[Christophe]

VIEILLES CHARRUES, JOUR IV

 

J’ai un vrai problème de temporalité depuis environ un an : on est à peine en mai que c’est déjà le 14 juillet, j’ai à peine décollé de Marseille que je dois déjà aller ramener mes affaires de camping à la voiture…

Pas encore de tristesse, il reste une très belle journée à vivre !

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Avec Yodelice tout d’abord, qui nous livre un concert des plus agréables. A chaque fois que je le vois en live je me dis qu’il faut que j’écoute ses albums parce qu’il est vraiment loin d’être mauvais. Musicalement ça tient la route, entre folk et un soupçon de blues, vocalement il envoie, et scéniquement, avec ses musiciens, ils gèrent.
Et puis c’est con mais j’ai toujours envie de lui donner une prime au mérite vu d’ il est parti. Il aurait vraiment pu mal finir…

 

J’enchaine avec un deuxième groupe du Label Charrues, Totorro, qui livre un math/post rock pas inintéressant. Il va falloir bosser les enchaînements de morceaux et le rapport au public mais sinon c’était cool à entendre.

 

Tu les entends venir mes belges préférés ? Avant même qu’ils commencent à jouer, je les admire encore plus pour avoir réussi à faire leur line check pendant que Ky Many Marley beuglait une des chansons de son aïeul.

Sachant que je les avais vu dans un cadre exceptionnel il y a un mois, je me suis dit que je partirais au milieu histoire de voir Traams, malencontreusement loupés à Bristol cet hiver. Je casse le suspense de suite, j’ai été incapable de me barrer.
Girls in Hawaii c’est beaucoup trop beau pour en louper une miette. Surtout quand ils nous offrent un nouveau titre (qui va sortir prochainement sur un EP 5 titres, wouuuuuh !) et que le set est bien plus électrique qu’au bord d’une piscine varoise !

Les gars, je vous aime.

 

Cette fois-ci j’ai réussi à courir jusqu’à Grall et assister à une moitié de set de Traams.
Nous n’étions pas beaucoup, et les gens alentour ont peut-être pensé que j’étais ivre.
J’ai mis cinq minutes à me rendre compte que je dansais de manière frénétique, le corps guidé par des morceaux d’une efficacité sans faille. C’est probablement l’un des concerts du week end sur lequel je me suis le plus éclatée. A l’anglaise, sans fioritures, du bon rock à peine entrecoupé d’un timide « Cheers » entre deux chansons, un régal.

 

Après ça, j’étais surmotivée et ravie, la journée aurait pu s’arrêter là que c’était déjà parfait.
Alors je te dis pas le comble du bonheur quand tu sais que tu en as encore pour 6 bonnes heures de plaisir.

Je fonce vers Christophe et j’atterris en douceur. Il est en plein cœur de son Intime Tour. C’est-à-dire que le mec est seul en scène. Sur Glenmor. Serein. Et c’est beau !
Une atmosphère planante sur la prairie, tout le monde est assis au soleil, complètement apaisé, à 4000 au-dessus des ballons Minions (qui sont en passe de remplacer Bob l’Eponge et Patrick, la fin d’une époque, peut-être ?).

Les « vieux » artistes c’est toujours un pari un peu risqué (kikoo Bob Dylan ! Oh tiens Neil Young ! Lou Reed tu es là aussi !?) mais il y en a qui sont au dessus du lot, qui continuent d’explorer, d’imaginer, de tester, avec réussite, et clairement Christophe est de ceux là.
Si je n’avais pas eu l’image, on aurait pu me dire que j’écoutais un groupe de vingtenaires, j’y aurais cru. Une telle modernité, même quand il reprend Aline et Les Mots Bleus, c’est revigorant. Bref je vais aller acheter ses albums.
Et c’était bien évidemment super chouette de crier Aline avec autant de monde !

 

Je pense qu’il le prendrait moyennement bien si je le classais dans les « vieux », toujours est-il que j’ai enchainé avec Etienne Daho. Qui m’a également beaucoup plu. J’y ai retrouvé  un peu d’Alex Beaupain d’ailleurs.
On a tendance à railler son manque de voix et sa mollesse, mais pour le coup, en live c’est plutôt rock et j’ai vraiment passé un bon moment alors que je ne connais absolument pas son répertoire (non, il n’a pas fait Week end à Rome). Bref je vais aller acheter ses albums.
(Il a quand même fait Epaule Tatoo, Le premier jour du reste de ta vie, Comme un Boomerang, Tombé pour la France, j’étais pas totalement en terre inconnue)

 

Je n'étais pas complètement convaincue de kiffer un concert d’1h30 de Lily Allen mais finalement c’était assez drôle. Show à l’américaine (même si elle est anglaise) avec un décor fait de biberons géants sur lesquels se frottaient des danseuses en mini short au motif feuille de Kana (je ne sais toujours pas trop quoi penser de cette partie du concert…).
La nana est l’incarnation parfaite de l’expression « nature peinture », elle rigole, elle raconte des conneries, elle se plait tellement sur l’avant-scène au milieu du public qu’elle demande à son régisseur de lui apporter ses clopes et son téléphone pour squatter un peu, elle boit son mojito et elle assure vocalement.

Je dois également avouer avoir lâché un éclat de rire nerveux en voyant apparaître sur les écrans un mec tenant un panneau « I hope you’re better than Alex Turner ». Pauvre Alex…

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J’ai clos ces quatre jours délicieux par le set de Kavinsky, qui était tout à fait correct. Par contre, le mec qui essaye de téléphoner pendant Roadgame, on lui explique !?

Un sans-faute pour le dimanche donc, même si, non, je n’ai pas vu Jared Leto, ça fait chier, mais j’avais un peu de route derrière, voire la France à traverser, et quelques heures de sommeil n’étaient pas superflues…

 

Je suis partie, laissant Kerampuilh et les copains derrière moi, un goût de satisfaction mêlé à celui de trop peu dans un coin du coeur, en trouvant plutôt classieux d’avoir Nightcall comme morceau de fin de festival.
Ce fût sans compter l’un des bars de Carhaix qui m’a pourri l’ouïe avec Paris Latino. Batard.

 

#qotd « Ouais, y’a un chinois qui coud des bracelets de pass 3 jours au camping 10. »

Highlight de l’hormone : TOUT le groupe de Yodelice (dont une spéciale pour le batteur, forcément) et une mention particulière à François des Girls in Hawaii pour avoir osé le minishort. C’était audacieux.