[Flume - Collarbones remix]

VIEILLES CHARRUES, JOUR II

Dimanche, j’ai donc emprunté la voiture de Grand-Père pour rallier le Kreizh Breizh et je vous jure que rien que de faire le trajet au son de FFS  (vous avez écouté FFS ? Il faut. Ils sont à 4 doigts de me faire aller à Rock en Seine) était un délice.

Arrivée à Carhaix, Matmatah résonne dans la grand rue, les festivaliers sont partout, la bonne humeur et la bière aussi.

Première grande découverte, quand tu ne dois pas trimballer ta tente, ton duvet et ton sac de rando de 15 kgs rempli de cannette jusqu’au camping 8, l’entrée du festival est en fait très près du centre-ville !

Bien sûr, la file pour la pose des bracelets était fermé et quand je me suis pointée avec mon Pass 4 jours, le bénévole à l’entrée s’est inquiété de savoir si j’avais conscience que le festival avait commencé 3 jours plus tôt. Et puis il a vu ma genouillère et son regard s’est empli de pitié.
J’ai constaté ensuite que j’étais bien loin d’être une vraie warrior comparé aux nombreuses personnes en béquilles ou fauteuils roulants présentes sur le site. Respect.

Si tôt pucée par Moneiz (la solution cashless étrennée cette année) (très pratique, très rapide, très facile d’utilisation), j’ai « couru » au stand Jampi pour manger la glace sablé breton/chocolat tant attendue depuis un an. Il valait mieux profiter de l’éclaircie.
Ensuite je me suis plantée au beau milieu de la prairie, pour avoir une vue panoramique et mon cœur s’est empli d’amour.
Puis j’ai croisé un mec avec la pancarte la plus pute du monde : le spoil du season final de Games of Thrones (que je ne recopierai pas ici) et mon cœur s’est un peu vidé.

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Après avoir tenté Brigitte le temps d’une chanson (elles font flipper, on dirait des poupées en plastique), j’ai été à la Garenne pour découvrir Krismenn & Alem, duo labellisé Charrues, qui a la particularité d’allier beatbox, hip hop et kan ha diskan. Sur le papier, ça parait hyper novateur OU complètement con.

Sur scène, ça fonctionne à mort ! Alors évidemment je n’ai pas compris un traitre mot des paroles de Krismenn (mais globalement, le hip hop en live c’est pas méga compréhensible), et je n’ai malheureusement pas pu danser le plinn, mais je suis toujours ébahie d’entendre les sons qu’arrivent à sortir les beatboxeurs à la seule force de leur bouche…

Bref, qu’on ne vienne pas nous dire après ça que le breton est une langue morte, l’hommage au Sœurs Goadec se chargeant de faire le pont entre les générations !

 

Autre style, autre ambiance, place à Dominique A. Qui confirme que je devrais me mettre à écouter ses albums, je n’ai que 20 ans de retard à rattraper, ça va se faire easy !

Je craignais un peu car c’est toujours difficile de sonoriser un chanteur à texte dans un festival en plein air, mais sa voix était parfaitement échelonnée, il faut bien dire que niveau son, en général les Vieilles Charrues font un travail de dingue.
C’était classe, c’était généreux et petit miracle, à la fin du morceau « Rendez-nous la lumière, la pluie a cessé !

Par contre, je me demandais, quel est le projet des gens qui viennent en festival avec un parapluie ? (Mis à part faire chier le monde et tenter d’éborgner le plus de personnes possible j’entends)

 

Je suis retournée dans la Garenne pour voir Puts Marie, ça avait l’air très bien. Cependant, leur concert concordant avec les retrouvailles des copains brestois, j’ai accordé plus d’attention au résumé des trois jours précédents (j’aime me faire du mal) qu’au set. A revoir donc.

Ensuite, on s’est dit qu’on allait quand même aller jeter un œil à Joan Baez.
On a d’abord cru à une coupure de courant avant d’entendre « Tri Martolooood yaouaank tralala la di ga dra ». Bon. On applaudira le geste, c’est sympa d’avoir fait l’effort, ça fait participer le public.

 

L’heure était venue d’aller se placer devant Grall pour The Drums (qui était une des raisons principales de la prise de risque genouillère, il faut le dire).
Soyons honnête, je deviens sentimentale (en plus de devenir vieille et impotente, donc), je n’ai pu retenir une larme de joie devant Jonny Pierce, Jacob Graham et leurs copains.

« Hello France, we are The Drums from New York City ! »
Qu’est-ce que tu veux répondre à ça ? « Hello The Drums, we are les Vieilles Charrues from Carhaix-Plouguer » ?
Non. Tu fermes ta gueule et tu kiffes, malgré la pluie qui ruisselle sur ton visage.

[Parenthèse : j’ai testé, pour la première fois, un festival sous la pluie avec des lunettes de vue (j’aime bien savoir qui chante quand j’entends de la musique), je peux vous dire que c’est la plaie…]

Le seul truc qui m’a un peu étonné, c’est à quel point ils sont chacun dans leur bulle et ne communiquent pas entre eux. Le guitariste avait même l’air de se faire chier à mourir.
M’en fous, j’ai vu The Drums, je suis aux anges !

 

Je me suis dépêché d’aller vers Kerouac pour voir la fin du set de London Grammar, ça avait l’air pas mal. De toute façon, quand il y a un quatuor à cordes sur scène, ça pose un groupe en termes de classe.
Cela dit je ne suis pas sûre que je pourrais supporter la voix de la chanteuse un concert entier…
Ils nous ont remercié d’être resté malgré la pluie, comme Jonny Pierce d’ailleurs, qui nous a avoué qu’à notre place il se serait barré. En même temps il faudrait être un peu neuneu pour venir aux Vieilles si tu crains l’eau.

 

J’ai de nouveau retrouvé les copains, qui s’était transformés en minions pêcheurs du Guil entre temps, avec la Fine Equipe en fond sonore. Je dois dire que c’est pas vraiment le genre de truc qui me met en transe, et puis franchement, c’est pas la peine de traverser la France si c’est pour voir des marseillais !

On a bougé sur Glenmor à temps pour le final de Lionel Richie, avec Say you say me, All night long et We are the world accompagné par la chorale d’enfants de Carhaix ! Y’a qu’aux Vieilles que tu peux voir ça ! (Et à la fois, qu’est-ce que les petits carhaisiens foutraient sur la scène de Glastonbury !?)
C’était mignon, il y en avait qui pleuraient, on a tous chanté en chœur (même si je ne peux m’empêcher d’entonner les paroles de la parodie des Guignols à chaque fois que j’entends cette chanson…).

 

Déjà 22h, le temps passe à une vitesse folle, c’est l’heure de Flume !!! ((Qui était une des autres  raisons principales de la prise de risque genouillère*).

Qui avait apparemment commencé la fête sans nous, à la vue de ses yeux et de son sourire. Cela n’a en rien entamé son set, jouissif de bout en bout, habillé par des visuels superbes et une coupette de champagne qui s’auto remplissait à côté des platines.
Souriant, généreux, halluciné du monde présent, au taquet, j’ai eu la banane pendant 1h20 ! Le seul truc chiant avec cette histoire de genou, c’est qu’au niveau du jumpage, c’est tendax. (J’assume totalement cette phrase).

 

23h30, j’ai un mal de dos comme après 4 jours de festival et mes pieds souffrent le martyr, mais bon tu comprends il faut aller voir Stand High Patrol parce qu’ils sont de Brest même. Argument convaincant s’il en est.
Pour tenir le coup, je bois un jus de pomme (encore une grande première…) et fini par déclarer forfait à minuit.

David Guetta ambiance le reste de la prairie avec Blame on me et je me dis que, autant c’était drôle de le faire venir une fois, autant deux, c’est pousser la blague un peu loin.

 

Les Vieilles Charrues c’est déjà fini, Matmatah résonne toujours dans la grand rue mais la fatigue se fait sentir et la bière coule moins vite.

L’année prochaine, elles fêteront leurs 25 ans. Ce sera beau certainement, ce sera grand évidemment et je serais là (j’espère).

 

Ah oui, au fait, je viens de me rendre compte que je n’ai pas fait une seule fois la blague « elle dit qu’elle a plus de genoux » depuis la semaine dernière. C’est extrêmement dommage donc je la pose là. Merci.

 

* Il y avait aussi les copains, les glaces Jampi et l’habitude.