[Dominique A]

VIEILLES CHARRUES, JOUR I

 

Quand l’impensable, aka ton genou droit qui décide de se faire la malle, arrive, trois jours avant les Vieilles Charrues, tu pleures. Et pas uniquement à cause de la douleur.

Une semaine dans l’année où il ne faut pas faillir, évidemment, ça tombe dessus. Après être allée aux urgences et m’être fait rire au nez en prononçant le mot « festival », j’ai sombré en catatonie.

Alors bien sûr, il y a le coût des 160€ du Pass 4 jours (je vous ai dit que j’étais bigoudène ?), mais surtout le dommage psychologique de louper ma 1ère édition depuis 12 ans.

Les billets d’avion étant eux aussi acquis, je suis quand même partie, avec ma jambe de bois (une jambière en mousse) (tu as déjà porté une jambière en mousse à Marseille en plein mois de juillet ? Ça tient relativement chaud) me ressourcer et manger des crêpes dans le Finistère.

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N’ayant pas foulé mon sol natal depuis Noël, c’est peu de dire que j’ai kiffé. C’est fou à quel point on oublie vite qu’être recouverte de sueur en permanence n’est pas une fatalité. Et qu’on peut parfois rester bronzer au soleil à 14h sans risquer de brûler vive.

Et qu’il y a des myrtilles dans le jardin, une bibliothèque inépuisable à disposition, un écran télé de 60 pouces, du poulet le midi, de la baguette fraîche et les journaux quand tu te lèves, une baignoire, la plage avec personne dessus (et ce n’est pas parce qu’il pleut) (mauvaises langues !), une couette,  bref que le paradis est à portée d’avion.

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Passées ces émotions simples, je me suis demandé si je ne devrais pas me désabonner du Twitter des Vieilles Charrues et boycotter le Ouest France le matin car la frustration grandissait rapidement.

Et puis finalement, après avoir appris que la jambière donnée par les Urgences de Marseille ne servait à rien (n’allez jamais à l’hôpital à Marseille) et acquis une genouillère plus adaptée à Quimper, l’idée d’aller tout de même fouler le sol de Kerampuilh le dimanche a fait son petit bonhomme de chemin.

La mairie de mon bled avait bien tenté de me faire plaisir avec un concert de The Red goes black le samedi soir, mais j’ai toujours en travers de la gorge leur victoire aux Jeunes Charrues face à Goldwave. (Un scandale)

Evidemment, en n’y allant qu’une seule journée, il manque le côté libérateur de l’expérience, la vie en communauté au camping, la crasse accumulée, la confiance retrouvée en l’être humain qui est beau et sympa, les chansons pédophiles, le petit déjeuner à base de canettes de Kro et de Pom Potes, la lecture du Télégramme, le ventriglisse, les rencontres improbables avec le frère du cousin de la voisine de tes parents, la queue devant les toilettes sèches au petit matin, l’impression d’être chez soi, tout simplement.

 

(Oui, je vais réussir à pondre deux articles, même sans y être allée 2 jours)