sort ses premières notes de musique d’un djembé », on aurait du se méfier (soit le rédacteur est au-delà du millième degré, soit il est sourd).

Alors, loin de moi l’idée de le crucifier en haut du totem du bar 8, mais putain la kermesse quoi…

C’était nuuuuul ! Si c’est pour remixer au cutter du Gala, du Corona, du MGMT ou du Flume, c’est pas la peine de venir aux Vieilles hein, la fête de la langoustine du Guilvinec fait très bien l’affaire (et je peux vous dire que ça draine du monde) !

 


BREVE DE CHARRUES
« - Tu connais l’histoire du zoophile qui entre dans un bar ?
- Non
- C’est un zoophile qui entre dans un bar. »


 

Je mets 45 minutes à réaliser l’ampleur du désastre et à réussir à fuir le magma dansant pour arriver devant Grall, entendre « We are Vintage Trouble, thank you ! » et les voir se barrer de scène. Mauvais timing.
D’autant que je ne retrouve plus personne, qu’il fait 10°C (température ressentie -10°C) et qu’il reste 40 minutes à attendre avant Die Antwoord, qu’il n’est même pas question de manquer.

Je me roule en boule, je pense aux Caraïbes, je prends mon mal en patience, jusqu’à ce que les écrans de Glenmor s’allument et que le message « Play it » palpite.

À partir de là, c’est une dinguerie qui opère. Une pyramide d’écrans/cubes de 10m de haut, sur lesquels Ninja, Yolandi et leurs danseurs font des bonds, surplombée par le producer, entourée des deux écrans latéraux qui participent au VJing global.
C'est des bêtes de scène avec un show méga rodé (changement de tenues tous les 2 morceaux, interaction avec le public, montrage de fessiers etc.) qui emporte tout sur son passage.

Si vous n’avez jamais vu Die Antwoord, allez-y sans crainte. Personnellement je ne connais pas particulièrement leur musique mais le live est dantesque.

 

 

Je rentre au camping en claquant des dents, des petits poignards s’enfonçant dans mon dos vieilli, la montée du camping 8 finissant de m’achever.

(Je viens de remplir le questionnaire de satisfaction du festival, j’ai oublié de suggérer un tire-fesses…)