[Andy Warhol]

C’est une joie pour moi de vous annoncer en préambule que la Semaine de l’Hormone #3 a débuté dimanche soir chez Heights.

Evénement incontournable du world wild web depuis sa création il y a seulement 3 ans, la Semaine de l’Hormone se déroule ordinairement au mois de novembre, pour donner le rouge aux joues à ce mois grisonnant et célébrer la naissance du divin enfant (moi en l’occurrence). Mais en novembre il y a eu une nouvelle brillante manifestation, Fall in Live, et point trop n’en faut.

Sans vouloir vous gâcher la surprise mais juste pour vous mettre l’eau à la bouche, ce mardi 15 février est consacrée au blond Aleksander Skarsgaard a.k.a. Erik Northman dans True Blood qui, à mon sens, est la plus parfaite incarnation de la Semaine de l’Hormone (ex aequo avec Taylor Kitsch).

So girls and gay guys, ENJOY !

Sans transition (mais alors genre vraiment aucune), récemment j’ai été voir deux films qui n’ont aucun point commun l’un avec l’autre si ce n’est d’avoir été réalisé par des street artistes.

Faites le mur de Banksy. Je n’avais jamais entendu le nom de ce mec considéré comme la star du street art avant tout le battage médiatique autour du film. Mais après quelques recherches, je constate que j’avais déjà vu certaines de ses œuvres.

banksy

Faites le mur est un documentaire qui tourne autour d’un monsieur nommé Thierry Guetta. Thierry Guetta est un français exilé à L.A. qui découvre le street art par hasard durant un barbec estival dans le sud de la France car son cousin n’est autre que Space Invader (dont j’ai déjà croisé les mosaïques à Paris et Barcelone) et qui se prend de passion pour ce mouvement. Thierry Guetta est un type un peu obsessionnel qui se balade en permanence avec une caméra allumée. Il se met à suivre des street artistes un peu partout, les filmer, en disant qu’il veut faire un documentaire sur le sujet. Au bout de quelques temps, son rêve, le saint Graal, est de rencontrer Banksy (dont personne ne connait l’identité). Hasard de la vie, il y arrive. Au bout de quelques années de tournage, les gens commencent à s’étonner que des bribes de documentaire ne soient toujours pas sorties. Et pour cause, les milliers de K7 sont entassées chez Mr Guetta sans n’avoir jamais été visionnées.

Mais Thierry Guetta a pris goût au street art et lui aussi il veut faire joujou comme son idole Banksy. Il monte une expo fondée un peu sur rien. Devient une star. Réalise la pochette du dernier album de Madonna.

Durant les 45 premières minutes, Faites le mur est un documentaire très intéressant sur l’histoire du street art.

Puis un document diablement fascinant sur ce personnage de Thierry Guetta. Est-ce un génie ? Un imposteur ? Qu’est-ce que l’art ? Comment évalue-t-on la qualité et le coût d’une œuvre ? Est-ce que le street art est voué à finir dans des galeries ou des collections privées ? Qui est Banksy ? Est-ce que la bulle spéculative de l’art contemporain va tenir ?

J’ai trouvé Faites le mur ABSOLUMENT PASSIONNANT.

Women are heroes de JR. J’apprécie le travail de JR, j’en ai déjà parlé ici, c’était donc avec grande impatience que j’attendais de voir le film tiré de l’expo Women are Heroes (notamment collée sur les quais de Seine à Paris).

women

Sa démarche est toujours la même, prendre des portraits de gens lambdas (des femmes pour le coup) et d’ensuite les coller un peu partout dans la ville/pays où il les a pris. Cette fois ci, au Brésil, Kenya, Cambodge et Inde.

On pourrait qualifier ce documentaire de making of de l’exposition. On voit comment ils font, et surtout on entend les témoignages de ces femmes photographiées. Un mix entre le travail esthétique de JR et la misère du monde (ça se passe principalement dans des bidonvilles/favelas).

J’ai bien aimé le résultat. Evidemment on sait que des gamins cambodgiens escaladent des montagnes d’ordures pour trouver des trucs à vendre et survivre, que des brésiliens meurent tous les jours à cause des guerres de gangs etc etc. mais le but de JR et de ces femmes c’est juste de montrer qu’ils (elles) sont des êtres humains comme les autres, capables de choses positives.

Au-delà du « message », la partie filmée au Brésil est magnifique, pleine de couleurs crues/vives, on suit les gens en accéléré dans le dédale de la plus grande favela de Rio de Janeiro, la BO empruntée à Massive Attack parfaite, mais du coup je me demande pourquoi il n’a pas réalisé de la même manière dans les 3 autres pays. Ca aurait sans doute été saoulant pendant 1h30, mais au moins faire un truc plus homogène.

Et évidemment, le film permet de se rendre compte du boulot de malade que c’est de faire des expos sauvages de cette dimension et à quel point c’est beau.